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Le Parlement iranien insatisfait des explications de Rohani sur la crise économique

Le président iranien Hassan Rouhani sort de son avion lors de son arrivée à Moscou, le 27 mars 2017.

Les députés iraniens ont exprimé mardi leur insatisfaction au président Hassan Rohani face aux difficultés économiques et sociales en Iran, lors d'une convocation inédite devant le Parlement.

Il s'agissait de la première convocation de M. Rohani devant les députés pour s'expliquer, dans un contexte rendu encore plus électrique par les développements sur le dossier du nucléaire et le rétablissement de sanctions américaines.

Cette audition, qui a duré près de deux heures, faisait également suite au limogeage, après un vote de défiance du Parlement, des ministres du Travail -le 8 août- et de l'Economie, dimanche.

Malgré les tentatives d'explications du président, les élus ont ensuite exprimé leur profonde insatisfaction sur quatre des cinq dossiers soumis à un vote.

"On ne devrait pas dire que nous faisons face à une crise. Il n'y a pas de crise. Si on dit cela, ça va se transformer en un problème de société et ca sera véritablement une menace", a argué Hassan Rohani, qui fait face aux critiques à la fois des conservateurs et des réformateurs.

Selon les règles du Parlement, les questions pour lesquelles les députés n'ont pas obtenu de réponses satisfaisantes seront soumises à la justice pour avis.

M. Rohani, un modéré, n'a pas présenté lors de cette séance de nouvelles propositions pour sortir le pays du marasme.

"Vous pouvez parler de l'emploi, de la devise étrangère, de la récession, de la contrebande. Je crois que le problème est la vision que notre peuple a de son avenir", a-t-il affirmé.

"Les gens n'ont pas peur des Etats-Unis. Ils ont peur de notre désunion. Si les gens voient qu'on est uni, ils réaliseront que leurs problèmes seront résolus", a encore fait valoir le président.

Le retrait des Etats-Unis de l'accord nucléaire de 2015 et le récent rétablissement de sanctions ont renforcé les difficultés et fragilisé le président modéré, réélu l'année dernière après un premier mandat de quatre ans.

Par peur des sanctions américaines, un grand nombre de groupes internationaux ont déjà annoncé leur retrait du pays, à l'instar des groupes français Total, Peugeot et Renault, et des allemands Siemens et Daimler.

"Qu'avons nous fait avec cette nation? Nous l'avons rendue misérable (...). La classe moyenne s'approche de la pauvreté", a déploré dimanche Elias Hazrati, un député du camp réformateur.

Les opposants conservateurs au président Rohani, hostiles depuis longtemps à sa volonté de rapprochement avec les pays occidentaux et de souplesse en matière de libertés civiles, imputent en outre la crise à la corruption.

Le Parlement a légalement le pouvoir de destituer M. Rohani. Mais le président continue -jusqu'à nouvel ordre- de bénéficier du soutien du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Avec AFP

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Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

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Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

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