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Moyen-Orient

L'accord Emirats-Israël salué à l'étranger, les Palestiniens crient à la trahison

Des Palestiniens brûlent des portraits du président américain Donald Trump, du prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une manifestation à Naplouse en Cisjordanie occupée par Israël le 14 août 2020.

L'accord de normalisation des relations entre les Emirats arabes unis et Israël suscite parmi les dirigeants mondiaux des espoirs de reprise des pourparlers de paix moribonds au Moyen-Orient, tandis que les Palestiniens et certains de leurs alliés dénoncent une trahison.

Les Emirats arabes unis et Israël doivent signer d'ici trois semaines à Washington cet accord annoncé par surprise jeudi par le président américain, Donald Trump. Il a été conclu sous l'égide des Etats-Unis et fera d'Abou Dhabi la troisième capitale arabe à suivre ce chemin depuis la création de l'Etat hébreu en 1948, après l'Egypte et la Jordanie.

Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a nommé vendredi le chef du conseil de la sécurité nationale, une entité qui le conseille sur les questions géostratégiques, Meir Ben Shabbat, pour diriger les pourparlers avec les Emiratis.

Dans le cadre de l'accord, Israël s'est engagé à suspendre son projet d'annexion de territoires palestiniens, une concession saluée par les gouvernements européens et certains gouvernements arabes comme un encouragement aux espoirs de paix.

Mais M. Netanyahu a déclaré que l'annexion de pans de la Cisjordanie occupée était seulement "reportée" et qu'Israël n'y avait "pas renoncé".

Les Palestiniens ont fermement rejeté l'accord, le qualifiant de "trahison" de leur cause. Ils ont également annoncé le rappel de leur ambassadeur aux Emirats et exigé une réunion d'urgence de la Ligue arabe.

"J’essaie de comprendre dans quel sens c'est une trahison alors que nous ouvrons une porte pour qu'Israël repense son projet d'annexion", a réagi Omar Saif Ghobash, ministre adjoint émirati des Affaires étrangère dans un entretien avec l'AFP.

Après la grande prière du vendredi à Jérusalem, les fidèles devant la mosquée Al-Aqsa ont marché sur des photos de l'homme fort des Emirats, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane. Dans la ville occupée de Naplouse, en Cisjordanie, des personnes ont mis le feu à des photos de cheikh Mohammed, Netanyahu et Trump.

A Ramallah, en Cisjordanie, Jihad Hussein a fustigé l'accord: "Le peuple palestinien a été poignardé dans le dos par les dirigeants des Emirats. Mais ni cet accord ni rien d'autre ne sapera notre volonté de lutter pour la liberté et l'indépendance", a dit cet habitant.

- "Contribution importante à la paix" -

Reste que l'accord fait naître à l'étranger des espoirs de relance des pourparlers israélo-palestiniens, à l'arrêt depuis 2014.

L'Allemagne a ainsi estimé vendredi qu'il s'agissait d'une "contribution importante à la paix dans la région" qui allait "permettre de donner un nouvel élan au processus de paix au Proche-Orient".

De son côté, la France y a vu un "état d'esprit nouvea" qui doit "désormais permettre la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens en vue de l'établissement de deux Etats".

L'Union européenne a souligné l'engagement des 27 en faveur d'une solution à deux Etats: "Nous sommes, bien sûr, prêts à travailler à la reprise des négociations entre les Israéliens et les Palestiniens", a déclaré la porte-parole du chef de la diplomatie, Nabila Massrali.

Le plan de paix controversé de Donald Trump, dévoilé en janvier, avait offert à Israël une voie pour annexer la vallée du Jourdain et les colonies juives à travers la Cisjordanie occupée, considérées comme illégales au regard du droit international.

Les Palestiniens l'avaient rejeté tout comme les voisins arabes d'Israël, faisant craindre une nouvelle escalade dans une région où les tensions sont fortes.

Après l'annonce de l'accord Emirats-Israël, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a vu "une occasion pour les dirigeants israéliens et palestiniens de reprendre des négociations substantielles, débouchant sur une solution à deux Etats conformément aux résolutions onusiennes".

L'annexion "fermerait effectivement la porte" aux négociations entre les dirigeants israéliens et palestiniens et "détruirait la perspective" d'un Etat palestinien viable, a-t-il déclaré.

Benjamin Netanyahu a remercié l'Egypte, Oman et Bahreïn pour leur "soutien" à l'accord. L'Arabie saoudite, poids lourd de la région, n'a pas réagi.

"On peut certainement imaginer que Bahreïn et/ou Oman finiront par conclure un accord formel avec Israël", affirme Hussein Ibish, analyste à l'Arab Gulf States Institute, excluant toutefois un accord similaire prochain avec l'Arabie saoudite.

