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Indignation en Irak après des raids américains meurtriers contre des pro-Iran

Le site de l'une des cibles du raid des forces américaines à Qaim, en Irak, le 30 décembre 2019.

Bagdad menace de "revoir" ses relations avec Washington, des députés appellent à bouter ses soldats hors d'Irak et des manifestants brûlent ses drapeaux: la mort de 25 combattants pro-Iran dans des raids de représailles américains suscitait lundi l'indignation en Irak.

Le gouvernement s'est dit forcé de "revoir ses relations et son cadre de travail" avec Washington qui compte 5.200 soldats en Irak, pays qu'il a envahi en 2003 avant de s'en retirer en 2011 pour revenir à la tête de la coalition antijihadistes trois ans plus tard.

Aujourd'hui, après 25 morts dans des raids américains contre une faction pro-Iran intégrée aux troupes irakiennes et un sous-traitant américain tué dans la dernière d'une dizaine d'attaques à la roquette, les relations entre les deux alliés traversent de fortes turbulences.

Bagdad dit qu'il va convoquer l'ambassadeur américain, Washington répond que l'Irak n'a pas su "protéger" ses soldats et diplomates, présents "à (son) invitation".

Dans une conversation téléphonique, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le secrétaire d'Etat américain John Pompeo affirment que "le régime iranien et ses alliés continuent à être une force destabilisante dans la région et que les nations ont le droit de se défendre face à de telles menaces", a indiqué la porte-parole du Département d'Etat Morgan Ortagus.

Car, pour les Américains, la menace la plus sérieuse aujourd'hui, ce ne sont plus les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) mais les combattants du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires anti-EI désormais intégrée aux forces irakiennes.

Ils accusent les brigades du Hezbollah, l'une des factions les plus proches de l'Iran au sein du Hachd, de plusieurs tirs de roquettes contre leurs intérêts et ont bombardé leurs bases pour "envoyer un message très clair sur l'importance que nous accordons aux vies américaines", explique le secrétaire d'Etat adjoint chargé du Moyen-Orient, David Schenker.

"Les forces américaines ont agi en fonction de leurs priorités politiques et non de celles des Irakiens", dénonce le gouvernement irakien. Celui-ci fait face depuis trois mois à une révolte dont le mot d'ordre est "On veut notre pays", en réponse aux ingérences extérieures dans un pays où les politiciens s'accusent mutuellement d'allégeance à Washington, Téhéran, Ryad ou Istanbul.

Les raids des Etats-Unis font passer pour le moment au second plan la révolte inédite contre le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien, qui semble jusqu'ici le grand vainqueur du jeu d'influence contre les Etats-Unis.

Dans la quasi-totalité des villes du sud du pays, des manifestants ont conspué Washington, brûlant ou piétinant des drapeaux américains.

Les brigades du Hezbollah ont annoncé des obsèques publiques mardi à Bagdad, près de la Zone verte où siège l'ambassade américaine, et celles-ci pourraient se transformer en démonstration de force.

Pour Téhéran, ces frappes montrent le "soutien au terrorisme" des Etats-Unis.

- "Dégager l'ennemi américain" -

En Irak, des dizaines de députés ont signé un appel pour que soit réexaminé l'accord de coopération américano-irakien encadrant la présence de 5.200 soldats américains dans le pays.

Les brigades du Hezbollah ont appelé à "dégager l'ennemi américain" tandis qu'une autre faction pro-Iran, Assaïb Ahl al-Haq, a jugé que la présence militaire américaine était devenue "une source de menace" qu'il fallait "tout faire pour expulser". Et même les partis d'opposition, réputés proches de Washington, ont dénoncé les frappes américaines.

En soirée, le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a reconnu en avoir été informé peu avant qu'elles n'aient lieu par M. Esper.

"Nous avons essayé de prévenir des commandants", a-t-il poursuivi, visiblement en vain, étant donné l'important bilan humain et les dégâts matériels.

