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Gazivode, le lac de la discorde au Kosovo et en Serbie

Le lac Gazivode en arrière plan dans cette photo, le samedi 8 septembre 2018.

Partie intégrante du Kosovo", "propriété de la Serbie": le lac artificiel de Gazivode rappelle à quel point est éloigné un accord de normalisation entre Pristina et Belgrade qui passerait par une modification des frontières.

Soutenue publiquement par Washington et mezzo voce par Paris, rejetée par Berlin, cette idée a le mérite de la simplicité apparente.

Evoquée sans détail cet été par les présidents serbe et kosovar Aleksandar Vucic et Hashim Thaçi, elle consisterait selon les médias locaux en un échange de territoires: la Serbie donnerait au moins en partie la vallée de Presevo (peuplée majoritairement d'Albanais), et récupérerait le secteur situé au nord de la ville divisée de Mitrovica, où est toujours stationnée une force internationale de maintien de la paix.

Long de 24 kilomètres et traversé par la frontière, le lac aux 370 millions de mètres cubes d'eau rappelle toutefois que rien n'est simple entre la Serbie et son ancienne province majoritairement albanaise dont Belgrade refuse de reconnaître l'indépendance.

La Serbie a perdu le contrôle du Kosovo lorsque des bombardements de l'Otan l'ont forcée à retirer ses troupes au terme d'un conflit contre une guérilla indépendantiste kosovare albanaise (1998-99, 13.000 morts). Selon les estimations, quelque 120.000 Serbes y demeurent et proclament toujours leur allégeance à Belgrade.

"Gazivode c'est tout pour nous. C'est notre propriété comme l'était le Kosovo", s'emporte Suzana Maksimovic, chômeuse de 54 ans qui vit à Mitrovica-nord, moitié serbe de la ville. "Les Serbes peuvent dire ce qu'ils veulent, mais le lac reste à nous", réplique, du côté sud de l'Ibar, Besim Musa, taxi albanais de 31 ans.

Dépendance énergétique

Gazivode, que les Kosovars albanais appellent Ujman, est pour les trois quarts en territoire kosovar mais dans un secteur majoritairement serbe où Pristina ne parvient pas à imposer sa souveraineté. Le lac est pourtant crucial pour l'indépendance énergétique et l'approvisionnement en eau du Kosovo.

"Gazivode montre de la meilleure des manières l'ampleur du problème auquel nous faisons face, nos divergences, nos âpres luttes politiques", disait Aleksandar Vucic lors d'une visite sur le lac le 9 septembre.

Pristina s'était opposé à cette venue avant de céder: "Il y a eu des pressions de l'Union européenne (...), nous n'avions pas le choix", avait expliqué le ministre kosovar des Affaires étrangères Behgjet Pacolli.

Trois semaines plus tard, Hashim Thaçi a répliqué par une séance photo d'une promenade en bateau sur le lac, suscitant la colère de Belgrade. "Une visite normale à une de nos beautés", a-t-il commenté.

Lors de la visite d'Aleksandar Vucic, les ouvriers du barrage l'avaient pavoisé d'un drapeau serbe. "Le droit de gérer Gazivoda appartient à la Serbie", dit à l'AFP Srdjan Vulovic, directeur de la compagnie "Ibar", société publique établie par Belgrade qui vend l'eau au Kosovo comme elle le faisait durant l'ère yougoslave.

- Infrastructure yougoslave -

Il relève que le barrage a été bâti dans les années 1970 et assure que "la totalité de l'emprunt, d'un montant d'environ 90 millions de dollars, a été remboursé par la République de Serbie".

Le chef des négotiateurs kosovars, Avni Arifi, prévient que lors de futures discussions, il considérerait "déplacé toute tentative de lancer un quelconque débat autour du lac". "C'est une ressource du Kosovo, (...) et nous ne parlons pas de nos ressources avec la Serbie", dit-il à l'AFP.

Le lac appartient "au territoire inaliénable d'un pays souverain", a renchéri le Premier ministre Ramush Haradinaj.

"Vucic et ses amis politiques en Serbie savent parfaitement" que ce lac "est le talon d'Achille du Kosovo" dont "l'indépendance et la stabilité (...) seraient remises en cause" s'il "devait revenir à la Serbie", assure Agon Dida, expert kosovar sur les questions d'énergie.

Il fournit l'eau nécessaire aux deux centrales à charbon Kosovo A et Kosovo B, qui produisent 95% de l'électricité kosovare.

