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Journée mondiale de lutte contre le sida au Burkina


Un groupe de soutien pour les personnes vivant avec le VIH et leurs familles organisé par l'Association bénévoles de l'espérance (ABE), fondée par les jésuites, à Ouagadougou le 13 avril 2013.

Au Burkina Faso, le sida est en phase d’être éradiqué selon les autorités sanitaires qui estiment le taux de prévalence à 0,8%, un progrès considérable dans la lutte contre la pandémie dans ce pays où le taux de prévalence se situait à 7% il y a 20 ans.

Au milieu des années 1990, comme dans de nombreux pays africains, le sida faisait des ravages au Burkina. A l'époque la séroprévalence estimée dépassait les 7% de la population.

Aujourd'hui le Burkina Faso aimerait que cette prévalence soit proche de zéro. Et pour cela l’accent a été mis cette année sur le dépistage.

Reportage de Lamine Traoré sur le sida au Burkina
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"Après une lutte intense menée par beaucoup d'acteurs comme les ONG, les associations, la société civile... qui ont été appuyés par l’Etat au plus haut niveau, nous sommes arrivés à une prévalence de VIH-SIDA à 0,8%", s'est réjoui Nicolas Meda, ministre de la Santé. "C’est-à-dire que nous avons quasiment éliminé le VIH-SIDA au Burkina Faso."

Mais cette victoire apparente semble compliquer la suite de la lutte contre le VIH. Le Sida ne semble plus préoccuper les populations qui ont, selon le constat des associations, utilisent moins de préservatifs.

Selon le Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles, 94.000 personnes vivent avec le VIH-SIDA au Burkina Faso et environ 10 000 ignorent encore leur statut sérologique. Le CNLS-IST appelle donc les populations à aller faire un test de dépistage.

Le docteur Didier Bakouan, secrétaire permanent du CNLS-IST, à Ouagadougou, le 2 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Le docteur Didier Bakouan, secrétaire permanent du CNLS-IST, à Ouagadougou, le 2 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Nous faisons maintenant une approche de proximité", souligne le docteur Didier Bakouan, secrétaire permanent du CNLS-IST. "Nous avons des unités mobiles et des caravanes qui sillonnent le pays pour amener la population à faire son test".

"Au Burkina, 20% de la population ne connaît pas encore son statut ! Et la connaissance de son statut est la porte d’entrée pour une bonne prise en charge avec des traitements efficaces, accessibles et gratuits qui permettent de vivre très bien."

L'Association africain solidarité (AAS) se bat depuis des décennies pour le bien-être des personnes vivant avec le VIH. Elle suit près de 4.000 personnes vivant avec le VIH dont moins de 3000 sont sous traitement. L’association aide à dépister environ 20 000 personnes par an.

Awa Koné, directrice de AAS, à Ouagadougou, le 2 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Awa Koné, directrice de AAS, à Ouagadougou, le 2 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"On fait toujours la sensibilisation pour que les gens se dépistent parce que, une fois qu’on est sous traitement, on réduit les risques de transmission du VIH aux autres", rappelle Awa Koné, directrice de AAS.

Elle poursuit : "Après un an de suivi, on fait le test de la charge virale qui arrive à prouver que le virus est indétectable et là,le risque de transmission est très faible. L’objectif, que d’ici 2020 par exemple, 90% de toutes les personnes vivant avec le VIH-SIDA connaissent leur état sérologique".

Même si les antirétroviraux sont gratuits au Burkina, les associations et les organisations de la société civile demandent à l’Etat de donner plus de moyens aux communautés pour qu'elles puissent mieux accompagner les structures de santé, ce qui permettrait d'assurer une meilleure prise en charge.

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