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Kerry s'inquiète du sentiment d'"angoisse" qui gagne l'Occident

John Kerry, Département d'Etat, Washington, le 21 juillet 2016. (AP Photo/Cliff Owen)

Le secrétaire d'Etat américain sortant John Kerry s'est inquiété lundi à Berlin de la montée des populismes et du sentiment d'"angoisse" en Occident, citant le Brexit, la présidentielle aux Etats-Unis et le référendum en Italie.

En tournée d'adieux en Europe, John Kerry a cherché dans le même temps à rassurer en plaidant pour le maintien d'un lien transatlantique fort entre l'Europe et les Etats-Unis, au moment où le président élu Donald Trump semble tenté par une politique plus isolationniste.

Le sentiment général de mécontentement des opinions s'est exprimé lors de "nos élections" aux Etats-Unis le 8 novembre, a déclaré John Kerry dans un discours prononcé au ministère allemand des Affaires étrangères.

"Vous l'observez dans les angoisses que l'Italie a exprimées hier (dimanche), ou dans celles de l'Autriche, où l'élection a abouti à un résultat différent mais où ces angoisses étaient perceptibles", a souligné le secrétaire d'Etat américain, citant également le Brexit.

Il faisait référence à l'échec dans les urnes du projet de réforme constitutionnelle du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, contraint à la démission lors d'un vote qui a donné des ailes aux mouvements populistes, ainsi qu'au score réalisé par le candidat d'extrême droite lors du dernier scrutin présidentiel en Autriche.

Le candidat du parti FPÖ a certes été battu mais a néanmoins récolté 46,7% des voix.

"Vous percevez dans les sentiments de tous aujourd'hui que quelque chose ne fonctionne pas", a-t-il dit, appelant les gouvernements "à mieux faire".

Venu recevoir à Berlin la Grande Croix dans l'ordre du Mérite, une des plus hautes distinctions du pays, le secrétaire d'Etat américain, qui a passé quelques années de son enfance à Berlin-Ouest du temps de la guerre froide, a plaidé pour le maintien de l'alliance transatlantique.

"Cette alliance a aidé à faire progresser ce continent et la planète toute entière vers davantage de paix, de sécurité et de liberté" et ceci "ne peut et ne doit jamais changer", a estimé M. Kerry, dans une mise en garde voilée à Donald Trump, qui prendra la succession de Barack Obama le 20 janvier.

-'Tout va bien se passer'-

Comme la plupart des démocrates, John Kerry avait pronostiqué la victoire de Hillary Clinton, mais il a assuré ses hôtes allemands que "tout allait bien se passer" avec l'administration Trump.

L'ancien chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer s'est pour sa part inquiété mardi du sort de l'Occident suite à l'élection de Trump et ses velléités isolationnistes.

"L'Europe est trop faible et divisée pour remplacer les Etats-Unis sur le plan stratégique et, sans leadership de la part des Etats-Unis, l'Occident ne pourra survivre", a-t-il écrit dans une tribune publiée par l'alliance de journaux Project Syndicate.

Le candidat Donald Trump avait vivement critiqué le principe fondateur de l'Otan basé sur la solidarité en cas d'agression. Il a aussi maintes fois répété qu'il voulait se rapprocher de la Russie de Vladimir Poutine.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier, qui avait traité Donald Trump de "prédicateur de haine" avant les élections, a lui souhaité rapidement pouvoir "avoir une conversation" avec le président américain élu. "C'est important, c'est urgent", a-t-il dit.

John Kerry a choisi l'Allemagne et Bruxelles, siège de l'Otan et capitale de l'Union européenne, pour ce qui devrait être l'un de ses tout derniers voyages dans la "Vieille Europe" où il s'est rendu des dizaines de fois en quatre ans.

A Berlin, M. Kerry a aussi préparé la réunion mardi et mercredi à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan, puis la rencontre ministérielle, mercredi et jeudi à Hambourg, des 57 pays membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Il a précisé qu'il verrait à cette occasion, en marge de l'OSCE, son homologue russe Sergueï Lavrov.

