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Daesh perd du terrain à Raqa

Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrées mardi dans le quartier de Mechleb, dans l'est de la ville, 6 juin 2017.

Les combattants kurdes et arabes soutenus par les Etats-Unis gagnaient du terrain mercredi à Raqa au lendemain du lancement de l'assaut final pour prendre au groupe Etat islamique (EI) sa "capitale" de facto en Syrie.

Sept mois après le début d'une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer de vastes régions autour de Raqa, dans le nord du pays, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrées mardi dans le quartier de Mechleb, dans l'est de la ville.

Capturée par les jihadistes en 2014, Raqa est devenue le symbole des atrocités commises par l'EI dont les décapitations, les exécutions publiques et une base pour la planification d'attentats commis à l'étranger.

Avec Mossoul en Irak, Raqa a été l'un des pivots du "califat" autoproclamé par l'EI il y a près de trois ans.

Tôt mercredi, le commandement de l'opération visant à reprendre Raqa, baptisée "Colère de l'Euphrate", a annoncé dans un communiqué la prise du quartier de Mechleb (est) et de la citadelle de Harqal, située sur une colline dominant la périphérie ouest de Raqa.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les combats faisaient rage mercredi sur trois fronts autour de Raqa.

"Il y a des combats à l'est ainsi qu'à l'ouest de la ville", a indiqué le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane. "Les FDS combattent aussi dans le complexe militaire 'Division 17', à environ deux kilomètres au nord de Raqa, mais la zone est truffée de mines".

- Civils 'piégés' -

Selon l'OSDH, la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis a mené des raids intensifs sur la ville pendant la nuit.

Une des frappes mardi sur la ville a tué huit civils, dont trois enfants, selon M. Abdel Rahmane.

Le nombre de civils tués par les raids de la coalition est en nette hausse depuis que les FDS ont lancé leur offensive, dont 21 qui ont péri lundi alors qu'ils tentaient de fuir Raqa en franchissant l'Euphrate sur une embarcation.

Selon les Nations unies, environ 160.000 personnes vivent encore à Raqa, contre 300.000 avant le début de la guerre en Syrie en 2011.

Des milliers de personnes ont fui ces derniers mois vers d'autres régions de la province. Le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU David Swanson a affirmé que quelque 100.000 personnes "pourraient se trouver piégées" durant l'assaut.

Mardi, l'International Rescue Committee s'est dit "très inquiet pour la sécurité des civils à Raqa" après la chute du nombre de personnes ayant réussi à quitter la ville la semaine dernière.

Cette baisse indique que l'EI veut utiliser les civils comme "des boucliers humains", a estimé cette ONG.

- 'Acte d'agression' -

Les FDS ont remporté une série de succès depuis qu'elles ont lancé leur opération pour reprendre Raqa en novembre dernier, dont la capture de Tabqa et du barrage adjacent en mai, à l'ouest de Raqa.

Et mardi les FDS ont annoncé que la "grande" bataille pour la prise de Raqa avait commencé.

Chef des forces de la coalition qui fournit aux FDS des armes, un appui aérien et les assiste au sol avec des conseillers, le général américain Steve Townsend a averti dans un communiqué que la bataille serait "longue et difficile".

Néanmoins, elle "assènera un coup décisif" au "califat" autoproclamé par l'EI en 2014 sur les territoires qu'il avait conquis en Syrie et en Irak et dont il a depuis perdu une grande partie.

Dans le sud-est de la Syrie, la coalition internationale a par ailleurs frappé mardi des forces pro-régime près d'al-Tanaf, non loin des frontières irakienne et jordanienne.

Le groupe "de plus de 60 soldats" avec "un char et de l'artillerie" représentait "une menace" pour les forces de la coalition présentes à Al-Tanaf, a indiqué mardi la coalition dans un communiqué.

Selon l'OSDH, 17 membres des forces du régime auraient été tués dans cette frappe.

L'agence officielle Sana a indiqué que plusieurs personnes avaient été tuées dans l'attaque sans toutefois donner de bilan.

"C'est un acte d'agression qui viole la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et qui est dirigé, qu'on le veuille ou non, contre les forces les plus efficaces sur le terrain dans la lutte contre les terroristes", a dénoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont le pays est un allié de Damas.

Un opération semblable avait déjà eu lieu le 18 mai contre ces mêmes forces, qui sont soutenues par l'Iran, allié de Damas, selon le Pentagone.

Avec AFP

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Xi Jinping, allié et rival, en visite d'Etat en France

Le président français Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, le président chinois Xi Jinping, et son épouse Peng Liyuan posent devant la porte de la villa Kerylos avant un dîner le 24 mars 2019 à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice.(Photo de JEAN-PAUL PELISSIER / POOL / AFP)

Le président chinois Xi Jinping est en France pour une visite d’Etat de trois jours sur fond d’inquiétudes grandissantes sur les investissements tous azimuts de Pékin qui poussent Paris, Berlin et Bruxelles à tenter de mettre en place une stratégie commune européenne face à cet allié “stratégique”.

Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre Rome et Pékin sur les “nouvelles routes de la soie” mettant à mal cette unité européenne, le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a été accueilli dimanche par Emmanuel Macron à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Après une séance de travail à l’Elysée et un dîner d’Etat lundi, une réunion se tiendra mardi au palais présidentiel avec le chef de l’Etat français, le président chinois, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

“On a laissé faire une stratégie de concurrence interne et de division qu’il faut maintenant surmonter”, souligne-t-on à l’Elysée pour expliquer la tenue de cette réunion, inédite dans ce format. “Le temps de la concurrence interne entre Européens doit s’achever, c’est ce changement de logiciel qui est aujourd’hui à l’oeuvre”.

Le chemin vers une coordination européenne s’annonce toutefois difficile.

Certes, Paris, Berlin et Bruxelles affichent une détermination sans faille. Certes, les dirigeants européens ont durci le ton lors du Conseil européen vendredi à Bruxelles où la Chine est désormais qualifiée de “rival systémique”. Et l’UE est échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise et la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens.

PARTITION EN SOLO DE L’ITALIE

Mais dans les faits, les pays européens continuent d’agir en ordre dispersé, comme en témoignent les décisions unilatérales prises tant sur les questions des télécoms que sur celle relative aux “nouvelles routes de la soie”.

Lancé en 2013 par le président Xi Jinping et connu en Chine sous le nom de “Belt and Road initiative” (BRI), ce projet est un vaste plan de développement des liens terrestres et maritimes entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative, rejointe par Rome, et à laquelle Paris, Berlin et Londres refusent d’adhérer sans garanties de “réciprocité”.

Sur la question de Huawei, l’équipementier télécoms chinois soupçonné par des pays occidentaux d’être utilisé par Pékin à des fins d’espionnages, la coordination européenne peine également à se concrétiser. Monaco, où Xi Jinping sera dimanche, a signé un partenariat avec Huawei en septembre dernier.

“Chaque Etat souverain a fait ses choix plus ou moins rapidement”, commente-t-on diplomatiquement à Paris, où les arbitrages sur Huawei n’ont pas encore été rendus.

BILAN BILATÉRAL “SATISFAISANT”

Sur le plan bilatéral, un an après la feuille de route actée en janvier 2018 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Pékin, Paris évoque un “bilan satisfaisant”, citant entre autres la mise en service de l’EPR de Taishan, le lancement d’un satellite franco-chinois et la levée de l’embargo sur le boeuf français.

Lundi, lors de la visite de Xi Jinping qui intervient au moment symbolique du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, “il y aura des contrats”, a-t-on indiqué à l’Elysée sans plus de précisions.

La semaine dernière, une source à la présidence française avait fait état de “signaux positifs” concernant la finalisation prochaine d’un contrat portant sur une commande de 184 Airbus A320, qui représenterait un montant de plus de 18 milliards de dollars.

“La Chine, c’est pour nous à la fois un défi et un partenaire”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. “Nous devons être très vigilants sur les actions que peut entreprendre la Chine en essayant d’aspirer à elle nos propres technologies”.

Autre point qui sera abordé lors de cette visite, la question des droits de l’Homme et de la situation des Ouighours, minorité musulmane et turcophone persécutée selon les ONG.

Interpellée par Human Rights Watch en amont de cette visite, la présidence française a indiqué qu’il s’agissait d’un “grand sujet de préoccupation” et assuré que la question des droits de l’Homme serait “comme toujours” abordée, “dans le respect et la franchise”.

Avec Reuters

Nouvelle-Zélande: enquête nationale officielle sur le massacre des mosquées

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, près de la mosquée Al-Noor, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 22 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva TPX - IMAGES DU JOUR

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage.

Cette Commission royale, soit l'enquête judiciaire aux pouvoirs les plus étendus de Nouvelle-Zélande, doit déterminer comment un seul tueur a pu abattre 50 fidèles le 15 mars, une attaque qui a ébranlé le monde entier, a-t-elle déclaré.

"Il est important que rien ne soit laissé au hasard pour déterminer comment cet acte de terrorisme s'est produit et comment nous aurions pu l'empêcher", a dit Mme Ardern à la presse.

Les services de renseignement et de police se sont retrouvés au centre de critiques dans la foulée de l'attaque, certains leur reprochant de s'être trop focalisés sur les menaces islamistes.

Les victimes à Christchurch étaient toutes musulmanes, et le tueur est un suprémaciste blanc convaincu que les musulmans "envahissent" les pays occidentaux.

"Une question à laquelle nous devons répondre c'est de savoir si oui ou non nous aurions dû en savoir plus", a déclaré Mme Ardern. "La Nouvelle-Zélande n'est pas un Etat de surveillance (...) mais il y a des questions qui attendent des réponses".

La Première ministre a exclu le retour de la peine de mort pour le suspect, un extrémiste australien de 28 ans. Brentan Tarrant a été arrêté quelques minutes après les attaques et a été pour l'heure inculpé d'un chef de meurtre.

Des détails concernant cette enquête doivent encore être précisés mais celle-ci sera exhaustive et rendra ses conclusions dans un délai raisonnable, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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