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Légère remontée du chômage en juin aux Etats-Unis

Des femmes remplissent des demandes d'emploi, lors d'une foire au travail, en Floride, le 30 janvier

Le taux de chômage aux Etats-Unis est remonté en juin à 4% mais les créations d'emplois se sont montrées solides avec une hausse des salaires toujours contenue alors que les marchés s'interrogent sur la politique monétaire de la Fed.

De 3,8% en mai, le taux de chômage a grimpé à 4% en juin, selon les chiffres du ministère du Travail publiés vendredi.

Mais les créations d'emplois ont été plus fortes que prévu à 213.000 alors que les analystes tablaient sur 195.000. Ce chiffre a aussi été révisé à la hausse pour mai à 244.000 contre 223.000 initialement estimé.

>> Lire aussi : Trump enfreint le protocole en tweetant le rapport sur l'emploi avant sa publication

Le salaire horaire moyen, particulièrement surveillé alors que la Fed veut juguler toute accélération de l'inflation, a progressé de seulement 0,2% à 26,98 dollars portant l'augmentation sur un an à 2,7%. Sur le mois, la hausse est inférieure aux anticipations des analystes qui tablaient sur +0,3% comme en mai.

Le nombre de chômeurs a augmenté de 499.000 personnes en juin à 6,6 millions mais a reculé de 400.000 personnes sur un an lorsque que taux de chômage atteignait, lui, 4,3%.

"Les chiffres ne montrent pas encore d'impact de la guerre commerciale", ont souligné par ailleurs les analystes de Pantheon Economics dans une note. L'administration Trump a déclenché une guerre des tarifs avec ses principaux partenaires, notamment la Chine, qui fait craindre aux entreprises un renchérissement des coûts de production et une baisse de leurs exportations.

Ces analystes soulignent que l'emploi dans le secteur manufacturier, le plus exposé à ces tensions, a augmenté de 36.000 personnes, soit le meilleur chiffre depuis décembre.

Selon eux, la hausse du taux de chômage provient essentiellement de la forte hausse de la population active (+601.000 personnes) alors que le taux de participation n'a lui que faiblement progressé de 0,2 point de pourcentage à 62,9%.

La hausse des salaires est, toujours selon Pantheon Economics, "douloureusement lente" ce qui "renforce notre opinion que la Fed ne va pas changer matériellement d'ici décembre sa perception du marché du travail et par conséquent des risques d'inflation".

La banque centrale américaine a déjà remonté deux fois cette année, dont la dernière lors de sa réunion de la mi-juin, son taux directeur qui évolue désormais dans une fourchette comprise entre 1,75% et 2%. Les marchés anticipent deux autres hausses d'ici décembre alors que cinq réunions sont encore au calendrier.

"Les chiffres restent assez solides pour que la Fed continue de resserrer sa politique monétaire, même avec la progression plus faible du salaire horaire annoncée aujourd'hui (vendredi)", estime Jim O'Sullivan, chef-économiste pour les Etats-Unis chez High Frequency Economics.

Pour ses collègues de RDQ Economics, "l'économie est forte si on la juge en termes de créations d'emplois (...) et nous nous attendons à ce que le taux de chômage recule dans la deuxième partie de l'année. Les chiffres (de juin) ne changent pas notre opinion que la Fed va encore relever ses taux deux fois d'ici la fin de l'année dont la prochaine fois en septembre après avoir pris connaissance de deux autres rapports sur l'emploi".

Si les hausses de taux ont pour premier objet de juguler toute accélération de l'inflation, elles ont aussi pour conséquence de ralentir le rythme de croissance de l'économie alors que l'administration Trump souhaite voir celui-ci s'établir durablement au-dessus de 3%.

Sur un an, la hausse des prix s'est établie en juin à 2,8% et de nouveaux chiffres vont être publiés jeudi prochain pour le mois de juillet. Elle semble donc s'établir au-dessus de l'objectif de 2% que s'est fixé la Fed qui s'appuie toutefois sur une autre référence, l'indice des prix basé sur les dépenses de consommation (PCE), dont la hausse sur un an s'est établie en mai à 2,3%.

