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"Il n'y aura plus d'élections frauduleuses au Togo" déclare l'opposition togolaise


Conférence de presse de la coalition de l’opposition à Lomé, Togo, 8 décembre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Au lendemain de la visite des présidents ghanéen et guinéen, facilitateurs pour résoudre la crise politique qui secoue le Togo depuis près d'un an, l'opposition a rejeté la tenue d'élections législatives d'ici la fin de l'année, comme le préconisent les négociateurs.

Jean-Pierre Fabre, chef historique de l'opposition s'est adressé au gouvernement togolais, qui souhaite la tenue d'élections dans les prochains mois: "Je le mets au défi si les élections auront lieu ou non le 28 novembre 2018", date retenue par les facilitateurs du dialogue entre le pouvoir et l'opposition.

Brigritte Adjamagbo-Johnson, autre grande figure de l'opposition togolaise, a appelé le gouvernement à arrêter de se faire des "illusions", lors d'une conférence de presse tenue à Lomé. "Il n'y aura plus d'élections frauduleuses au Togo", a-t-elle asséné.

>> Lire aussi : Timide reprise du dialogue entre l'opposition et le pouvoir au Togo

Selon la présidence togolaise, "les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé ont pris actes des préoccupations des acteurs politiques togolais et réaffirmé la nécessité de tenir les élections avant la fin novembre 2018", a-t-elle fait savoir dans un communiqué. "Cette décision était très attendue, les élections ne pouvant être sans cesse repoussées."

L'opposition n'a pas encore désigné ses représentants à la Commission électorale nationale indépendante (Céni), car elle s'estime lésée dans sa composition et souhaite qu'elle soit rééquilibrée dans le cadre des réformes institutionnelles prévues par le dialogue, ce qui n'a pas été fait au cours des précédentes rencontres.

La présidence togolaise s'est également réjouie de l'annulation de la politique de "transition exigée par l'opposition" lors de cette 4ème journée de pourparlers entre le gouvernement, le parti au pouvoir et une coalition de 14 partis d'opposition, depuis le mois de février.

>> Lire aussi : La crise politique s'enlise au Togo

"Exit l'exigence de l'engagement du chef de l'Etat à ne pas se présenter en 2020", pouvait-on lire dans un communiqué à l'issue de la visite des facilitateurs.

Depuis septembre, des dizaines de milliers de Togolais sont descendus à de nombreuses reprises dans les rues à l'appel de l'opposition pour réclamer le départ du président Faure Gnassingbé et l'application de la Constitution de 1992 qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Le président Gnassingbé, qui a succédé à son père après 38 ans à la tête du pays, est au pouvoir depuis 2005 et a été réélu depuis dans des scrutins contestés par l'opposition.

Les facilitateurs ghanéen et guinéen vont désormais rédiger un rapport et présenteront leurs conclusions au prochain sommet de la CEDEAO (Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), dont Faure Gnassingbé est actuellement le président en exercice.

L'opposition a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne se sentait pas "concernée" par le communiqué des facilitateurs. "Ce n'est pas un accord", a martelé M. Fabre, "C'est un simple communiqué".

Avec AFP

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