Les attaques contre des intérêts américains ou des bases des pro-Iran font aussi redouter ce contre quoi les dirigeants irakiens mettent en garde depuis des mois: que leurs deux alliés américain et iranien utilisent l'Irak comme champ de bataille.

"Les autorités doivent empêcher que l'Irak ne devienne un espace où régler ses comptes", a prévenu le bureau du grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique irakienne.

De son côté, Moscou a mis en garde contre une escalade qui "pourrait fortement déstabiliser" un Moyen-Orient en pleine tourmente.

- Révolte contre Bagdad et Téhéran -

L'Irak lui-même est déjà le théâtre d'une révolte populaire qui réclame la mise à bas du système politique installé par les Américains en 2003 et désormais noyauté par les Iraniens.

Ce mouvement marqué par près de 460 morts et 25.000 blessés a entraîné une crise politique, dans laquelle l'Iran joue un rôle central.

Depuis la démission du gouvernement il y a un mois, Téhéran et ses alliés en Irak poussent pour placer un de leurs hommes à la tête du futur cabinet. En face, le président Barham Saleh menace de démissionner à son tour.

Les manifestants restent mobilisés à Bagdad et paralysent toujours administrations et écoles dans la quasi-totalité des villes du Sud.

Et ce, malgré une vaste campagne d'intimidation, menée selon l'ONU par des "milices" qui assassinent, enlèvent et menacent militants et manifestants. Lundi soir une nouvelle figure de la contestation a été abattue par balles à Nassiriya (sud), selon des sources policières.

L'un des derniers messages sur Facebook d'Ali al-Khafaji avant son assassinat affirmait: "Celui qui a donné un prétexte aux Américains pour tuer nos fils, c'est celui qui a tiré 30 roquettes sur leur base".

Avec AFP

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Les députés russes commencent à examiner les amendements de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 03 mars 2018.

Pas de temps à perdre: les députés russes examinent jeudi en première lecture les amendements constitutionnels annoncés la semaine dernière par Vladimir Poutine et soumis lundi au Parlement, une réforme qui ne devrait rencontrer aucune opposition sérieuse.

Le président russe a pris tout le monde de court le 15 janvier avec cette refonte de la Constitution qui promet entre autre de donner de nouvelles prérogatives au Parlement, limiter à deux le nombre de mandats que peut exercer le chef de l'Etat et créer un Conseil d'Etat aux pouvoirs accrus.

Depuis, les séquences s'enchaînent à une vitesse inhabituelle dans le train-train politique russe: l'ex-Premier ministre Dmitri Medvedev a démissionné, immédiatement remplacé par un haut-fonctionnaire inconnu du grand public, Mikhaïl Michoustine, qui a nommé mardi son nouveau cabinet où les postes clés n'ont pas changé de main.

Dans une Douma - la chambre basse du Parlement russe - entièrement contrôlée par les forces pro-Kremlin, l'adoption des amendements voulus par Vladimir Poutine ne fait guère de doute.

Ceux-ci ont été proposés lundi, à peine cinq jours après la formation d'un "groupe de travail" censé plancher sur cette réforme mais qui ne s'est réuni que deux fois. Une de ses membres, Elena Alchanskaïa, a clairement laissé entendre que la loi avait été écrite à l'avance.

"Je n'ai pas travaillé" sur les amendements, a écrit sur Facebook cette présidente d'un fonds d'aide aux orphelins: "Très clairement, notre rôle est seulement représentatif".

La Douma doit adopter ce projet de loi en trois lectures. Selon le chef de la commission des lois, Pavel Kracheninnikov, la deuxième lecture aura lieu dès mi-février.

Le texte sera ensuite approuvé par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, puis signé par le président Poutine. Le Kremlin a aussi promis qu'un vaste débat public serait organisé et que les Russes auront à se prononcer sur le texte par un vote.

- "Régime présidentiel fort" -

Dans son adresse à la Nation, Vladimir Poutine avait exposé ses réformes en les jugeant "importantes pour le développement futur de la Russie" et le texte soumis au Parlement reprend les grandes lignes de son discours.

