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Bénin

Les résultats des législatives espérés jeudi

Ouverture d'une urne dans un bureau de vote lors de l'élection d'un nouveau parlement à Cotonou le 28 avril 2019.

Le Bénin se trouvait mardi toujours dans l'attente des résultats des élections législatives de dimanche qui ont fait un mort, selon la société civile, et où l'opposition n'était pas représentée.

Mardi matin à la Commission électorale nationale autonome (Céna), un des commissaires a confié à l'AFP que l'instance pourrait "officialiser ses premiers chiffres d'ici 48 heures", soit jeudi.

Les premières estimations données par la société civile lundi soir donnait des taux de participation allant de 1,25% à 63,27% selon les bureaux de vote, une "situation inédite", a commenté Fatoumata Batoko, présidente de la plateforme électorale de la société civile.

"Il est probable que le taux de participation reste le plus bas depuis l'avènement du renouveau démocratique" en 1990, a-t-elle poursuivi, lors d'une conférence de presse.

Au total, 206 incidents (destruction et incendie de matériel électoral, accrochages entre militants des partis, populations et force de sécurité publique) ont été signalés, a confirmé Joël Atayi Guèdègbé, expert électoral, également membre de cette plateforme.

On note aussi selon lui, "un blessé grave qui a fini par succomber" à ses blessures.

Pendant ce temps, les voix s'élèvent au sein de l'opinion publique pour dénoncer le faible taux de participation et le silence de la Céna.

"L'heure est grave. Le peuple exige le retour de la démocratie", a confié lundi à la presse l'ancien président Boni Yayi (2006-2016).

"On demande au peuple de se défendre. Les institutions ne sont plus crédibles. (Le président Patrice) Talon marchera sur nos corps", a lancé furieux l'ancien chef de l'Etat.

L'ancien président Nicéphore Soglo (1991-1996) a appelé le président Patrice Talon a "annuler le scrutin", lançant un ultimatum qui devrait se terminer mardi soir.

"Le peuple béninois a apporté dans les urnes, un cinglant désaveu à la parodie visant à réaliser un coup d'état électoral", soutient l'ancien chef d'Etat qui appelle à la résistance.

"Qu'il renonce à la confiscation du pouvoir législatif et à son projet de nomination des 83 députés".

Dans le rang des partisans du pouvoir, le ton est plutôt à la sérénité. "Le peuple s'est exprimé et il n'y a aucune raison valable de remettre en cause le scrutin", a confié à l'AFP un des députés de l'Union progressiste. "Nous défendrons nos sièges une fois qu'ils seront confirmés", menace-t-il.

Plusieurs missions d'observation dont celle de l'Union africaine devaient se prononcer en cours de journée sur les observations faites lors de ce scrutin, marqué par une coupure totale d'internet et l'absence de l'opposition pour la première de fois depuis l'avènement de la démocratie au Bénin en 1990.

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Apaisement du climat politique au Bénin

Sages et notables de Tchaourou lors de la rencontre avec le chef de l'État Patrice Talon, à Lomé, le 25 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

Après la crise née des élections législatives organisées le 28 avril , c'est l'accalmie au Bénin. L'ancien président Boni Yayi a pu quitter le pays pour des soins médicaux.

Suite à une rencontre du président Patrice Talon avec des cadres et notables de Tchaourou, ville natale de l'ancien chef d'État Boni Yayi, le blocus a été levé et ce dernier, malade, a pu s’envoler pour la France pour des soins.

Détente après deux mois de crise
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Levée du blocus sécuritaire devant la ruelle menant au domicile de l'ancien chef d'État Boni Yayi.

"C'est une bonne attitude parce que cela participe à ramener la paix dans le pays", confie Patrice Atalé, commerçant aux abords de la rue. "La paix que nous avons chèrement acquise. C'est une leçon que chaque Béninois doit apprendre et ne plus revenir sur des actes de ce genre"

Brice Kouchea n'est pas de cet avis : "le peuple sera content le jour où le président va décider de réorganiser les élections. Ce n'est pas parce que Yayi est libre que les opposants doivent baisser les bras. Un pays sans opposant est un pays où il n'y a pas la paix".

Sages et notables de Tchaourou lors de la rencontre avec le chef de l'État Patrice Talon, à Lomé, le 25 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Sages et notables de Tchaourou lors de la rencontre avec le chef de l'État Patrice Talon, à Lomé, le 25 juin 2019. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

À la rencontre ayant permis le dégel de la tension, les notables et personnalités politiques de la ville de Tchaourou ont regretté les violentes manifestations qui ont démarré le 27 avril et qui ont généré des tensions un peu partout au Bénin, spécifiquement à Cotonou à Tchaourou.

"Au total nous voudrions solliciter de votre autorité la prise de mesures fortes en vue d'une détente au profit de nos concitoyens pour une décrispation générale", a déclaré Théophile Worou, ancien ministre de Boni Yayi et porte-parole de la délégation de Tchaourou.

Tout en louant la démarche des membres de la délégation, le chef de l'État a exprimé sa gène et sa douleur devant le drame qui a eu lieu avant de demander pardon pour tout ce qui s'est passé depuis le mois d'avril jusqu'à ce jour.

Nicephore Soglo commente le départ de Boni Yayi
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"Je voudrais souhaiter que le peuple béninois puisse collectivement et globalement pardonner tout et pardonner à tous ceux qui ont été -d'une manière ou d'une autre- auteurs de ce qui est arrivé", a déclaré Patrice Talon. "C'est ce qui est aujourd'hui fondamental, que nos concitoyens nous pardonnent tous".

La délégation du Palais de la présidence s'est ébranlée vers le domicile de Boni Yayi porteuse d'un message de Patrice Talon. Après la rencontre, le porte-parole Théophile Worou a exprimé sa joie de voir bientôt les divergences définitivement aplanies.

"Nous avons vu le président Yayi Boni effectivement malade. Il est tout de même dans de bonnes dispositions. Il a reçu le message du chef de l'État et en retour il nous a transmis un message pour lui. Nous sommes dans la perspective d'un retour définitif à la paix".

Le président Boni Yayi est parti samedi pour le Togo pour s'envoler dimanche pour Paris pour recevoir des soins médicaux. Selon ses proches, l'ancien chef d'État ne compte pas se soustraire à la justice. Il répondra à l'appel du juge dès que sa santé le permettra.

Nicephore Soglo commente le départ de Boni Yayi

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Les avocats de l'ancien président Thomas Yayi Boni montent au créneau

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Mesure coercitive contre l'ancien président Yayi Boni

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