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Israël approuve plus de 2.646 logements pour colons en trois jours


Le père d'Avraham Mengisto, kidnappé par le Hamas depuis deux ans, près de Ashkelon, en Israël, le 7 septembre 2016.

Israël a approuvé 1.323 logements supplémentaires pour colons en Cisjordanie, portant à 2.646 le nombre d'unités d'habitation validées en trois jours, dans une nouvelle poussée de la colonisation en territoire palestinien occupé.

L'autorité faisant office de gouvernement israélien en Cisjordanie avait approuvé lundi 31 logements pour colons dans la ville de Hébron - une première depuis 2002 - et 1.292 mardi dans toute la Cisjordanie.

Elle a poursuivi sur sa lancée mercredi avec 1.323 logements, dont 102 pour la construction de la première colonie impulsée par un gouvernement israélien depuis 25 ans (Amihai), a rapporté l'organisation israélienne anti-colonisation la Paix maintenant.

Les plus de 2.600 logements approuvés depuis lundi le sont à différents stades de la procédure. Les projets de colonies franchissent une succession d'étapes procédurales avant une approbation finale et la mise en chantier.

La colonisation est illégale au regard du droit international. Elle est considérée par une partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à un règlement du conflit entre Israéliens et Palestiniens et à une solution dite à deux Etats, c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien coexistant avec Israël.

Cette solution reste la référence d'une grande partie de la communauté internationale, même si elle est fortement remise en question par le refus de l'administration Trump de s'engager en sa faveur.

Non seulement la colonisation juive rogne les terres sur lesquelles les Palestiniens aspirent à former un Etat indépendant, mais en fragmentant la continuité des territoires, elle menace de rendre impossible la création d'un tel Etat, disent ses détracteurs.

"Le gouvernement israélien a perdu toute inhibition, promouvant l'expansion des colonies à un rythme record et nous éloignant chaque jour davantage d'une solution à deux Etats", a réagi la Paix maintenant.

"Le gouvernement (israélien) adresse un message clair aux colons: construisez illégalement là où vous voulez et nous trouverons une solution pour vous", a-t-elle ajouté.

La présidence palestinienne avait condamné mardi les nouvelles annonces, y voyant un "défi" lancé à la communauté internationale et à l'administration Trump au moment où celle-ci dit rechercher les moyens de ranimer l'entreprise de paix moribonde.

Progrès constants' vers la paix

L'Union européenne avait redit que la colonisation était "illégale au regard de la loi internationale" et nuisait à la "viabilité de la solution à deux Etats et à la perspective d'une paix durable". Elle avait demandé aux autorités israéliennes de "reconsidérer" leurs décisions.

Un responsable du département d'Etat américain a affirmé mercredi la volonté du président Donald Trump de parvenir à la paix et a assuré que son équipe avaient accompli des "progrès constants" dans ce sens.

"Le président a exprimé clairement sa position sur les colonies et nous encourageons toutes les parties à continuer à œuvrer à la paix", a-t-il dit à l'AFP, sans élaborer son propos.

L'administration Trump a exprimé récemment sa position, beaucoup moins critique que celle de sa devancière, en disant qu'une colonisation "effrénée" ne servait pas la paix, mais en rejetant toute exigence de gel de la colonisation.

Les Palestiniens s'émeuvent du parti pris favorable selon eux à la colonisation de la part de certains membres de l'équipe Trump.

Les autorités israéliennes ont approuvé mardi le lancement d'un appel d'offres pour 296 logements à Bet El, colonie historique près de Ramallah, a rapporté la Paix maintenant. David Friedman, ambassadeur des Etats-Unis en Israël et réputé proche de M. Trump, a présidé une organisation "d'amis américains" de Bet El, selon le quotidien israélien Haaretz.

Les partisans d'une colonisation débridée poussent le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à mettre à profit l'opportunité créée selon eux par l'accession de M. Trump à la présidence, après les années de frustration de la présidence Obama.

M. Netanyahu est soumis aux pressions jusqu'au sein de son gouvernement, considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël.

Il conteste que la colonisation entrave la paix et impute l'enlisement du conflit au refus palestinien de reconnaître l'existence d'un Etat juif dans quelque frontière que ce soit.

Quelque 430.000 colons vivent en Cisjordanie aux côtés de 2,6 millions de Palestiniens.

Avec AFP.

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