Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Mali

L'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta hospitalisé

Le président sortant du Mali Ibrahim Boubacar Keïta en campagne pour le second tour de la présidentielle, Mali, 9 août 2018. (Twitter/IBK)

L'ex-président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui n'a plus été vu en public depuis qu'il a été déposé par des militaires il y a deux semaines, a été admis mardi soir dans une clinique de Bamako pour un "simple contrôle de routine", ont indiqué mercredi des sources médicale et familiale.

"Le Président IBK devait depuis le mois dernier faire un contrôle médical, qu'il n'a pas fait. Actuellement, il est dans une clinique privée de Bamako pour un contrôle. Il rentre chez lui dans l'après midi", a déclaré mercredi matin à l'AFP un membre de son proche entourage ayant requis l'anonymat.

Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK", 75 ans, a annoncé sa démission à la télévision le soir du 18 août, quelques heures après avoir été emmené de son domicile par des militaires, qui sont depuis lors au pouvoir.

Après avoir été retenu au camp militaire de Kati, à 15 kilomètres de la capitale, puis dans un lieu non divulgué, il a pu regagner son domicile de Bamako le 27 août, selon la junte. Il n'a depuis lors plus été vu en public.

Crise malienne: le CNSP annonce le début des concertations nationales
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:24 0:00


Un responsable de la clinique où il a été admis mardi soir a confirmé l'information.

"Oui, il y a quelques heures, le président est arrivé pour un contrôle de routine qu'il devait faire depuis un moment. Tout va bien, il repart en principe dans l'après-midi", a précisé cette source médicale s'exprimant également sous couvert d'anonymat.

L'ancien président, élu en 2013 et réélu en 2018 pour un mandat de cinq ans avait subi il y a quelques mois une intervention à la mâchoire à l'étranger pour un "terrible mal de dents", a précisé son entourage, selon lequel "il va bien aujourd'hui".

En annonçant sa libération, la junte avait indiqué que l'ex-président était autorisé à quitter le Mali si nécessaire pour des soins médicaux.

Interrogé sur cette possibilité mercredi, une autre source médicale a affirmé que "c'était déjà envisagé pour un contrôle". "Nous verrons le moment venu", a-t-elle ajouté.

Toutes les actualités

Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015

Ouverture du procès des attentats de Bamako en 2015.

Le procès des auteurs présumés des attentats de l'hôtel Radisson Blu et du restaurant La Terrasse en 2015 à Bamako s'est ouvert mardi dans la capitale malienne, en présence du principal accusé mais en l'absence des représentants des victimes occidentales.

Principal accusé, le Mauritanien Fawaz Ould Ahmed (ou Ahmeida), alias "Ibrahim 10", lieutenant du chef jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, dont la présence était incertaine jusqu'à la dernière minute, a été amené sur le banc des accusés par des hommes cagoulés.

L'homme, né dans les années 1970 à Nouakchott, est accusé d'avoir tué avec un fusil d'assaut un Français, un Belge et trois Maliens le 6 avril 2015 dans le restaurant La Terrasse, une action pour "venger le prophète" perpétrée dans la foulée des attentats contre l'hebdomadaire français Charlie Hebdo, selon l'enquête.

Il est également soupçonné d'avoir "planifié et fait exécuter" l'attaque, le 20 novembre de la même année, contre l'hôtel de luxe Radisson Blu. Deux hommes avaient alors "tiré sur tout ce qui bouge", tuant 20 personnes, dont 14 étrangers, avant d'être abattus.

De nombreuses parties civiles maliennes étaient présentes à l'ouverture du procès, mais nul proche de victimes occidentales, selon le journaliste de l'AFP.

Une retransmission par visioconférence a toutefois été mise en place.

"Il s'agit d'une retransmission en direct pour que les parties civiles françaises puissent suivre, mais en aucun cas d'un enregistrement. Seulement du direct", a expliqué le président de la Cour.

Le procès, dont la durée n'a pas été précisée, se déroule dans les locaux de la Cour d'appel, dans le sud de Bamako. Des soldats d'élite étaient placés dans et autour du bâtiment.

Fawas Ould Ahmed est apparu vêtu d'un long boubou gris. Ses cheveux crépus et une barbe fournie cachaient sa fine balafre sur le visage.

A la question, "Avez-vous un avocat?", il a répondu qu'il "ne le connaissait pas". Au Mali, dans les affaires de terrorisme, de nombreux accusés se voient commettre un avocat d'office, souvent le matin même du procès.

"Ibrahim 10" a déclaré préférer s'exprimer en arabe. "Un traducteur traduira", a répondu la cour.

Sa présence était entourée d'incertitudes, après des rumeurs ayant indiqué qu'il faisait partie des quelques 200 détenus libérés début octobre en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin et l'homme politique malien Soumaïla Cissé.

Seul un de ses deux co-accusé était également présent à l'ouverture du procès.

Jean-Yves Le Drian en visite à Bamako

Jean-Yves Le Drian en visite à Bamako
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

Le dialogue n'est pas possible avec les jihadistes, selon la France

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian assiste à une réunion avec son homologue algérien à Alger le 12 mars 2020.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a jugé lundi qu'un dialogue était impossible avec les groupes jihadistes qui sévissent au Mali et plus largement dans la région du Sahel, lors de la première visite à Bamako d'un haut responsable français depuis le coup d'Etat du 18 août.

