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Iran: Washington dénonce une "menace crédible" et envoie un porte-avions

Le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche à Washington, le 3 mai 2019. REUTERS / Jonathan Ernst -

Les Etats-Unis ont pour la première fois porté leur campagne de pression contre l'Iran sur le terrain militaire en dépêchant au Moyen-Orient un porte-avions en réponse à une "menace crédible" de la part de Téhéran, au risque d'alimenter une dangereuse escalade.

Cette mise en garde américaine intervient tout juste un an après le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, auquel l'Iran pourrait "réagir" mercredi en annonçant des "mesures de réciprocité", selon l'agence semi-officielle iranienne Isna.

L'annonce du déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et d'une force de bombardiers est tombée dimanche soir par un communiqué de la Maison Blanche.

Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton y évoque de manière très vague une "réponse à des indications et à des avertissements inquiétants qui ont engendré une escalade", avant d'adresser "un message clair et sans équivoque au régime iranien: nous répondrons de manière implacable à toute attaque contre les intérêts des Etats-Unis ou de nos alliés".

"Les Etats-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien mais nous sommes totalement préparés à répondre à toute attaque, qu'elle soit menée par procuration, par les Gardiens de la Révolution", armée idéologique de la République islamique d'Iran, "ou par les forces régulières iraniennes", ajoute le conseiller du président Donald Trump.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan est allé lundi un peu plus loin en parlant d'un "redéploiement prudent" en "réponse à des indications d'une menace crédible de la part des forces du régime iranien".

Selon le site d'informations Axios, Israël --fervent défenseur d'une politique visant à isoler l'Iran-- a transmis récemment à Washington des renseignements de ses services au sujet de possibles projets visant "une cible américaine dans le Golfe ou des alliés des Etats-Unis comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis".

Mark Dubowitz, du cercle de réflexion Foundation for Defense of Democracies, favorable à une ligne dure à l'égard de l'Iran, évoque lui "un pic d'informations" collectées par le renseignement sur "des projets d'attaques", par exemple contre les troupes américaines en Irak ou en Syrie.

- "Guerre psychologique" -

Interrogé par des journalistes, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a refusé d'entrer dans le détail, se bornant à assurer que tout était fait à chaque instant pour éviter des "attaques" et pour "avoir la bonne posture de sécurité".

D'autres observateurs émettent des doutes quant à la portée de la menace.

Si la guerre des mots s'est intensifiée ces dernières semaines, notamment depuis que l'administration Trump a inscrit les Gardiens de la Révolution sur sa liste noire des "organisations terroristes" et a renforcé ses sanctions pour couper les exportations de pétrole iranien, "je n'ai vu aucun élément concret sur une quelconque nouvelle menace crédible contre les forces américaines", dit à l'AFP Barbara Slavin, de l'Atlantic Council, un autre groupe de réflexion de Washington.

Certains soulignent en outre que le déploiement de l'USS Lincoln est en fait une manoeuvre de routine, un argument repris par le gouvernement iranien qui assure avoir observé l'entrée en Méditerranée du porte-avions "il y a 21 jours". "La déclaration de Bolton fait un usage maladroit d'une ancienne nouvelle à des fins de guerre psychologique", a dénoncé le Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

La démarche américaine semble essentiellement vouée à renforcer la campagne de "pression maximale" contre la République islamique, alors que l'administration Trump peine à rassembler la vaste "coalition mondiale" qu'elle appelle de ses voeux contre Téhéran.

Donald Trump a en effet claqué la porte il y a tout juste un an, le 8 mai 2018, de l'accord international de 2015 censé empêcher l'Iran de fabriquer la bombe atomique, qu'il juge trop laxiste. Depuis, au grand dam de ses alliés européens qui restent très attachés à ce texte, le président des Etats-Unis n'a eu de cesse de renforcer ses sanctions contre le régime iranien.

Cette fois, la mise en garde américaine, bien que "purement rhétorique", "comporte en soi un risque dangereux d'escalade", d'autant qu'il n'y a aucun "canal de communication" entre Washington et Téhéran, prévient toutefois Barbara Slavin.

A tel point que certains se demandent s'il s'agit d'un geste inspiré par John Bolton, connu pour être un "faucon" partisan de la manière forte contre l'Iran. Sur le papier, les divergences sont d'ailleurs nombreuses entre ce conseiller va-t-en-guerre et le président républicain, qui répète à l'envi qu'il ne veut plus impliquer l'armée américaine dans de coûteux conflits à l'étranger.

Avec AFP

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La Chine lance son Nasdaq pour rivaliser avec les USA dans la tech

L'ex-chancelier de l'Echiquier britannique George Osborne prononçant un discours devant la Bourse de Shanghai, Chine, le 22 septembre 2015.