Ce dernier a annoncé à Moscou que les discussions techniques russo-américaines sur la Syrie qui se tiennent depuis des mois à Genève devraient aborder mardi ou mercredi la question du départ de "tous les rebelles" de la ville d'Alep.

AvecAFP

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Retour d'un émissaire américain au conseil exécutif de l'OMS

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, s'exprime par visioconférence lors de la 148e session du Conseil exécutif sur l'épidémie de coronavirus (COVID-19) à Genève, en Suisse, le 21 janvier 2021.

La nouvelle administration américaine a fait son grand retour jeudi à l'OMS, l'assurant de son soutien et saluant son rôle de chef de file dans la lutte contre la pandémie. Elle prend ainsi le contrepied du président sortant Donald Trump.

Moins de 24 heures après son investiture, le nouveau président américain Joe Biden a marqué d'emblée sa différence avec son prédécesseur, qui a minimisé la pandémie de Covid-19 et renié l'Organisation mondiale de la santé en la qualifiant de "marionnette" aux mains de la Chine, en faisant intervenir l'immunologue Anthony Fauci à une réunion du conseil exécutif de l'OMS.

Dans son discours, Dr Fauci, qui était déjà membre de la cellule de crise du président Trump et a été nommé conseiller par Joe Biden, a annoncé que les Etats-Unis ont "l'intention de remplir leurs obligations financières envers l'organisation".

Il a également "remercié l'Organisation mondiale de la santé pour son rôle de chef de file dans la réponse de santé publique mondiale à cette pandémie".

Et, a-t-il dit, "les Etats-Unis sont prêts à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale au Covid-19, atténuer son impact dans le monde, renforcer nos institutions, faire progresser la préparation aux futures épidémies, et améliorer la santé et le bien-être de tous les peuples du monde".

Bilan symbolique, le nombre des morts du Covid-19 aux Etats-Unis a dépassé mercredi celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale : la première puissance mondiale déplore désormais 405.400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les Etats-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

Joe Biden a réaffirmé que la lutte contre la pandémie serait l'une de ses priorités. Parmi les premières mesures, il a ordonné le retour des Etats-Unis au sein de l'OMS.

"Hier (mercredi), le président Biden a signé des lettres rétractant l'annonce de la précédente administration de se retirer de l'organisation, et ces lettres ont été transmises au secrétaire général des Nations unies et à vous, cher ami", le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué Dr Fauci.

"Une famille de nations"

Il a également annoncé que le président Biden doit publier une directive dans le courant de la journée, dans laquelle il fera part de l'intention des Etats-Unis de se joindre au dispositif Covax, mis en place par l'OMS pour distribuer des vaccins anti-Covid aux pays défavorisés.

"C'est un grand jour pour l'OMS et un grand jour pour la santé mondiale", lui a répondu le chef de l'OMS.

"L'OMS est une famille de nations et nous sommes tous heureux que les Etats-Unis restent dans la famille. Nous sommes une famille", a-t-il ajouté.

En juillet dernier, Washington, qui avait dénoncé la "mauvaise gestion" par l'OMS de la pandémie et sa complaisance envers la Chine, avait officiellement lancé la procédure de retrait américain de l'institution, plombant les maigres finances de l'OMS.

S'exprimant au sujet de la mission internationale d'experts de l'OMS qui se trouve actuellement en Chine pour enquêter sur les origines du nouveau coronavirus, M. Fauci a souhaité que l'enquête soit "robuste et claire".

Joe Biden signe des décrets sur le climat et l'immigration

Le président Joe Biden fait une pause alors qu'il signe ses premiers décrets dans le bureau ovale de la Maison Blanche le mercredi 20 janvier 2021, à Washington. (Photo AP / Evan Vucci)

Le nouveau président américain Joe Biden a signé une série de décrets dont un portant sur le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat. Il a aussi adressé au Congrès un texte susceptible de permettre à des millions de sans-papiers d'obtenir à terme la nationalité américaine.

Accord de Paris, OMS, immigration

Dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le tout nouveau président Joe Biden a signé une quinzaine de décrets pour faire face aux crises que traverse l'Amérique et revenir sur certaines mesures prises par son prédécesseur, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat.

