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Israël: inculpé, Benjamin Netanyahu dénonce un "coup d'Etat"

Benjamin Netanyahu à Jérusalem le 13 novembre 2019.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé jeudi soir un "coup d'Etat" contre lui après avoir été inculpé par la justice pour corruption, promettant qu'il n'allait "pas abandonner".

Un peu plus tôt dans la soirée, le procureur général Avichaï Mandelblit avait annoncé qu'il inculpait le Premier ministre le plus pérenne de l'histoire d'Israël pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires différentes.

"Ce qui se passe ici est une tentative de mener un coup d'Etat contre le Premier ministre", a assuré M. Netanyahu, le premier chef de gouvernement israélien en exercice à être inculpé, appelant "à enquêter sur les enquêteurs" qui ont mené les investigations contre lui.

Depuis Jérusalem, le ton vindicatif, il a dénoncé lors d'une conférence de presse de "fausses accusations motivées par des considérations politiques" qui visent "à (l)e faire tomber". Mais, a-t-il assuré, "je ne suis pas prêt à abandonner".

Dans la principale affaire, M. Netanyahu est accusé d'avoir accordé des faveurs au patron d'un groupe de télécommunication en échange d'une couverture médiatique favorable d'un des médias de ce groupe.

Dans les deux autres dossiers, il est soupçonné d'avoir reçu de luxueux cadeaux de la part de milliardaires et d'avoir tenté de s'assurer des articles favorables dans le plus grand quotidien payant du pays.

M. Netanyahu, 70 ans, est toujours Premier ministre puisque son rival, le centriste Benny Gantz, n'a pas réussi à former un gouvernement de coalition après les élections de septembre.

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Conflit syrien : Erdogan exclut tout recul de la Turquie à Idleb

L'artillerie de l'armée turque arrive dans l'est d'Idleb, en Syrie, le 15 février 2020.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu mercredi de faire "le moindre pas en arrière" face au régime de Bachar al-Assad dans le nord-ouest de la Syrie, au moment où de nouvelles discussions commençaient avec l'allié russe de Damas.

Nouvel épicentre du conflit ravageant la Syrie depuis presque neuf ans, la province d'Idleb a été le théâtre d'affrontements ces dernières semaines entre la Turquie, qui parraine des groupes rebelles, et le régime de Bachar al-Assad, appuyé par la Russie.

L'offensive qu'a déclenchée le régime syrien en décembre pour reprendre ce dernier bastion rebelle et jihadiste a provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d'un million de déplacés coincés dans une étroite bande de territoire à la frontière turque.

Dans ce contexte tendu, M. Erdogan a de nouveau sommé le régime de se retirer d'ici fin février de certaines zones d'Idleb, où des postes d'observation turcs sont encerclés par les forces de Damas.

"Nous ne ferons pas le moindre pas en arrière, nous repousserons le régime (syrien) au-delà des frontières que nous avons fixées", a déclaré le président turc mercredi lors d'un discours à Ankara. "Nous sommes en train de planifier la libération, d'une manière ou d'une autre, de nos postes d'observation d'ici fin février".

Soulignant qu'Ankara ne pouvait pas utiliser l'espace aérien, contrôlé par Moscou à Idleb, M. Erdogan a affirmé qu'une "solution" serait "bientôt trouvée", sans fournir de précision.

Peu après ces déclarations, des militaires et diplomates russes ont atterri à Ankara pour de nouvelles discussions avec leurs homologues turcs qui ont débuté en fin d'après-midi, selon les médias. Ces discussions devraient se poursuivre jeudi à partir de 11h00 GMT, d'après un diplomate turc. Des contacts la semaine dernière n'avaient donné aucun résultat.

- Compromis difficile -

L'offensive du régime appuyée par l'aviation russe a suscité des frictions entre Ankara et Moscou qui, en dépit de positions opposées en Syrie, y avaient renforcé leur coopération ces dernières années.

Mais l'éloignement de leurs intérêts à Idleb et la fermeté affichée par les deux camps - Moscou a rejeté mardi l'idée d'un cessez-le-feu à Idleb - ont creusé un fossé entre ces deux acteurs majeurs du conflit, rendant tout compromis difficile.

