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Israël bombarde des installations "souterraines" du Hamas dans la bande de Gaza

Un soldat israélien observe l'ouverture d'un tunnel qui, selon Israël, a été creusé par le groupe islamiste Jihad, menant de Gaza à Israël, le 1er janvier 2018.

L'armée israélienne a annoncé avoir attaqué dans le nuit de samedi à dimanche une installation souterraine du Hamas dans la bande de Gaza et détruit un tunnel en cours de construction qui aurait pu servir à des attaques.

Ces attaques lancées en représailles après l'explosion samedi d'un engin piégé le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, n'ont pas fait de victime, selon l'armée. Il s'agissait de la troisième explosion d'un engin piégé à la frontière depuis jeudi.

L'armée israélienne a dans un premier temps fait état d'une attaque contre une "cible militaire" du Hamas en guise de représailles à l'engin explosif de vendredi, mais sans donner de détails.

>> Lire aussi : Le Premier ministre palestinien survit à un attentat à la bombe à Gaza

Par la suite, un porte-parole militaire a précisé aux journalistes qu'un tunnel creusé dans la bande de Gaza et détecté grâce à une nouvelle technologie a été détruit.

"Notre politique est d'agir résolument contre toute tentative de nous porter préjudice et d'éliminer systématiquement les infrastructures liées aux tunnels et nous continuerons à le faire", a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un communiqué dans lequel il qualifie le tunnel de "terroriste".

'Faire peur '

Le Hamas a pour sa part a estimé que les opérations israéliennes visaient à "effrayer" les Palestiniens avant les manifestations prévues fin mars le long de la frontière. Israël "subira toutes les conséquences de son escalade", a affirmé le porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum.

A partir du 30 mars, des Gazaouis projettent de dresser pendant six semaines des centaines de tentes près de la frontière avec Israël en signe de soutien aux réfugiés palestiniens.

Selon le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus, le nouveau tunnel, en cours de construction par le Hamas, était creusé pour relier un ancien tunnel dans le sud de la bande de Gaza.

>> Lire aussi : La bande de Gaza menacée d'un "effondrement total"

Ce tunnel n'avait pas atteint le territoire israélien et se trouvait à plusieurs centaines de mètres de la frontière près de Kerem Shalom, le point de passage des marchandises entre Israël et l'enclave palestinienne ainsi qu'à proximité de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza

Pour détruire le tunnel, les militaires israéliens l'ont rempli avec une substance dont la nature n'a pas été précisée et non pas à l'aide d'explosif, a ajouté le porte-parole en refusant de donner d'autres précisions.

Il s'est contenté d'affirmer que les soldats israéliens ont mené à bien cette mission à partir du territoire israélien.

Les tunnels passant sous la barrière de sécurité qui ferme hermétiquement les frontières israéliennes de Gaza ont constitué aux mains des groupes armés palestiniens une arme redoutée pendant la guerre de 2014, et leur destruction s'est imposée comme l'un des objectifs prioritaire d'Israël.

Une habitante de Gaza, Amal Malaka a raconté avoir entendu le "son d'un bombardement". "Toute ma maison a bougé, mes enfants ont eu peur, mes filles sont tombées de leur lit", raconte-t-elle.

Israël, le Hamas ainsi que ses alliés observent un cessez-le-feu tendu de part et d'autre de la barrière depuis la guerre de 2014, la troisième en six ans dans l'enclave.

Cette trêve est régulièrement ébranlée, notamment par des tirs de projectiles en provenance du territoire vers Israël, qui riposte systématiquement en prenant pour cibles des positions du Hamas, même si les roquettes sont communément attribuées à d'autres groupes.

Quatre soldats israéliens avaient été blessés le 17 février dans l'explosion d'un engin disposé le long de la barrière israélienne, provoquant une riposte israélienne.

La bande de Gaza est soumise depuis une décennie à un sévère blocus de la part d'Israël.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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