Au moins six des décrets signés dès le premier jour portent sur l'immigration.

Selon le quotidien The Hill, au total, le nouveau chef de l'État devrait signer 53 décrets au cours des 10 prochains jours. L'objectif, précise le journal, est de faire face aux défis sanitaires, économiques, climatiques et à celui des inégalités raciales.

Le nouveau locataire de la Maison Blanche a aussi mis un terme au retrait de Washington de l'Organisation mondiale de la santé et annulé un décret qui interdisait aux ressortissants de certains pays, en majorité musulmans, d'entrer aux Etats-Unis, et suspendu les travaux de construction d'un mur à la frontière sud avec le Mexique.

Des millions de résidents illégaux pourraient obtenir à terme la nationalité américaine.

Coronavirus

Plusieurs des autres décrets sont liés à la lutte contre le coronavirus. L'un d'eux impose le port du masque dans les bâtiments publics et pour les fonctionnaires. Un autre donnera naissance à une agence rattachée à la Maison Blanche chargée de coordonner l'action sanitaire contre la pandémie.

Joe Biden a entamé par ailleurs le processus de réintégration de l'accord de Paris sur le climat et a révoqué l'autorisation accordée au projet controversé d'oléoduc Keystone entre les Etats unis et le Canada.

Jennifer Psaki, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche, a par ailleurs indiqué que l'ancien président Donald Trump, qui n’a pas assisté à l'investiture de son successeur, lui a toutefois laissé une lettre que Joe Biden a qualifiée d’aimable, sans toutefois en donner les détails, soulignant que cela relevait du domaine "privé".

Pékin félicite Biden et appelle à "l'unité" avec Washington

China USLes drapeaux de la Chine et des États-Unis flottent avant l'arrivée du président chinois Xi Jinping (non illustré) à Joint Base Andrews, Maryland, à l'extérieur de Washington DC, USA, 30 mars 2016. EPA / MICHAEL REYNOLDS

La Chine a félicité jeudi Joe Biden pour son investiture à la présidence des Etats-Unis et paraphrasé son discours pour en appeler également à "l'unité" dans la relation entre les deux puissances.

"J'ai remarqué que le président Biden avait à plusieurs reprises dans son discours insisté sur le mot +unité+. Je pense que c'est exactement ce dont nous avons besoin actuellement dans la relation sino-américaine", a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Les rapports sino-américains sont tombés au plus bas sous la présidence de Donald Trump, qui a engagé une guerre commerciale et technologique avec le géant asiatique.

Juste après l'investiture de Joe Biden mercredi à Washington, Pékin a annoncé des sanctions contre 28 anciens responsables de l'administration sortante, dont le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, qui se verront interdits d'entrer en Chine et à Hong Kong.

Mais Pékin, qui avait traîné en novembre dernier pour reconnaître la victoire du candidat démocrate, dit vouloir tourner la page.

"Je pense que la Chine comme les Etats-Unis doivent prendre leur courage à deux mains et faire preuve de sagesse pour s'entendre mutuellement", a déclaré Mme Hua.

"C'est l'obligation de la Chine et des Etats-Unis, en tant que deux grandes nations, et c'est aussi l'espoir de la communauté internationale", a-t-elle lancé.

"Si les deux parties coopèrent, les anges bienveillants l'emporteront sur les forces du mal dans la relation Chine-USA", a espéré Mme Hua, reprenant un autre passage du discours de Joe Biden.

La porte-parole s'est félicitée du retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat et à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si la nouvelle administration américaine devrait se montrer moins provocatrice à l'égard de Pékin, elle pourrait tout autant l'affronter en matière de droits de l'Homme, notamment à Hong Kong et dans la région du Xinjiang, peuplée de musulmans ouïghours.

A ce sujet, le secrétaire d'Etat désigné par Joe Biden, Antony Blinken, a affiché mardi sa fermeté lors d'une audition au Sénat.

Il a dit partager l'accusation de "génocide" perpétré par la Chine contre les musulmans ouïghours, lancée par Mike Pompeo.

Il a également reconnu que le président républicain sortant avait "eu raison d'avoir une position plus ferme face à la Chine".

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