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Ivanka Trump, d'espoir à bête noire des progressistes américains

Ivanka Trump, fille du président américain et conseillère à la Maison-Blanche, au Eisenhower Executive Office Building à Washington, le 22 mars 2018. REUTERS / Leah Millis -

Sourire radieux, manières impeccables, Ivanka Trump s'était présentée en ardente défenseure de l'égalité homme-femme, ni républicaine ni démocrate, pendant la campagne de son père. Mais depuis son arrivée à la Maison Blanche, la conseillère s'attire les foudres de ceux qui comptaient sur elle pour tempérer le président républicain.

"Complice", "lâche", les quolibets pleuvent sur cette femme d'affaires de 36 ans depuis l'entrée en campagne de son père, jusqu'à l'utilisation de l'une des insultes les plus grossières de la langue anglaise par une humoriste américaine, Samantha Bee.

Face au tollé, cette dernière s'est rapidement excusée jeudi.

Mais reste qu'Ivanka Trump, ancienne donatrice démocrate et "it girl" de Manhattan, où elle et son époux, Jared Kushner, était plus habitués des soirées de la jeunesse progressiste que des meetings républicains, enchaîne les épisodes qui lui attirent des critiques particulièrement virulentes.

"Cette Première fille occupe un rôle sans précédent, très visible, et pourtant sans contours bien définis. Il va à l'encontre de l'histoire et de la tradition américaines", analyse Stacy Cordery, professeure d'histoire à l'université de l'Iowa.

"Elle s'attire évidemment également beaucoup de critiques parce qu'elle s'est présentée comme étant la conscience de l'administration Trump", poursuit-elle.

Dans son monologue, la comique Samantha Bee s'insurgeait ainsi contre la politique, revendiquée par le ministre de la Justice Jeff Sessions, voulant séparer parents et enfants parmi les migrants arrivant à la frontière américaine.

Alors même que la polémique enflait le week-end dernier sur cette pratique, Ivanka Trump a tweeté une photo d'elle serrant son petit garçon dans les bras, provoquant un torrent d'indignation.

"Arracher des enfants à leurs parents est tellement monstrueux", s'est ainsi émue Samantha Bee, appelant Ivanka Trump sur la chaîne américaine TBS à faire quelque chose "pour les pratiques migratoires de ton père". "Il t'écoute", s'est-elle écriée en la traitant de "cunt" ("salope") en anglais.

- "Responsables de nos choix" -

Il y a deux semaines, les réseaux sociaux avaient déjà été inondés de messages outrés superposant les photos d'elle et Jared Kushner tout sourire et inaugurant la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, à celle de dizaines de Palestiniens tués à quelques kilomètres de là par des tirs israéliens.

Interrogée sur cet épisode, Chelsea Clinton, ex-Première fille des Etats-Unis et un temps amie d'Ivanka Trump, ne lui a pas trouvé d'excuses.

"C'est une adulte. Elle peut faire ses propres choix", assène-t-elle dans un entretien au Guardian.

La présence d'Ivanka Trump à la table officielle lors d'une réunion du G20 ou sa rencontre avec le président sud-coréen pour les JO d'hiver ont aussi valu à l'administration Trump des accusations de népotisme. Et ses affaires privées, avec le commerce de marques portant son nom, réveillent régulièrement des soupçons de conflits d'intérêts.

Mais c'est surtout son silence face aux choix controversés de l'administration Trump, comme sur le climat ou les politiques concernant les femmes, qui indigne ses détracteurs.

"Il se battra pour l'égalité salariale à travail égal et je me battrai avec lui", avait ainsi promis Ivanka Trump à l'été 2016, lorsque son père était encore candidat. Puis, celle qui se présente comme féministe, n'a offert qu'une tiède justification lorsque Donald Trump a décidé, une fois au pouvoir, de revenir sur une mesure censée permettre de comparer avec plus de transparence les différences salariales.

- "J'aurais échoué" -

Sur l'environnement, Ivanka Trump avait de fait pris un rôle de premier rang après la victoire du candidat républicain en novembre 2016, lui organisant pendant la transition une rencontre entre le démocrate Al Gore, héraut de la lutte contre le changement climatique, tout en s'entretenant elle-même avec Leonardo Di Caprio, très engagé sur le sujet.

"Ivanka et Jared" allaient parvenir à empêcher le président de défaire l'accord de Paris sur le climat, murmurait-on à Washington.

En vain. Le 1er juin 2017, Donald Trump annonçait le retrait des Etats-Unis. Marque silencieuse et très discrète de leur protestation ? Ivanka et Jared n'avaient pas assisté à son discours comme ils en ont l'habitude.

Plus ouvertement, Ivanka Trump a parfois pris position avec force, comme lorsqu'elle a vertement critiqué un candidat républicain accusé d'attouchements sur mineures ou qu'elle a dénoncé le racisme après les violences meurtrières de Charlotesville, en août 2017.

"Certains ont des espoirs irréalistes", avait-elle déclaré au Financial Times en septembre. "Comme si ma présence par elle-même serait assez puissante face à mon père pour qu'il abandonne ses valeurs fondamentales et le programme pour lequel les Américains ont voté quand ils l'ont élu", poursuivait-elle avant de prédire: "Ca ne va pas arriver. Pour ces critiques, à moins de transformer mon père en progressiste, j'aurais échoué."

Avec AFP

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La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts pour éviter une récession

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à la Maison-Blanche le 27 août 2018.

La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts et de droits de douane pour éviter une entrée des Etats-Unis en récession, ont rapporté lundi des médias américains, malgré l'insistance de Donald Trump sur la bonne santé de l'économie américaine.

Selon le Washington Post, des responsables de la Maison Blanche étudient plusieurs mesures pour stimuler l'économie américaine, dont une baisse temporaire de la taxe sur les salaires pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs.

D'après le New York Times, les Etats-Unis pourraient également renoncer aux nouveaux droits de douane imposés par l'administration Trump aux imporations chinoises dans le cadre de la guerre commerciale avec Pékin.

Il s'agit de mesures à l'étude, et les responsables qui en ont eu l'idée n'ont pas encore demandé l'avis du président Donald Trump, lequel devrait en outre obtenir l'aval du Congrès, précisent les deux médias.

"Abaisser les taxes sur les salaires n'est pas quelque chose qui soit à l'étude en ce moment", a réagi la Maison Blanche auprès du Washington Post.

La taxe sur les salaires avait déjà été temporairement abaissée en 2011 et 2012 sous le président Barack Obama pour essayer de sortir l'économie américaine de la stagnation consécutive à la crise financière de 2008.

Selon un sondage publié dimanche par la National Association for Business Economists (NABE), près des trois quarts des économistes américains s'attendent à une récession d'ici 2021. Un avis que ne partage pas Donald Trump: "je ne crois pas qu'il y aura une récession. Nous nous portons terriblement bien", a-t-il affirmé à des journalistes dimanche.

Avec AFP

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