Il propose ainsi de transférer certaines prérogatives au Parlement, comme celle de choisir le Premier ministre. Il muscle aussi le rôle d'un organe jusqu'alors consultatif, le Conseil d'Etat, laissant place à des spéculations selon lesquelles celui-ci pourrait devenir le coeur du régime.

Autre innovation, les juges, les élus et responsables politiques au niveau fédéral auront l'interdiction de posséder une nationalité étrangère ou un permis de séjour permanent dans un autre pays. Le texte renforce aussi certains pouvoirs du président, qui pourra par exemple refuser de signer une loi adoptée par deux tiers des députés.

Pour beaucoup d'analystes, Vladimir Poutine organise avec cette réforme l'après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence dans le pays qu'il pilote depuis 20 ans.

En visite mercredi dans la région de Lipetsk, au sud de Moscou, le président a répété que la Russie "a besoin d'un régime présidentiel fort". Si certains experts estiment que la réforme renforcera en effet le caractère présidentiel du système politique, d'autres assurent que celui-ci ne sera modifié qu'à la marge.

Et pour le politologue Gleb Pavlovsky, Vladimir Poutine n'a aucune intention de quitter son poste avant 2024, comme certaines rumeurs l'affirment: "Ce qu'il fait là, c'est un acte de pouvoir et pas de sortie. Il crée un système de pouvoir encore plus compliqué où seul lui pourra être le guide".

Coronavirus en Chine : l'OMS se réunit en urgence

Coronavirus en Chine : l'OMS se réunit en urgence
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Climat: à Davos, Trump fustige les "prophètes de malheur" devant Greta Thunberg

Le président Donald Trump, à l'ouverture du Forum économique mondial, le 21 janvier 2020, à Davos, en Suisse.

Le président américain Donald Trump a fustigé les "prophètes de malheur" et les "prédictions d'apocalypse" lors d'un discours mardi à Davos, auquel assistait la militante du climat Greta Thunberg.

"Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse", a-t-il dit lors du Forum économique mondial, peu après que la jeune Suédoise eut regretté que "rien n'ait été fait" pour enrayer le changement climatique.

Après avoir débité sur un ton plutôt monocorde une longue liste de réussites économiques et sociales, ayant valu aux Etats-Unis "un boom comme on n'en a jamais vu auparavant", le président américain a vanté l'abondante production d'hydrocarbures des Etats-Unis, "numéro un mondial du gaz et du pétrole", et leur indépendance énergétique. Sans jamais mentionner les énergies renouvelables.

A terme de ce véritable discours de campagne, le milliardaire, qui brigue sa réélection et qui fait face à un procès pour destitution, a estimé que "la peur et le doute (n'étaient pas) de bons modes de pensée", louant l'innovation technologique plutôt que la régulation.

Difficile de ne pas voir dans son allocution un message aux activistes de l'environnement et en particulier à Greta Thunberg, qui, selon le New York Times, devrait elle répéter dans l'après-midi dans une allocution qu'il est temps de "paniquer" parce que la "maison brûle".

Ces expressions avaient déjà impressionné l'élite économique et politique de Davos lors de la première participation l'an dernier de la jeune Suédoise.

Virus chinois: la Corée du Nord va se fermer aux touristes

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine.

La Corée du Nord va fermer ses frontières aux touristes pour se protéger du coronavirus apparu dans la Chine voisine, a annoncé mercredi une agence de voyage.

Plusieurs pays ont renforcé les contrôles aux aéroports en raison de cette épidémie repérée en décembre dans la ville chinoise de Wuhan et qui s'est propagé ailleurs en Asie et jusqu'aux Etats-Unis.

Le bilan du nouveau coronavirus, qui est de la même famille que le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) qui avait fait 774 morts en 2002-2003, s'est encore alourdi mercredi en Chine, où les autorités ont fait état de neuf morts et averti que le virus pourrait "muter" et se propager plus facilement.

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine, et leur nombre a augmenté l'année passée en raison d'un réchauffement des relations entre les deux voisins. Un afflux de visiteurs qui est pour le Nord une précieuse source de devises étrangères.

