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Mali

Huit Casques bleus burkinabè blessés près de Tombouctou

Une vue aérienne montre la mosquée Djinguereber à Tombouctou au Mali, le 16 janvier 2020.

Huit Casques bleus de la mission des Nations unies au Mali (Minusma) ont été blessés jeudi dans l'explosion d'une mine dans la région de Tombouctou, en proie à des violences de groupes jihadistes, a annoncé l'ONU.

Les blessés font partie du contingent burkinabè de la Minusma, a précisé à l'AFP un responsable de l'ONU sous le couvert de l'anonymat.

"Une patrouille de sécurisation des Casques bleus a heurté une mine/engin explosif aujourd'hui vers 13h [autant en GMT] aux environs de Ber", à une cinquantaine de kilomètres de Tombouctou, a tweeté le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado. Les huit soldats de la paix ont été évacués, a-t-il ajouté.

En juin, quatre Casques bleus ont été tués par des engins explosifs, l'une des armes de prédilection des jihadistes contre la Minusma et les forces maliennes. L'un d'entre eux est mort dimanche à Kidal.

Avec ses quelque 13.000 soldats, la Minusma, créée en 2013 pour soutenir le processus politique malien, est la mission de maintien de la paix de l'ONU ayant subi le plus de pertes humaines. Des négociations sont actuellement menées pour renouveler son mandat.

Au total, 175 Casques bleus sont morts dans des actes hostiles au Mali.

Un récent rapport du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres note que la région de Tombouctou a connu un "calme relatif" ces tout derniers mois alors que le centre du pays continuait à subir un niveau élevé de violence et que la région dite des trois frontières avec le Niger et le Burkina Faso (nord-est) accusait une "importante détérioration" sécuritaire.

Le Mali a connu au cours du week-end un de ses pires carnages de civils, qui est aussi la dernière tuerie en date d'une série en cours à travers le Sahel. Selon le gouvernement, 132 civils ont été tués par des jihadistes à Diallassagou et dans deux localités environnantes du centre du pays.

Le Mali est plongé dans une profonde crise sécuritaire, politique et humanitaire depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012. La propagation jihadiste a gagné le centre et les pays voisins. S'y ajoutent les violences intercommunautaires et à caractère criminel.

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Au Sahel, vers une présence militaire française discrète

Des soldats français de l'opération Barkhane sur la base militaire française de Tombouctou, au Mali, le 5 décembre 2021.

Poussée hors du Mali après neuf ans de lutte antijihadiste, l'armée française veut continuer à coopérer avec le Niger et d'autres pays du Sahel et d'Afrique de l'Ouest, mais plus discrètement par souci d'acceptabilité, et dans un périmètre qui reste encore flou.

Hier partenaire-clé de Bamako, l'ancienne puissance coloniale est désormais persona non grata et s'apprête à quitter le pays d'ici quelques semaines. La junte au pouvoir depuis 2020 a poussé dehors l'armée française et a fait appel aux Russes, via la sulfureuse société paramilitaire Wagner.

Le bilan est mitigé: si l'opération Barkhane, qui a succédé à l'opération Serval en 2013, a obtenu de beaux succès tactiques en supprimant de nombreux chefs jihadistes et en entravant la marge de manoeuvre des groupes armés, l'Etat malien n'a jamais transformé l'essai en apportant des réponses politiques. Conséquence: les violences continuent de s'intensifier et le sentiment anti-français a gagné du terrain.

La France entend désormais tirer les leçons de cet engagement pour éviter les écueils passés. "Nous avons certes fait monter en puissance l'armée malienne, mais nous avons parfois agi à sa place. C'est terminé", confie à l'AFP le commandant de Barkhane, le général Laurent Michon, qui sera remplacé en août par le général Bruno Baratz.

Réorganisation des forces françaises de Barkhane du Mali au Niger
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"On change de paradigme, avec une présence partenariale plus discrète. Aujourd'hui, se déployer avec une armada n'est plus dans l'air du temps", résume le colonel Hubert Beaudoin, sous-chef opérations de Barkhane.

Désormais l'armée française offrira son soutien, mais en deuxième ligne. Une manière de réduire la visibilité de son action, qui agit comme un irritant dans les sociétés africaines, tout en maintenant une présence dans cette zone d'influence historique.

Une fois désengagée du Mali, la France aura divisé par deux sa présence au Sahel en ne maintenant que 2.500 militaires environ dans la région. Au Niger, nouveau partenaire privilégié, les Français maintiendront plus d'un millier d'hommes, une antenne chirurgicale - auparavant déployée à Gao - et des capacités aériennes (3 avions de chasse, 6 drones armés, 4 à 6 hélicoptères) pour fournir un appui feu et du renseignement à leurs partenaires.

Compétition stratégique

Un PC dédié s'occupera depuis Niamey de gérer le "partenariat de combat" entre les forces armées nigériennes (FAN) et quelque 250 soldats français, déployés ensemble depuis un an à proximité de la frontière avec le Mali où les Nigériens ont établi une série de postes militaires.