La Chine dispose désormais d'un équivalent à l'indice new-yorkais Nasdaq: les premières cotations ont débuté lundi sur une nouvelle plateforme de la Bourse de Shanghai dédiée aux valeurs du secteur technologique, qui fait l'objet d'une rivalité croissante entre Pékin et Washington.

Il s'agit de l'une des réformes les plus importantes du marché chinois, à l'heure où le géant asiatique s'efforce de rééquilibrer son modèle économique vers les nouvelles technologies et les produits à haute valeur ajoutée, et en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis.

Baptisé "STAR Market", le Nasdaq chinois dispose de règles d'introduction en Bourse considérablement assouplies pour aider les entreprises prometteuses à lever plus facilement des capitaux afin de financer leur développement.

L'objectif affiché est aussi de retenir en Chine continentale les pépites nationales de la tech, à l'heure où le géant asiatique rivalise avec les États-Unis pour dominer le crucial secteur technologique.

"Si la Chine n'avait pas lancé une nouvelle plateforme boursière dédiée aux valeurs technologiques, elle aurait raté une opportunité de basculer son développement économique vers celui de la nouvelle économie", estime Yang Delong, économiste en chef chez First Seafront Fund Management, basé à Shenzhen.

Les géants chinois Alibaba (commerce en ligne) et Baidu (moteur de recherche) se sont introduits il y a plusieurs années à Wall Street. Le mastodonte Tencent (internet) a lui choisi la Bourse de Hong Kong.

Lorsque de grandes entreprises chinoises sont cotées à l'étranger, Pékin a moins d'influence sur leurs levées de fonds. Les restrictions de la Chine sur l'achat d'actions étrangères empêche par ailleurs les investisseurs chinois de participer au succès de ces sociétés.

Plus de 3.000 sociétés sont actuellement cotées au Nasdaq à Wall Street, quand son équivalent chinois à Shanghai n'en compte pour le moment que 25, sans aucun nom connu.

Contrairement à la législation actuelle qui prévaut, le "STAR Market" permet à des entreprises n'ayant pas encore généré de bénéfices d'être cotées en Bourse.

Lors des cinq premiers jours de cotation, aucune limite de fluctuation journalière n'est imposée (elle est de 10% pour les Bourses de Shanghai et de Shenzhen). Après cette courte période, la limite sera toutefois fixée à 20%.

Ce projet de créer à Shanghai une plateforme boursière dédiée aux valeurs technologiques, sur le modèle de l'indice Nasdaq new-yorkais, avait été dévoilé en novembre par le président Xi Jinping.

Jusqu'alors, c'est surtout Shenzhen, deuxième place boursière de Chine continentale après Shanghai, qui se distinguait par la coloration technologique de sa cote.

Avec AFP

Presque 100% de participation à des élections locales en Corée du Nord

Des groupes d'animation le jour du scrutin dans un bureau de vote de Pyongyang, en Corée du Nord, le dimanche 10 mars 2019. (Photo AP / Dita Alangkara)

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a voté lors d'élections locales organisées dans tout le pays dimanche, avec une participation avoisinant les 100% comme lors de chaque scrutin en Corée du Nord.

En l'absence totale de compétition électorale, les analystes estiment que les opérations de vote tiennent lieu de rite qui permet aux autorités de revendiquer un mandat populaire et de renforcer la fidélité envers le régime.

D'après l'agence nord-coréenne KCNA, le taux de participation s'est élevé à 99,98%, soit 0,01% de mieux que lors des précédentes élections locales de 2015.

Seuls les électeurs "se trouvant à l'étranger ou travaillant en mer" n'ont pas pu prendre part au vote, a précisé l'agence officielle. En revanche, les "électeurs en proie à des problèmes liés à l'âge ou à la maladie ont pu glisser leur bulletin de vote dans des urnes mobiles".

Ces élections sont destinées à pourvoir des assemblées au niveau des provinces, des villes et des comtés. Généralement, 99% des électeurs votent "oui" pour des candidats uniques.

Kim Jong Un s'est rendu dans un bureau de vote de la province de Hamgyong Nord et a voté pour deux candidats, Ju Song Ho et Jong Song Sik se présentant à des responsabilités dans des comtés de la région, selon KCNA.

Il "les a chaudement encouragés à devenir les fidèles serviteurs du peuple en accomplissant leur devoir de manière à répondre aux espoirs du peuple", ajoute l'agence.

En 2014, le dirigeant suprême s'était lui-même porté candidat à l'Assemblée suprême du peuple (ASP), le Parlement nord-coréen. Il avait été élu avec 100% des voix dans la circonscription du Mont Paektu, un volcan à la frontière chinoise révéré comme le berceau mythique du peuple coréen.

Avec AFP

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