Alors que l'Occident est critiqué pour son incapacité à peser sur la situation à Idleb, les ministres des Affaires étrangères de 14 pays européens ont exhorté mercredi Ankara et Moscou à la "désescalade", dans une tribune publiée par le journal français Le Monde.

Lors des discussions avec la délégation russe mercredi, Ankara demandera en priorité "de faire cesser durablement les attaques du régime" à Idleb, selon le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu.

En février, 17 soldats turcs ont été tués par des tirs du régime dans cette région où Ankara a massé d'importants effectifs ces dernières semaines.

Le ministre turc a indiqué que M. Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine s'étaient "mis d'accord pour se rencontrer", avant un éventuel sommet quadripartite avec la France et l'Allemagne.

M. Erdogan a par ailleurs déclaré que la Turquie n'avait toujours pas reçu l'aide "promise" par les Etats-Unis à Idleb, réitérant qu'Ankara souhaitait acquérir des systèmes de défense américains Patriot si Washington acceptait de les vendre, selon des propos rapportés par la presse mercredi.

- Progression du régime -

Pendant ces discussions, le régime de Damas continue d'avancer sur le terrain.

Dans un communiqué lu à la télévision publique, le commandement de l'armée syrienne a annoncé mercredi avoir "repris le contrôle" ces derniers jours d'une dizaine de localités, réitérant sa "détermination à libérer tous les territoires de la République arabe syrienne du terrorisme et de ses soutiens".

Mardi, le régime a notamment repris la ville symbolique de Kafranbel, une des premières à s'être ralliées à la contestation anti-Assad en 2011. Au fil des années, les manifestants mobilisés chaque semaine rivalisaient de créativité et d'humour, notamment via des pancartes brandies lors des rassemblements.

Ces dernières semaines, le régime syrien a conquis près de la moitié de la province d'Idleb, contrôlée depuis des années par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, et des groupes rebelles.

Cette vaste offensive a provoqué une nouvelle catastrophe humanitaire, plongeant encore plus dans l'horreur ce pays ravagé par une guerre qui, depuis 2011, a fait plus de 380.000 morts.

La dernière offensive du régime a tué plus de 400 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), et déplacé près de 900.000 personnes d'après l'ONU, soit l'exode le plus massif en une si courte période depuis le début de la guerre.

Parmi les déplacés, 170.000 civils vivent en plein air ou dans des bâtiments inachevés, faute de place dans les camps de déplacés surpeuplés.

Yémen: le régime de sanctions de l'ONU renouvelé sur fond de tensions avec Moscou

De G à D, la vice-présidente suisse, la ministre suédoise des Affaires étrangères, le SG de l’ONU A. Guterres et le coordinateur des secours d'urgence M. Lowcock à une réunion sur la crise humanitaire au Yémen le 26 février 2019 aux Nations Unies à Genève. Ph Fabrice COFF/AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé mardi jusqu'en février 2021 son régime de sanctions pour le Yémen, au terme d'une négociation très tendue entre Londres et Moscou qui a rejeté, menace de veto à l'appui, toute mention - même implicite - relative à l'Iran.

Treize pays ont adopté une résolution proposée par le Royaume-Uni, deux se sont abstenus, la Russie et la Chine.

Le régime de sanctions, qui expirait mercredi, comprend la prolongation du mandat des experts de l'ONU chargés de contrôler l'embargo sur les armes imposé en 2015 et la possibilité d'imposer des gels d'avoirs et des interdictions de voyages.

Alors que la négociation ne présentait pas depuis une semaine de difficultés majeures, la Russie s'est soudainement opposée lundi au texte rédigé par le Royaume-Uni, menaçant de recourir à son droit de veto et proposant un contre-projet, selon des diplomates.

Moscou a notamment refusé toute mention relative à l'Iran, pays cité dans le dernier rapport des experts de l'ONU, a-t-on précisé de mêmes sources.