"Sans Gazivode, le Kosovo serait privé d'électricité", admet Srdjan Vulovic. "Le Kosovo serait dans une situation de risque énergétique", dit Agon Dida. Faute de refroidissement, Kosovo A et Kosovo B devraient se mettre rapidement à l'arrêt, plongeant dans le noir 1,8 million de personnes.

Selon Ilir Abdullahu, directeur de la nouvelle usine d'assinissement d'eau qui a résolu la pénurie chronique d'eau à Pristina, le lac "est la seule alternative pour approvisionner" cette infrastucture. Quelque 700.000 habitants du sud de l'Ibar en dépendent.

Mais, relève Aleksandar Vucic, la dépendance est double: "Sans Gazivode, les gens de Zubin Potok et du Kolasin d'Ibar (secteurs serbes) ne pourront pas rester."

Avec AFP

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L'ONU prolonge de six mois sa mission d'observation au Yémen

Des policiers entrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine, à Sanaa, Yémen, le 11 février 2015.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité lundi de prolonger de six mois, jusqu'au 15 janvier, sa mission d'observation du cessez-le-feu à Hodeida, dans l'ouest du Yémen, en réclamant au secrétaire général "de déployer rapidement" l'ensemble de ses effectifs.

En vertu d'une résolution adoptée en fin d'année dernière, la mission peut comprendre jusqu'à 75 observateurs mais à peine une vingtaine d'entre eux seraient jusqu'à présent à pied d'oeuvre, selon l'ONU.

Le nouveau texte adopté lundi souligne que la mission de l'ONU doit notamment "surveiller le respect, par les parties, du cessez-le-feu dans la province de Hodeida et le redéploiement mutuel des forces à l'extérieur de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa".

Il précise que les observateurs doivent "collaborer avec les parties pour que la sécurité de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa soit assurée par les forces de sécurité locales, dans le respect de la loi yéménite".

En demandant au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "de déployer rapidement l'ensemble de la Mission", le Conseil de sécurité réclame "aux parties à l'Accord sur Hodeida de fournir un appui à l'Organisation des Nations unies".

Pour ce faire, elles doivent notamment assurer "la sûreté et la sécurité du personnel de la Mission et l'entrée et la circulation dans le pays, sans entrave ni retard, du personnel et du matériel de la Mission, des vivres et des articles de première nécessité".

Prévu par des accords conclus à Stockholm fin 2018, un retrait des combattants de la ville portuaire de Hodeida a été longtemps retardé, pour cause de méfiance persistante entre les belligérants, gouvernement et rebelles. Ces derniers mois, les rebelles Houthis ont par ailleurs renâclé à fournir des visas aux observateurs de l'ONU stationnés au large sur un navire de l'ONU.

Lundi, à l'issue de deux jours de discussions entre les belligérants à bord d'un navire de l'ONU au large de Hodeida, les premières depuis février, un comité mis en place en vertu des accords de Suède a annoncé avoir convenu "d'un mécanisme et de nouvelles mesures pour renforcer le cessez-le-feu" à Hodeida.

Ce mécanisme sera mis en oeuvre au plus tôt avec le soutien de l'ONU, qui fait partie de ce Comité de coordination du redéploiement (des troupes) réunissant également des représentants du gouvernement yéménite et des rebelles, selon un communiqué.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a lui appelé à maintenir le pays à l'abri des tensions au Moyen-Orient lors d'une rencontre "productive" lundi avec le vice-ministre de la Défense saoudien Khaled ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest saoudien.

"Nous avons discuté de comment maintenir le Yémen en-dehors des tensions régionales, des progrès dans la mise en oeuvre des accords de Stockholm et du soutien (de l'Arabie saoudite) au processus de paix", a tweeté M. Griffiths.

L'émissaire a également rencontré le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi à Ryad.

"Je viens tout juste de sortir d'une réunion avec le président Hadi. Je suis reconnaissant de son engagement et de celui de son gouvernement envers l'accord de Stockholm et de son soutien personnel pour trouver une solution politique au conflit au Yémen", a tweeté M. Griffiths.

Il s'agit de la première rencontre entre l'émissaire et M. Hadi, depuis que ce dernier l'a accusé en mai de prendre le parti des Houthis et de leur permettre de rester à Hodeida.

M. Hadi avait alors dit dans une lettre adressée à M. Guterres donner "une dernière chance" à M. Griffiths pour mettre en oeuvre la trêve conclue en décembre.