Mais à compter de mercredi, la Corée du Nord "va temporairement fermer sa frontière à tous les touristes étrangers par mesure de précaution face au coronavirus", a annoncé dans un communiqué l'agence de voyage basée en Chine, Young Pioneer Tours, qui est spécialisée dans les séjours en Corée du Nord.

Elle a ajouté qu'elle ignorait les détails de cette mesure.

Koryo Tours, numéro un des voyages au Nord pour les touristes occidentaux, a dit être "informé de ce que des mesures étaient envisagées", en précisant attendre de plus amples informations mercredi.

Ce ne serait pas la première fois que Pyongyang ferme sa frontière aux touristes du fait d'une épidémie.

En octobre 2014, elle avait fait de même pour se protéger du virus Ebola, alors même qu'aucun cas n'avait été détecté en Asie. Elle avait aussi décidé d'une période de quarantaine de 21 jours pour tous les étrangers entrant sur son sol, y compris les diplomates et les hommes d'affaires.

Le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun ne fait cependant mercredi état d'aucune mesure particulière des autorités face au virus chinois. Mais il mentionne bien l'épidémie en Chine, en indiquant qu'elle s'est "rapidement propagée" et que les autorités chinoises ont pris des "mesures correspondantes".

Le système de santé nord-coréen est peu développé, et le pays souffre de pénuries chroniques de médicaments.

Quand l'épidémie de coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) s'était déclarée en 2015 en Corée du Sud, le Nord avait annoncé des mesures "draconiennes" pour tenir l'épidémie à distance. Des médias avaient rapporté que Pyongyang avait pendant des mois interdit à ses diplomates et travailleurs expatriés de rentrer au pays.

Pyongyang avait également suspendu les voyages organisés étrangers lors de l'épidémie de Sras.

Le virus qui inquiète l'OMS fait un quatrième mort en Chine

Des membres du personnel médical transportent un patient à l'hôpital de Jinyintan, où des patients infectés par un mystérieux virus semblable au SRAS sont traités, à Wuhan dans la province centrale du Hubei en Chine le 18 janvier 2020. (Photo by STR / AFP)

La Chine a annoncé mardi un quatrième mort victime d'un mystérieux virus semblable au Sras et transmissible entre humains, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'apprêtait à tenir une réunion d'urgence.

Les autorités sanitaires ont indiqué qu'un homme de 89 ans avait succombé à des difficultés respiratoires à Wuhan (centre), ville de 11 millions d'habitants où la grande majorité des contaminations ont jusqu'à présent été recensées. Dans toute la Chine, il y en a eu plus de 200.

Le virus, de la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), touche désormais plusieurs grandes villes du pays - dont Pékin et Shanghai - et trois autres pays d'Asie: Japon, Corée du Sud et Thaïlande.

Zhong Nanshan, un scientifique chinois renommé de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir à la télévision publique CCTV que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'est la première fois qu'une telle affirmation est faite publiquement.

L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

M. Zhong avait aidé à évaluer l'ampleur de l'épidémie de Sras en 2002-2003 qui avait très durement touchée la Chine.

- "Enrayer la maladie" -

Sur 8.096 cas, ce virus avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a donné lundi le signal d'une mobilisation du pays.

Il a appelé à enrayer l'épidémie, selon des propos rapportés par la télévision nationale. M. Xi a jugé "absolument crucial de faire un bon travail en matière de prévention et de contrôle épidémiologiques".

Les consignes n'ont pas tardé à être appliquées.

Pékin a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras. L'isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée, et des mesures de quarantaine peuvent être décrétées.

La ville de Wuhan a recensé mardi 15 contaminations parmi le personnel médical.

L'Organisation mondiale de la santé tiendra mercredi à Genève une réunion d'urgence consacrée au mystérieux virus.

Un comité ad hoc doit se réunir au siège de l'organisation pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", a annoncé lundi l'organisation.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la fièvre Ebola, qui a touché une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient aux aéroports accueillant des vols en provenance de Wuhan, notamment aux Etats-Unis, en Thaïlande, à Singapour, et en Australie.

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