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Bénin

L'ancien président Boni Yayi convoqué devant un juge

L'ancien président du Bénin Boni Yayi à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire , le 28 mars 2014.

L'ancien président du Bénin, Thomas Boni Yayi, dont le domicile est entouré depuis plus d'un mois par les forces de l'ordre, a reçu jeudi une convocation au tribunal et devra rencontrer un juge vendredi, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

"En raison de votre qualité d'ancien président de la République, dans l'intérêt de l'administration de la justice j'effectuerai le vendredi 7 juin à 15 heures 30 minutes, un transport à votre domicile en vue de vous entendre dans la dite procédure", a écrit le juge Aubert Kodjo dans une lettre adressée à Boni Yayi et dont l'AFP s'est procuré copie.


Boni Yayi, qui a dirigé le Bénin d'avril 2006 à avril 2016 avant l'élection de l'actuel président Patrice Talon, n'a plus été aperçu depuis le 1er mai dernier, après une déclaration demandant l'arrêt du processus électoral.

Symbole de l'opposition béninoise, dont la majorité des leaders sont actuellement en exil, il avait notamment appelé la population à se soulever, arguant que les députés élus entreraient au parlement "sur les corps" des manifestants, s'il le fallait.

Depuis cette date, l'ancien chef de l'Etat est assigné à résidence, et la police a posé un conteneur devant son garage, mercredi, empêchant toute sortie de véhicule.

"Nous attendons de voir jusqu'où ira le pouvoir Talon dans la violation des droits de son prédécesseur", a confié au téléphone à l'AFP l'un de ses proches.

Les 1er et 2 mai, quelques jours après les élections législatives, auxquelles l'opposition n'avait pu présenter de candidats et qualifiées de "coup d'Etat électoral" par l'ex-président, des centaines de ses partisans étaient descendus dans les rues, de crainte de le voir arrêté.

L'armée et la police ont finalement délogé les manifestants en ouvrant le feu sur la foule. Les manifestations dans le pays ont fait au moins "4 morts par balle", selon Amnesty International, et sept, selon l'opposition.

Une soixantaine de personnes ont été arrêtées à la suite de ces manifestations. Ils ont été présentés au tribunal il y a quelques jours, puis ont été renvoyés en détention par un tribunal de Cotonou.

Ils sont notamment accusés de participation à un attroupement armé, appel et incitation à la haine et à la rébellion, violences, entrave à la justice ou "charlatanisme contre l'Etat béninois".

Parmi les personnes jugées, figure Philippe Aboumon, un proche parent de l'ancien président Boni Yayi, poursuivi pour "incitation à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux", et Denis Djossou, un revendeur, dont la main à été amputée après l'explosion d'une grenade lacrymogène.

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Les avocats de l'ancien président Thomas Yayi Boni montent au créneau

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Mesure coercitive contre l'ancien président Yayi Boni

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Mesure coercitive contre Yayi Boni

L'ancien président du Bénin, Boni Yayi, à Cotonou, au Bénin le 19 avril 2019.

Au Bénin, le procureur annonce une mesure coercitive à l'encontre de l'ancien président Yayi Boni. Il l'a fait savoir au cours d'une conférence de presse ce mardi Cotonou.

L'impossibilité au juge d'écouter l'ancien président Yayi Boni est au cœur de cette sortie médiatique du procureur de la République.

Mario Metonou affirme que, selon les faits en sa possession,Yayi Boni est impliqué dans les manifestations violentes des 1er et 2 mai à Cotonou. Il déplore le refus, à deux reprises, de l’ancien président d'être auditionné malgré les précautions prises pour respecter son statut d'ancien chef d'État.

Le juge s’était rendu deux fois au domicile de l'ancien président mais n'a pas pu le rencontrer. Les avocats de Yayi Boni ont opposé une fin de non-recevoir, brandissant un certificat qui précise que l'ancien président souffrait d'une maladie.

"Il est à préciser que la décision du juge d'auditionner monsieur Boni Yayi à son domicile, au-delà de ce qu'elle est prévue par la loi, procède d'usages établis qui tire leur fondement des égards dus à son rang. Auparavant monsieur Boni Yayi, alors président de la République avait été entendu au Palais de la présidence par un juge d'instruction". 64 personnes ont été inculpées suite aux manifestations post-électorales.

Appel au calme après les violentes manifestations

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Calme relatif dans le centre du Bénin après une semaine de violences

Une rue déserte de la ville de Save, au lendemain de troubles dans le Bénin, un pays d'Afrique de l'Ouest, le 15 juin 2019.

Le calme était revenu dans le centre du Bénin, après une semaine d'affrontements violents entre les forces de l'ordre et des partisans de l'ancien président Boni Yayi, qui avaient bloqué la principale route du pays.

"La voie circule normalement et tout est calme. Tous les commerces fermés n'ont pas encore ouvert", a témoigné à l'AFP Avademe Inès, une habitante de Savè, soulignant toutefois que la ville vivait "dans la peur": "Les hommes de l'armée sont encore partout".

Un policier en poste à Savè a confirmé qu'aucun incident n'était à déplorer depuis samedi matin. "A Tchaourou et Savè, le calme est revenu, mais le siège (présence des forces de l'ordre) ne sera pas levé de si tôt", a-t-il confié à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Des négociations, non-officielles, entre les élus locaux, des émissaires du gouvernement, les forces de sécurité et les "chasseurs" (manifestants armés) se déroulent depuis dimanche dans ces deux communes, où des échauffourées violentes ont fait au moins deux morts côté civil, d'après des témoins, et 50 policiers blessés, selon le gouvernement béninois.

Les violences ont éclaté mardi dernier à Tchaourou, la ville natale de l'ancien président Boni Yayi, après l'arrestation de deux personnes, accusées de violences électorales lors des législatives du 28 avril.

Jeudi, à cent kilomètres au sud, des habitants de Savè, ont également bloqué la route pour empêcher un contingent de la police nationale d'atteindre Tchaourou.

Violents affrontements dans le centre du Bénin entre armée et manifestants
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Dans les deux villes, l'armée et la police ont délogé les manifestants par des tirs à balles réelles entre vendredi et samedi, affirmant qu'il s'agissait de tirs de sommation.

Ce dernier épisode de violences intervient plusieurs semaines après les violentes altercations des 1er et 2 mai à Cotonou, autour du domicile de Boni Yayi, dans le quartier de Cadjéhoun, toujours surveillé par une importante présence des forces armées.

Au lendemain des législatives, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats, des centaines de partisans de l'ancien chef d'Etat étaient descendus dans les rues de Cotonou, craignant qu'il ne se fasse arrêter.

Les avocats de Boni Yayi, qui vit toujours reclus dans sa maison selon ses proches, ont dénoncé un "assassinat politique" perpétré par le président Patrice Talon contre son adversaire.

"Tchaourou et Savè sont aujourd'hui les victimes expiatoires d'une tyrannie cruelle qui conduit inexorablement à l'embrasement général de notre pays", a dénoncé le parti de l'ex-président, les Forces Cauris pour un Bénin Émergent, dans un communiqué.

Des ONG de défense des droits de l'homme ont dénoncé le tournant autoritaire du président Patrice Talon dans un pays qui a longtemps été considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest.

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