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L'Afrique du Sud déclare l'état de catastrophe naturelle


Les gens font la queue pour recueillir l'eau d'une source dans la banlieue de Newlands alors que les craintes sur la crise de l'eau de la ville s'intensifient au Cap, en Afrique du Sud, le 25 janvier 2018.
Les gens font la queue pour recueillir l'eau d'une source dans la banlieue de Newlands alors que les craintes sur la crise de l'eau de la ville s'intensifient au Cap, en Afrique du Sud, le 25 janvier 2018.

Les autorités sud-africaines ont proclamé mardi l'état de catastrophe naturelle dans tout le pays à cause de la sécheresse historique qui frappe depuis des mois la ville du Cap (sud-ouest), menacée d'une rupture d'approvisionnement en eau potable.

Cette décision, publiée dans le journal officiel, a été prise après "réévaluation de l'ampleur et de la gravité de la sécheresse actuelle" et confie la gestion de la crise au gouvernement.

Sous son autorité, toutes les institutions de l'Etat sont désormais mandatées pour mettre en oeuvre "les plans d'urgence, l'aide immédiate et les mesures de construction" nécessaires, selon le texte de l'arrêté signé par le chef du Centre national de gestion des situations d'urgence, Mmaphaka Tau.

>> Lire aussi : Vent de panique au Cap menacé d'être privé d'eau

Le Cap, la deuxième agglomération d'Afrique du Sud, est frappée par sa pire sécheresse depuis un siècle. Les réserves d'eau sont au plus bas, au point que es robinets pourraient être à sec.

Fixé un temps à la mi-avril, ce "Jour zéro", ainsi qu'il a été baptisé, a été reporté cette semaine au 11 juin".

Pour retarder l'échéance, les quelque 4 millions d'habitants de l'agglomération du Cap ont été invités à n'utiliser que 50 litres d'eau par personne et par jour, l'équivalent d'une douche quotidienne de trois minutes.

>> Lire aussi : Restrictions drastiques d'eau au Cap face à la sécheresse en Afrique du Sud

"La semaine dernière, la consommation a été ramenée à 526 millions de litres par jour", s'est félicité Ian Neilson, un adjoint au maire du Cap.

'Efforts'

"C'est la première fois que la moyenne hebdomadaire est restée sous la barre des 550 millions de litres par jour grâce aux interventions de la mairie et aux efforts des résidents", a-t-il ajouté, "on va y arriver".

Les niveaux des retenues d'eau restent toutefois très faibles par rapport à leurs normales saisonnières, a souligné l'élu.

Les autorités locales ont menacé d'infliger des amendes à ceux qui dépasseraient ce seuil mais leurs menaces n'ont, pour l'heure, pas été mises à exécution.

Si le "Jour zéro" se produit, les Captoniens devront se ravitailler à 200 points de collecte d'eau, où ils recevront un maximum de 25 litres par jour et par personne.

La municipalité du Cap, contrôlée par le parti d'opposition de l'Alliance démocratique (DA), est vivement critiquée pour ne pas avoir tenu compte des avertissements des experts et ne pas avoir pris plus tôt des mesures de restriction.

"Si nous maintenons la consommation à un niveau aussi bas dans les semaines et les mois qui viennent, nous vaincrons le +Jour zéro+", a souligné mardi le chef de la DA, Mmusi Maimane.

La DA a pris le contrôle de plusieurs grandes municipalités comme Johannesburg et Pretoria à la faveur des élections locales de 2016. Elle en a fait un exemple de ses compétences à gérer le pays en vue des élections générales de l'an prochain.

Toute l'Afrique australe a subi ces dernières années une très forte sécheresse, aggravée par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Mais de très fortes pluies ces derniers mois ont permis à l'essentiel de la région de refaire ses précieuses réserves d'eau.

La région du Cap a toutefois fait exception, qui reçoit l'essentiel de ses précipitations pendant l'hiver austral.

Avec AFP

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