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JO 2016 : la justice brésilienne confisque le passeport du nageur américain Ryan Lochte

Les Américains Ryan Lochte et Michael Phelps lors du 200 m nage papillon à Rio de Janeiro, Brésil, le 9 août 2016.

Une juge de Rio a ordonné la confiscation des passeports du nageur olympique américain Ryan Lochte et de son coéquipier James Feigen pour les empêcher de quitter le Brésil après un témoignage douteux sur une agression à main armée dont ils auraient été victimes.

La juge Keyla Blank "a émis des mandats de perquisition et décrété la saisie des passeports des nageurs américains. Ils n'ont donc pas le droit de quitter le territoire", selon un communiqué officiel.

La magistrate a déclaré mercredi qu'elle sondait "certaines incohérences dans les témoignages des nageurs", parfois contradictoires comme sur le nombre d'assaillants.

"Il est à noter que les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux", souligne la juge qui se base sur des images enregistrées par les caméras de sécurité à leur retour à l'hôtel.

L'avocat de Lochte a indiqué à la presse américaine que le nageur avait déjà quitté le Brésil, mais la police de Rio n'a pas confirmé.

Le Comité olympique américain s'est limité à confirmer que la police brésilienne était à la recherche des nageurs et qu'il continuerait à coopérer avec les autorités brésiliennes.

"La police locale est arrivée au village olympique ce matin (mercredi) et a demandé à rencontrer Ryan Lochte et James Feigen pour confisquer leur passeport afin de les faire témoigner de nouveau", a déclaré le porte-parole du Comité olympique des Etats-Unis (USOC), Patrick Sandusky.

"L'équipe de natation a quitté le village après la fin dela compétition; nous n'étions donc pas en mesure de convoquer les athlètes", a ajouté M. Sandusky.

Ryan Lochte avait raconté à la télévision américaine NBC avoir été braqué, avec trois autres nageurs américains, à l'aide d'une arme à feu par des faux policiers dimanche à l'aube à Rio.

De retour d'une fête au Club France, dans la zone sud huppée de Rio - où les athlètes français célèbrent leurs médailles -, Gunnar Bentz, Jack Conger, James Feigen et lui avaient vu leur taxi stoppé par des faux policiers, a-t-il raconté.

Alors qu'il ignorait les ordres d'un des braqueurs, qui lui demandait de s'étendre au sol, "le type a sorti son arme, l'a enclenchée, l'a braquée sur mon front et a dit +baisse-toi+", avait relaté le sextuple champion olympique.

L'incident avait déclenché une certaine confusion, le Comité international olympique (CIO) ayant dans un premier temps démenti l'information, assurant avoir consulté l'équipe américaine.

Mais Patrick Sandusky avait ensuite confirmé l'agression.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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