Ce débat sur la hausse des taux pourrait opposer assez rapidement la Fed et la Maison Blanche. Larry Kudlow, le principal conseiller économique de Donald Trump, a ainsi déclaré la semaine dernière qu'il espérait voir la Fed remonter ses taux "très lentement".

"Mon espoir est que la Fed et sa nouvelle direction comprennent que le fait que davantage de personnes travaillent et que la croissance économique s'accélère ne provoque pas d'inflation", a-t-il déclaré.

Un message qui s'adresse directement au président de la Fed, Jerome Powell, nommé par Donald Trump, alors que la Fed, comme l'a montré jeudi le compte-rendu de sa dernière réunion de juin, s'inquiète aussi des éventuelles conséquences de la guerre commerciale sur l'économie américaine.

Avec AFP

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Malaise chez Facebook qui refuse de censurer les messages de Trump

Donald Trump et Mark Zuckerberg se rencontrent le 19 septembre 2019 (Photo: Twitter Trump)

Le clash entre Twitter et Donald Trump éclabousse Facebook, en position délicate depuis que son patron, Mark Zuckerberg, a refusé de sanctionner des propos polémiques du président et est désavoué publiquement par des employés - un phénomène rare dans la Silicon Valley.

"Mark a tort, et je vais m'efforcer de le faire changer d'avis en faisant beaucoup de bruit", a tweeté dimanche Ryan Freitas, directeur du design pour le News Feed (fil d'infos) de Facebook.

Lundi, le mouvement a pris de l'ampleur avec une grève en ligne par plusieurs salariés, dont Sara Zhang, qui déclare sur Twitter: "Nous devons faire face au danger, pas rester à couvert."

A l'origine, deux interventions sans précédent de Twitter la semaine dernière.

La plateforme a d'abord signalé deux tweets du président américain sur le vote par correspondance avec la mention "vérifiez les faits".

Mark Zuckerberg a alors rappelé sur Fox News que les plateformes, selon lui, ne devaient pas jouer le rôle "d'arbitres de la vérité en ligne" - une interview retweetée par Donald Trump.

Puis, vendredi, Twitter a masqué un autre message du locataire de la Maison Blanche, sur les affrontements à Minneapolis après la mort d'un homme noir, George Floyd, pour violation des directives du réseau sur l'apologie de la violence.

"Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles", déclarait Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénèrent en émeutes.

Ces propos apparaissent aussi sur Facebook, mais Mark Zuckerberg a décidé de les laisser visibles, "après avoir hésité toute la journée".

Dans une publication sur son profil, il dit condamner à titre "personnel" la "rhétorique clivante et incendiaire" du président, mais n'entend pas supprimer les messages, au nom de la liberté d'expression et de l'intérêt du public à s'informer.

- Les révoltés du réseau -

"Je sais que beaucoup de gens sont mécontents (...), mais notre position est de faciliter le plus d'expression possible, à moins d'un risque imminent d'atteinte aux autres ou de dangers tels que décrits dans notre règlement".

Twitter et Facebook ont mis en place des systèmes de lutte contre les contenus dangereux (appels à la haine, harcèlement...) et contre la désinformation.

Mais Facebook exempt les personnalités et candidats politiques de l'essentiel de ces mesures.

"Je ne sais pas quoi faire, mais je sais que ne rien faire n'est pas acceptable. Je suis un employé de Facebook en désaccord complet avec la décision de Mark de ne rien faire au sujet des publications récentes de Trump, qui incitent clairement à la violence", a tweeté samedi Jason Stirman, un responsable en recherche et développement de la société, passé par Twitter.

"Je ne suis pas seul chez Facebook. Il n'y a pas de position neutre sur le racisme", a-t-il ajouté.

De fait, plusieurs autres salariés ont pris la parole ce weekend.

"Je pense que le tweet de Trump (sur les pillages) encourage la violence extra-judiciaire et attise le racisme. Respect à l'équipe de Twitter", écrit David Gillis, un designer.