Opposant les Houthis, soutenus par Téhéran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire emmenée par Ryad, le conflit au Yémen a fait en quatre ans des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont déplacées.

Les accords de Suède sont fragilisés depuis que les rebelles yéménites ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones et les tirs de missiles contre le royaume saoudien.

Lundi soir, la coalition a indiqué dans un communiqué avoir intercepté et abattu des drones lancés pas les rebelles Houthis sur la ville de garnison Khamis Mushait, dans le sud-ouest saoudien frontalier du Yémen.

Seuls des "dégâts mineurs" sur un immeuble résidentiel et sur des véhicules ont été rapportés par la coalition.

Ryad accuse régulièrement l'Iran de soutenir militairement les rebelles houthis, ce que Téhéran dément.

Le chef de la diplomatie iranienne cette semaine à l'ONU

Le secrétaire d'État John Kerry a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à New York le 22 avril 2016.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu cette semaine à l'ONU pour une réunion mercredi sur le développement durable, après avoir obtenu un visa conditionnel des Etats-Unis sur fond de tensions bilatérales.

Washington, qui a menacé récemment de prendre des sanctions contre le ministre iranien, lui a accordé un visa d'entrée aux Etats-Unis mais assorti de limites sur sa capacité à se déplacer, selon le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Déjà présent à New York lundi, M. Zarif donnait des entretiens à des médias américains, selon des tweets du porte-parole de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Mohammad Javad Zarif peut se rendre au siège des Nations unies, situé dans l'est de Manhattan, mais il doit rester dans un périmètre restreint autour de ce lieu, incluant l'immeuble abritant la mission iranienne auprès de l'ONU.

"Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York", a déclaré Mike Pompeo au quotidien Washington Post.

Selon lui, le chef de la diplomatie iranienne utilise les libertés d'accueil octroyées par les Etats-Unis afin "de diffuser une propagande malveillante".

Etat hôte du siège des Nations unies, les Etats-Unis ont l'obligation d'accorder rapidement des visas aux Etats qui en font la demande pour des réunions à l'ONU.

Visiteur régulier de New York où il participe à des tables-rondes et rencontre des médias américains, Mohammad Javad Zarif doit intervenir mercredi à une réunion sur les objectifs de développement durable 2030 organisée par le Conseil économique et social de l'ONU.

Le fait que les Etats-Unis n'aient pas imposé de sanctions à son encontre, comme annoncé récemment, est interprété comme le signe d'une volonté de l'administration de Donald Trump de garder un canal de communication ouvert avec l'Iran.

Mohammad Javad Zarif a indiqué récemment au quotidien New York Times que d'éventuelles sanctions ne l'affecteraient pas, ne possédant pas de biens aux Etats-Unis.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

Trois signataires européens de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 préocupés

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La Turquie reçoit des missiles russes au risque de représailles américaines

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L'Iran a tenté de saisir un pétrolier britannique dans le Golfe, selon CNN

Des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, le 21 décembre 2018.

Des bateaux armés iraniens ont essayé de saisir un pétrolier britannique dans les eaux stratégiques du Golfe mercredi, mais ont été repoussé par une frégate de la Royal Navy britannique, a rapporté CNN.

Les Iraniens ont ordonné au pétrolier British Heritage, qui naviguait dans la zone du détroit d'Ormuz, de changer sa trajectoire pour s'arrêter dans les eaux territoriales iraniennes proches, selon la chaîne qui cite deux responsables américains sous couvert d'anonymat.

Un avion américain a filmé l'incident, qui s'est terminé lorsque la frégate britannique HMS Montrose --qui escortait le pétrolier -- a pointé ses armes sur les bateaux iraniens en leur intimant de s'éloigner, avec succès, détaille CNN.

Le président iranien Hassan Rohani avait averti mercredi la Grande-Bretagne de "conséquences" après sa décision d'arraisonner un pétrolier iranien au large de Gibraltar la semaine dernière.

Le Grace 1 avait été arraisonné jeudi au large du territoire britannique, à l'extrême sud de l'Espagne, à la suite d'une opération que l'Iran qualifie d'acte de "piraterie" en haute mer.

"Je le rappelle aux Britanniques: c'est vous qui êtes à l'initiative de l'insécurité et vous en mesurerez les conséquences plus tard", a déclaré mercredi M. Rohani lors d'un conseil des ministres.

Avec AFP

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