- "Leurs petits intérêts" -

En revanche, l'Iran et la Turquie ont vivement critiqué la "trahison" des Emirats.

Téhéran a condamné cet accord qualifié de "stupidité stratégique d'Abou Dhabi et de Tel-Aviv qui renforcera sans aucun doute l'axe de résistance", en référence aux alliés de Téhéran au Moyen-Orient.

Et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif s'est d'ailleurs entretenu avec le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, des moyens de "faire échouer" l'accord Israël/Emirats en établissant une "unité" des "factions palestiniennes", a annoncé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, critique de longue date d'Israël et souvent en désaccord avec les puissances occidentales, a, lui, menacé de suspendre les relations diplomatiques avec les Emirats ou de rappeler l'ambassadeur d'Ankara.

Ankara a accusé les Emirats de "trahir la cause palestinienne" en acceptant de signer cet accord pour "servir leurs petits intérêts".

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Un travailleur humanitaire condamné à mort pour viols sur mineurs au Pakistan

Aire de jeux à Lahore au Pakistan, 11 novembre 2017. (Photo AP/K.M. Chaudary)

Un travailleur bénévole a été condamné à mort au Pakistan, reconnu coupable de viols et abus sexuels en série sur mineurs et d'avoir téléchargé des vidéos pornographiques mettant en scène des mineurs.

"Il sera pendu jusqu'à ce que mort s'ensuive", a déclaré le tribunal dans son verdict du 18 novembre, qui doit être confirmé par la Haute Cour de Lahore.

Sohail Ayaz avait été reconnu coupable de délits similaires au Royaume-Uni et en Italie avant d'être extradé vers le Pakistan où il a continué de s'en prendre à des enfants, selon la police.

Ce travailleur bénévole avait collaboré avec l'ONG Save the Children, ainsi que dans le cadre d'un projet humanitaire en Afghanistan, selon un haut responsable de la police, Rai Mazhar.

M. Ayaz aurait avoué avoir violé environ 30 enfants au Pakistan, selon les enquêteurs, qui auraient trouvé en sa possession des dizaines de milliers de vidéos pornographiques.

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Vaccin anti-coronavirus: le G20 promet "un accès abordable et équitable pour tous"

Des flacons avec un autocollant indiquant "COVID-19 / Vaccin contre le coronavirus / Injection uniquement" et une seringue médicale, le 31 janvier 2020. REUTERS / Dado Ruvic

En quelques jours, les annonces sur l'efficacité de projets de vaccin contre la maladie Covid-19 se sont enchaînées. Avec la vaccination à portée de main, les enjeux financiers de cette course planétaire sont énormes. L'OMS reste prudente.

Lors de leur sommet virtuel qui s'est achevé dimanche, les leaders du G20 se sont engagés à garantir "un accès abordable et équitable pour tous" aux vaccins.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà recensé 48 candidats vaccins dont 11 qui en sont au dernier stade des essais sur des dizaines de milliers de volontaires à travers le monde.

L'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech a affirmé en premier, le 9 novembre, que son vaccin est efficace à 90%. Deux jours plus tard, les Russes de l'institut Gamaleïa ont renchéri, avec 92% d'efficacité.

Puis c'est au tour d'une autre société américaine, Moderna, d'assurer que l'efficacité de son produit est de 94,5%. Deux jours après, Pfizer/BioNTech révise à la hausse les résultats de ses essais cliniques avec une efficacité annoncée a 95%.

La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.
La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.

L’espoir est donc permis, mais des questions restent en suspens: ces vaccins empêchent-ils carrément la transmission du coronavirus? Pendant combien de temps durera la protection qu'ils accordent? Quels sont leurs effets secondaires?

Aux États-Unis, des sénateurs se sont portés volontaires pour participer aux essais cliniques dans l'espoir de rassurer le public dont une grande partie, les "anti-vaxxers", reste méfiante à l'égard des vaccins.

C'est le cas par exemple du sénateur Rob Portman, un républicain qui représente l'État de l'Ohio. Il a participé aux essais cliniques menés par l'équipe de la multinationale Johnson & Johnson.

Un autre sénateur républicain, Steve Daines du Montana, a choisi de participer aux essais de Pfizer. "Il s'agit de restaurer l'espoir. Il s'agit de rétablir la normalité dans notre mode de vie", a-t-il confié à Fox News.

Toutefois, le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, a prévenu mercredi que les vaccins n'arriveront pas à temps pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie, et beaucoup de pays devraient s'apprêter à " l'affronter sans vaccins".

Selon l'expert, il faudra "au moins quatre à six mois" avant qu'il y ait des niveaux suffisants de vaccination.

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