Sara Zhang et d'autres employés appellent à changer le règlement, qui n'offre que deux choix : laisser les contenus ou les retirer.

"La décision de Facebook ne pas agir sur des publications qui incitent à la violence ignore d'autres options possibles pour assurer la sécurité de notre communauté", remarque-t-elle.

Sur Twitter, le message en question du président est resté visible malgré l'avertissement, mais les utilisateurs ne peuvent pas le retweeter, le "liker" ou y répondre.

- Appel à un ami -

Pour ne rien arranger, la presse américaine a révélé dimanche que Mark Zuckerberg et Donald Trump se sont entretenu vendredi par téléphone.

La conversation a été "productive", selon des sources anonymes du site spécialisé Axios et de la chaîne CNBC. Elle n'a été ni confirmée ni démentie par les intéressés.

La question se pose désormais sur la capacité de la toute nouvelle "Cour suprême" de Facebook à intervenir.

"Nous avons conscience que les gens veulent que le Conseil se penche sur beaucoup de questions importantes liées aux contenus en ligne", a tweeté le "Conseil de supervision" du réseau, qui a pris forme au début du mois.

Il est censé avoir le dernier mot sur le maintien ou non des contenus controversés, en toute indépendance.

Le géant des réseaux est directement concerné par la contre-attaque de Donald Trump contre Twitter.

Le président américain a signé jeudi un décret s'attaquant à une loi fondamentale de l'internet américain, la Section 230, qui offre aux plateformes numériques une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers. Et leur donne la liberté d'intervenir à leur guise pour policer les échanges.

Affaire George Floyd: les dirigeants américains n'apprécient pas les critiques de l'étranger

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Affaire George Floyd: le Zimbabwe convoque l'ambassadeur américain

Des manifestants scandent des slogans et agitent le drapeau national du Zimbabwe au cours d'un rassemblement visant à dénoncer les sanctions économiques américaines et européennes, à Harare, le 25 octobre 2019. (AFP)

Le Zimbabwe a convoqué lundi l'ambassadeur américain à Harare pour dénoncer des commentaires de la Maison Blanche accusant le pays africain de tirer profit des manifestations contre les violences policières et le racisme aux Etats-Unis.

Plusieurs villes américaines, dont la capitale Washington, ont été placées sous couvre-feu après plusieurs nuits d'émeutes suscitées par la mort aux Etats-Unis à Minneapolis d'un homme noir, George Floyd, étouffé par un policier blanc lors de son arrestation.

Dimanche, le conseiller pour la sécurité nationale du président américain Donald Trump, Robert O’Brien, a dénoncé les commentaires critiques de la Chine, la Russie, l'Iran et le Zimbabwe sur cette affaire, les qualifiant "d'adversaires étrangers". C'était lors de l'émission This Week présentée par George Stephanopoulos sur la chaîne ABC.

Mécontent de ses propos, Harare a "convoqué l'ambassadeur américain", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, James Manzou. "Il est en ce moment en réunion avec le ministre", a-t-il ajouté.

Dès lundi matin, un haut responsable du régime de Harare a qualifié sous couvert d'anonymat de "farce" les déclarations de M. O'Brien, dans le quotidien d'Etat The Herald.

"Le Zimbabwe ne se considère pas comme un adversaire de l'Amérique", a pour sa part tweeté le secrétaire à l'Information du gouvernement zimbabwéen, Nick Mangwana.

Les Etats-Unis maintiennent depuis près de vingt ans des sanctions contre quelque 100 personnes et entités juridiques zimbabwéennes, dont l'actuel président Emmerson Mnangagwa, en réponse à la répression sanglante infligée aux opposants.

Les relations entre Harare et Washington restent depuis extrêmement tendues, malgré la chute de Robert Mugabe et l'arrivée au pouvoir de M. Mnangagwa en 2017.

En mars, les Etats-Unis ont prolongé d'un an leurs sanctions contre le Zimbabwe, à cause notamment des "meurtres extra-judiciaires et viols" commis par les forces de sécurité de ce pays d'Afrique australe.

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