Dans ce document, remis fin janvier, les experts affirment que les rebelles Houthis au Yémen disposent depuis 2019 de nouveaux armements (drones et missiles de croisière) dont certains "ont des caractéristiques techniques similaires à des armes fabriquées en Iran".

L'Iran, qui soutient les Houthis, a toujours démenti leur fournir des armes.

Lors de la négociation, le Royaume-Uni, qui avait repris les conclusions des experts, a d'abord abandonné toute identification de l'Iran. Londres a ensuite accepté in extremis, après une médiation de la France et de la Belgique, de supprimer toute référence à la similarité d'armes possédées par les Houthis avec de l'armement fabriqué dans la région, selon des diplomates.

- "Tactique de négociations" -

Lors des interventions, Rodney Hunter, pour les Etats-Unis, a accusé "l'Iran de passer (depuis des années) en contrebande des armes aux Houthis" en violation de l'embargo sur les armes imposé au Yémen comme de celui concernant Téhéran.

Pour leur part, le Royaume-Uni et la France ont vivement critiqué l'attitude, qui se répéte selon eux dans différents dossiers, de la Russie qui menace de son veto en proposant un texte concurrent pour imposer au final ses vues.

Le veto ne peut pas devenir "une tactique de négociations", s'est insurgée l'ambassadrice britannique Karen Pierce. "Quand on s'engage dans une négociation pour ne pas soutenir un texte à la fin, c'est une pratique tordue", a-t-elle dit en substance.

"Les résolutions de ce Conseil sont le fruit de compromis. Chacun doit donc faire des concessions et personne ne peut espérer obtenir tous les gains souhaités au début d'une négociation", a abondé son homologue français, Nicolas de Rivière.

Pour sa défense, l'ambasseur russe, Vassily Nebenzia, a dénoncé "une crise artificielle", en se plaignant que "toutes les préoccupations russes n'aient pas été prises en compte" par le Royaume-Uni. Evoquant des "méthodes de travail non constructives", il a souligné que l'approche ne pouvait pas être celle de "c'est à prendre ou à laisser".

La guerre oppose au Yémen depuis plus de cinq ans les Houthis, soutenus par l'Iran, et les forces du gouvernement, appuyées depuis 2015 par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Selon plusieurs ONG, elle a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils et provoqué d'après l'ONU la pire crise humanitaire au monde.

L'Arabie Saoudite lance un championnat féminin de football

Footballeuses saoudiennes s'entraînant dans un endroit secret à Riyad en Arabie Saoudite, le 21 mai 2012. Le 25 février 2018, la Fédération sportive a annoncé le lancement d'un championnat féminin. (AP Photo/Hassan Ammar)

La première saison de la compétition se déroulera à Jeddah, Ryad et Dammam, a annoncé mardi la Fédération sportive saoudienne.

"Le lancement (de la ligue) renforce la participation des femmes dans le sport et va générer une reconnaissance accrue des accomplissements sportifs des femmes", a déclaré la fédération.

Le lancement de ce championnat marque un changement drastique pour les femmes saoudiennes, qui n'ont été autorisées à entrer dans un stade de football pour assister à un match qu'en janvier 2018.

Le pays, qui a longtemps interdit aux femmes l'accès aux enceintes sportives, cherche désormais à booster la participation des femmes dans les compétitions.

Sous l'impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, l'Arabie Saoudite est récemment entrée dans un vaste programme de réformes économiques et sociales qui comprend un assouplissement des interdictions pesant sur les femmes.

Mort de Moubarak, raïs balayé par le Printemps arabe

L’ancien président égyptien Hosni Moubarak, au Caire, en Égypte, le 25 avril 2016 (Photo AP / Amr Nabil, archives)

L'ancien président Hosni Moubarak, maître absolu de l'Egypte pendant 30 ans, balayé en 2011 par le Printemps arabe, emprisonné, puis acquitté, est décédé mardi à l'âge de 91 ans, dans un hôpital militaire au Caire.

Depuis sa démission en février 2011 après 18 jours d'une révolte sans précédent contre son régime, la santé de l'ancien chef d'Etat avait fait l'objet de spéculations dans la presse et sur les réseaux sociaux.