"Disons les choses très clairement: il y a les accords de paix (..) et puis il y a les groupes terroristes qui n'ont pas signé les accords de paix (...) Les choses sont simples", a déclaré lors d'une conférence de presse le ministre français des Affaires étrangères, interrogé sur les possibilités d'un dialogue avec les groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.

Interrogé sur les possibilités d'un dialogue avec les groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique, il a ajouté que la position de la France était également celle "des pays du G5 Sahel, c'est la position de la communauté internationale, c'est la position du Conseil de sécurité" de l'ONU.

A ses côtés, le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois immédiatement rappelé que le "dialogue national inclusif", vaste concertation nationale tenue fin 2019 au Mali, "a très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

M. Ouane, nommé fin septembre dans le cadre de la transition censée rendre le pouvoir aux civils dans un délai de 18 mois, a estimé qu'il fallait voir en cette possibilité de dialogue "une opportunité d'engager une vaste discussion avec les communautés afin de définir les contours d'une nouvelle gouvernance des espaces".

"Cela va nécessiter (...) un séquençage et une coordination avec nos partenaires notamment ceux qui interviennent sur le plan militaire", au premier rang desquels figure la France.

La question du dialogue avec les groupes armés jihadistes revient régulièrement dans le débat sahélien.

En février, l'ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta, renversé le 18 août, avait annoncé l'ouverture de canaux de discussion avec certains groupes armés jihadistes.

Fin octobre, dans un entretien au quotidien français Le Monde, le secrétaire général de l'ONU avait estimé le dialogue possible avec certaines groupes jihadistes: "Il y a des groupes avec lesquels on pourra discuter et qui auront intérêt à s'engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques du futur", avait estimé Antonio Guterres.

Pierre Buyoya va faire appel de sa condamnation

Pierre Buyoya va faire appel de sa condamnation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:01 0:00

L'armée malienne arrive dans un village assiégé par des jihadistes présumés

Le vice-président et colonel Assimi Goïta, lors d'une réunion à Bamako, le 25 août 2020.

L'armée malienne est arrivée jeudi dans une localité du centre du Mali assiégée depuis deux semaines par des hommes armés généralement présentés comme des jihadistes et dont le sort suscite un intérêt considérable dans le pays en guerre.

Le vice-président, le colonel Assimi Goïta, homme fort de la junte au pouvoir entre le coup d'Etat du 18 août et la récente mise en place d'un gouvernement de transition, s'est rendu "sur le terrain dans la région de Ségou (pour) coordonner les opérations, libérer totalement la localité et traquer les terroristes", a dit un responsable au ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat.

Farabougou retient l'attention malienne en raison non seulement de la souffrance infligée aux habitants, mais aussi parce que la situation exceptionnelle de ce village coupé de son environnement à quelque 400 kilomètres au nord de Bamako, met à l'épreuve les nouvelles autorités de transition encore dominées par les militaires.

Farabougou se trouve dans le centre du Mali, pris dans un tourbillon de violence depuis l'apparition en 2015 d'un groupe jihadiste conduit par le prédicateur peul Amadou Koufa et affilié à Al-Qaïda.

Les violences jihadistes qui sévissent aussi dans le nord du pays contre les symboles de l'Etat se doublent ici d'affrontements entre les Peul, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon pratiquant essentiellement l'agriculture.

Le 6 octobre, des hommes armés ont enlevé une vingtaine de personnes lors de la foire hebdomadaire de Farabougou, avant d'en relâcher une dizaine. Ils ont encerclé Farabougou, en coupant tous les accès.

Les réseaux sociaux ont largement fait circuler des photos censées montrer un pont vital pour les habitants et qu'on avait fait exploser.

Quelques jours après, des villageois qui tentaient de rentrer à Farabougou sont tombés dans une embuscade. Au moins six habitants ont été tués entre l'attaque du marché et le guet-apens, selon des témoins et des responsables locaux.

Les médias maliens ont fait état d'une tentative de médiation menée par des personnalités locales. L'armée malienne a largué des vivres sur le village.

Elle a indiqué jeudi sur les réseaux sociaux que les premiers éléments de forces spéciales avaient été acheminés par hélicoptère dans le village. Elle n'a pas dit si le blocus de la localité était depuis levé ou non.

"En plus du personnel, beaucoup de colis, dont des médicaments, ont aussi été largués", a-t-elle ajouté. La situation est "une grande préoccupation" pour le ministère de la Défense, a-t-elle assuré.

Farabougou constitue un test pour les nouvelles autorités de transition installées en septembre par les militaires qui ont déposé l'ancien président élu Ibrahim Boubacar Keïta en août.

La dégradation sécuritaire constante est considérée comme un des facteurs primordiaux de la chute de M. Keïta et les nouvelles autorités en ont fait l'une de leurs priorités.

Depuis 2012, la spirale des violences a causé, avec les tensions intercommunautaires, des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkino Faso et au Niger voisins.

Voir plus

XS
SM
MD
LG