"Aujourd'hui on inverse complètement la relation partenariale: c'est le partenaire qui décide de ce qu'il souhaite faire, des capacités dont il a besoin et qui commande lui-même les opérations effectuées avec notre appui", explique le général Hervé Pierre, commandant du PC Partenariat. "C'est la meilleure des voies pour continuer à agir efficacement à leurs côtés sans alimenter les délires de certains sur les réseaux sociaux", insiste-t-il.

L'état-major est en revanche peu disert sur les autres coopérations à la carte (partenariat de combat, formation, conseil, appui) proposées aux pays de la région, notamment aux pays du golfe de Guinée (Bénin, Togo...). "Des échanges sont en cours entre les capitales africaines, Paris et les capitales européennes", commente seulement le commandant de Barkhane.

Volonté de discrétion pour ne pas bousculer les partenaires potentiels, mais aussi manque de directives claires de l'exécutif français sur la suite des opérations, note un officier: "On attend les ordres du politique. Entre la présidentielle et les législatives, c'est compliqué".

L'état-major français de l'opération qui succèdera à Barkhane sera pour l'heure maintenu à N'Djamena, au Tchad, avec lequel la France a un accord de défense. Mais ses effectifs seront allégés.

Quant au Burkina Faso, où 34 civils ont encore été tués au cours du week-end, il est "preneur de notre aide mais reste frileux de nous voir densifier notre présence terrestre au-delà de Sabre", un contingent de forces spéciales françaises basé dans la région de Ouagadougou, souligne un haut gradé.

Au-delà d'aider à contenir les violences jihadistes qui menacent de s'étendre jusqu'au golfe de Guinée, l'enjeu pour Paris du maintien d'une présence militaire française est d'éviter un déclassement stratégique, à l'heure d'une compétition accrue sur la scène internationale. En Afrique de l'Ouest, les Russes mènent une stratégie agressive d'influence à coup de campagnes massives de désinformation anti-française.

"Les attaques menées par Wagner sur les réseaux sociaux dépassement largement le Mali et se répandent en Afrique", avertit le renseignement militaire de Barkhane. "On a redécouvert ce danger mais c’est un des ressorts de la guerre". Or "la France, acteur diplomatique et militaire incontournable dans la région, justifie en Afrique de l'Ouest comme nulle part ailleurs dans le monde son statut de puissance moyenne d'influence globale", fait valoir dans un récent rapport Elie Tenenbaum, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

Trois enfants parmi les 22 migrants morts au large des côtes libyennes

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Deux Casques bleus tués dans une explosion au nord du Mali

Les engins explosifs improvisés (EEI) sont l'une des armes de prédilection des jihadistes contre la Minusma et les forces maliennes. (photo d'illustration)

Deux Casques bleus de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) ont été tués et cinq autres grièvement blessés mardi dans l'explosion d'une mine dans le nord du pays en proie à des violences jihadistes, a annoncé la Minusma.

"Ce matin, un véhicule blindé d’un convoi logistique de la Minusma a heurté une mine sur l’axe Tessalit-Gao", a indiqué l'organisation dans un communiqué. "Ce sont deux Casques bleus égyptiens" qui ont été tués à une soixantaine de kilomètres de Gao, a assuré un responsable de la Minusma sous couvert de l'anonymat. "Une force d'intervention rapide a été envoyée sur les lieux et les blessés ont été évacués", a ajouté l'ONU.

Les engins explosifs improvisés (EEI) sont l'une des armes de prédilection des jihadistes contre la Minusma et les forces maliennes. Avec ses quelque 13.000 soldats, la Minusma, créée en 2013 pour soutenir le processus politique malien, est la mission de maintien de la paix de l'ONU ayant subi le plus de pertes humaines. Le Conseil de sécurité a prolongé mercredi sa mission d'un an.

Au total, 177 de ses Casques bleus sont morts dans des actes hostiles, dont quatre en juin. Huit autres Casques bleus ont aussi été blessés par mine dans la région de Tombouctou le 23 juin.

Le Mali, pays pauvre et enclavé au coeur du Sahel, a été le théâtre de deux coups d'État militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

Le pays est dirigé par une junte qui s'est détournée de la France et de ses partenaires, et s'est tournée vers la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre ainsi que le Burkina Faso et le Niger voisins. Ces violences ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés.

Réorganisation des forces françaises de Barkhane du Mali au Niger

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Les forces françaises de Barkhane quittent le Mali et réorganisent troupes et matériel depuis la base aérienne projetée de Niamey, où un partenariat avec l'armée nigérienne doit permettre de continuer à lutter contre les groupes armés terroristes de cette zone sahélienne.

Levée des sanctions de la Cédéao: réactions des Bamakois

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La Cédéao a enfin levé les sanctions contre le Mali. Cette décision malgré les réserves qu’elle comporte est saluée par les populations qui n’en pouvaient plus de vivre les conséquences de ces sanctions.

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