Dépression, cancer, problèmes cardiaques ou respiratoires avaient été évoqués pour l'ex-président, régulièrement hospitalisé en soins intensifs.

Le 24 janvier, son fils Alaa Moubarak avait affirmé sur Twitter que son père avait subi une "opération chirurgicale" et qu'il se portait bien.

Mardi, la nouvelle de son décès à l'hôpital al-Galaa (est du Caire) a été confirmée par la famille et relayée par la télévision égyptienne, qui arbore depuis lors un ruban noir symbolique.

Selon les médias égyptiens, des funérailles militaires en l'honneur de M. Moubarak seront organisées mercredi à la mosquée al-Mouchir Tantaoui, à l'est du Caire.

Et les autorités ont décrété une période de deuil national de trois jours à compter de mercredi en hommage à celui qui est présenté par la présidence comme l'un "héros de la guerre d'octobre 1973 (NDLR: contre Israël)", durant laquelle M. Moubarak avait dirigé l'armée de l'air.

Traduit en justice

Emanant de l'ensemble du spectre politique égyptien, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux.

Mohamed el-Baradei, prix Nobel et figure de proue de l'opposition libérale à l'ancien autocrate, a notamment présenté ses condoléances à la famille du défunt.

Ayman Nour, opposant exilé en Turquie et ancien candidat à la présidentielle de 2012, a déclaré sur Twitter lui "pardonner personnellement".

L'ancien commandant en chef, à la tête pendant 30 ans d'un régime marqué par les abus policiers et la corruption, aura été le premier président du pays à être traduit en justice.

Il a toutefois été blanchi de la plupart des accusations qui pesaient contre lui.

Ses ennuis judiciaires ont été peu à peu éclipsés par l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans en 2012 et la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi par le général Abdel Fattah al-Sissi, devenu président l'année suivante.

Au fil des années, l'aversion des Egyptiens pour l'ex-président s'est petit à petit muée en une sorte d'indifférence mêlée de nostalgie, son règne étant perçu comme une période de stabilité révolue.

Le maintien contre vents et marées des accords de paix conclus en 1979 avec Israël et sa réputation de "modéré" au sein du monde arabe ont valu à son régime autocratique les faveurs de l'Occident, en particulier des Etats-Unis, dont il est resté un allié indéfectible.

Israël a été parmi les premiers pays à réagir au décès de Moubarak, le Premier ministre Benjamin Netanyahu rendant hommage à un "ami personnel, un leader qui a conduit son peuple à la sécurité et à la paix avec Israël".

Et le président palestinien Mahmoud Abbas a salué son engagement en faveur de la "liberté et de l'indépendance" du peuple palestinien, alors que l'Egypte de Moubarak avait joué un rôle de médiateur de premier plan durant les périodes de haute tension entre Palestiniens et Israéliens.

"Conscience tranquille"

Le prince héritier d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, a également présenté ses condoléances sur Twitter en qualifiant Moubarak de "dirigeant arabe qui a travaillé avec loyauté pour l'unité arabe, et la stabilité, et qui s'est opposé fermement au terrorisme".

Moubarak s'est montré un adversaire résolu des jihadistes d'Al-Qaïda et des Frères musulmans, sans pour autant parvenir à enrayer la montée de ces derniers.

Chef d'Etat égyptien resté le plus longtemps au pouvoir depuis l'abolition de la monarchie en 1953, il a maintenu en permanence l'état d'urgence.

Lors de son règne, incontesté jusqu'en 2011, l'ouverture des dernières années a valu à l'Egypte une amorce de décollage économique, mais aussi une aggravation des inégalités, du mécontentement social et de la corruption.

Il échappera à plusieurs tentatives d'assassinat, notamment en 1995 à Addis Abeba, quand des assaillants coupent la route à son cortège et criblent de balles son véhicule blindé transporté spécialement du Caire.

"Alors que ma vie approche de son terme, grâce à Dieu j'ai la conscience tranquille et je suis content d'avoir passé (ma vie) à défendre l'Egypte", avait-il déclaré lors d'un de ses procès.

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