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Huit arrestations pour avoir prévu de perturber "par les armes" le référendum au Burundi


Des policiers et militaires burundais lors de manifestations à Bujumbura, le 13 mai 2015

La police burundaise a annoncé avoir arrêté huit "criminels" ayant, selon elle, prévu de perturber "par les armes" le très contesté référendum constitutionnel du 17 mai, qui doit permettre au président Pierre Nkurunziza de potentiellement rester au pouvoir jusqu'en 2034.

Selon Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police, les forces de l'ordre ont découvert jeudi matin deux armes automatiques et des munitions lors d'une "fouille-perquisition" au domicile d'un suspect dans la province de Bujumbura rural (ouest).

"Notre enquête a permis d'arrêter sept autres personnes, soit huit au total qui avaient le même objectif de perturber le prochain référendum par l'usage des armes à feu", a accusé le porte-parole.

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Les huit suspects ont été présentés à la presse vendredi dans les locaux du très redouté Service national de renseignement (SNR), assis par terre et menottés deux par deux, selon les images diffusées par la police sur les réseaux sociaux. Les deux armes automatiques, des kalachnikovs, étaient posées devant eux.

L'enquête en cours va se poursuivre pour découvrir notamment "qui est derrière ce mouvement criminel", a ajouté M. Nkurikiye, suggérant d'éventuels liens avec "certains politiciens qui ont déjà manifesté à travers les médias leur intention de perturber ce référendum par tous les moyens, y compris les armes".

Le porte-parole faisait ainsi référence à l'opposition en exil, vent debout contre une révision de la Constitution qui va, selon elle, enterrer l'accord de paix signé à Arusha en 2000 et ayant ouvert la voie à la fin d'une décennie de guerre civile.

Les autorités affirment par ailleurs que des attaques sont en préparation depuis des pays voisins, notamment le Rwanda, raisons pour lesquelles, selon des sources administratives et militaires, des renforts militaires ont été envoyés dans des zones frontalières avec ce pays (nord) et la République démocratique du Congo (ouest).

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Ce déploiement provoque de fortes tensions au sein de la population, qui dénonce également l'augmentation des patrouilles des Imbonerakure, la très contestée ligue des jeunes du parti au pouvoir, que l'ONU qualifie de milice.

L'annonce en avril 2015 de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat avait plongé le Burundi dans une crise politique qui a fait depuis au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, et sur laquelle la Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

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Le gouvernement a adopté fin octobre 2017 un projet de révision de la Constitution, soumis à référendum, qui permettrait au président Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer à partir de 2020 deux mandats de sept ans. Le projet a été critiqué par la communauté internationale, notamment l'Union africaine.

Avec AFP

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