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Hommage rendu en France aux héros africains de la Grande Guerre

Le président français Emmanuel Macron à Pont-a-Mousson, France, 5 novembre 2018.

Emmanuel Macron inaugure mardi à Reims (nord-est) un monument aux héros africains de la Grande Guerre, symbole d'une reconnaissance par l'Etat français de l'engagement des tirailleurs africains, jugée tardive par plusieurs chercheurs.

Au sommet d'un piédestal ajouré, quatre tirailleurs africains du corps d'armée colonial scrutent l'horizon autour d'un drapeau français enroulé, porté par un officier blanc.

Le monument, érigé une première fois en 1924 avant d'être détruit, rend hommage à la résistance des tirailleurs sénégalais au sein du 1er Corps de l'armée coloniale qui avait notamment été décisive en 1918, en arrêtant l'offensive allemande qui fonçait sur Reims, dernier rempart avant Paris.

Le premier contingent de "tirailleurs" (de "tir" et "ailleurs"), ainsi appelé par raillerie parce que ratant souvent leur cible, était composé d'engagés du territoire du Sénégal.

Mais, "une grande partie des tirailleurs était venue du réservoir d'hommes que constituaient le Haut-Sénégal et le Niger", soit "le Mali et Burkina Faso actuels", souligne Cheikh Sakho, un professeur d'anglais d'origine sénégalaise qui a consacré une thèse sur les représentations des tirailleurs.

Au total, on recensa plus de 200.000 tirailleurs lors de la Première guerre mondiale.

- "Amnésie" -

Du monument originel de 1924, composé d'un bloc de granit de quatre mètres de haut, il ne reste plus que des photos d'archives et des coupures de presse de son inauguration, célébrant la bravoure des soldats indigènes sur fond d'exaltation de l'empire colonial français.

Son histoire a ensuite été mouvementée: en 1940, il est envoyé en Allemagne où le bronze est fondu par les nazis car il renvoyait à la "honte noire" quand en 1920 une partie de l'Allemagne "était occupée par 100.000 soldats des colonies", selon Cheikh Sakho.

Remplacé par une stèle en 1958 puis un nouveau monument non figuratif cinq ans plus tard, ce n'est qu'en 2013 grâce à l'investissement d'une association qu'une copie en bronze de l'originale est réinstallée.

Cette réplique qu'inaugure Emmanuel Macron aux côtés de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta signe le retour des visages de ces héros de "l'armée noire" à Reims et dans la mémoire collective.

Mais ces soubresauts révèlent aussi la "tardive et timide" reconnaissance par la France de la contribution africaine, estime auprès de l'AFP le Professeur Mor Ndao, enseignant-chercheur au département d'histoire de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

"Il y a une sorte d'amnésie (en France). On a refermé la dimension mémorielle de cette page coloniale et on a très peu transmis cette histoire commune", abonde l'historienne Naima Yahi.

"De fait ça fracture la nation. Il faut repenser notre mythologie nationale", ajoute-t-elle.

La Grande Guerre a fait quelque 28.000 morts ou disparus et près de 37.200 blessés au sein des unités d'Afrique noire.

Mais le traitement des tirailleurs "a été inégal par rapport à leurs frères d'armes français et européens", dit M. Ndao, soulignant que les pensions et retraites des anciens combattants des ex-colonies, "cristallisées" en 1959, n'ont été dégelées qu'en 2001.

La cérémonie de mardi se déroule sur le sol français, loin des familles des tirailleurs tous disparus aujourd'hui: le dernier au Sénégal est décédé le 10 novembre 1998, la veille de la cérémonie où la France devait lui remettre la Légion d'honneur. Pour M. Ndao : "C'est tout un symbole".

Avec AFP

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Procès pour meurtre d'un marabout et de ses disciples

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L'ordre national des experts comptables du Sénégal impose l'obligation de visa

Conférence sur le visa des états financiers, à Dakar, le 19 avril 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Pour avoir une certaine transparence dans la délivrance des états financiers, l'ordre national des experts comptables du Sénégal impose maintenant l'obligation de visa.

Le visa atteste que les états financiers présentent une cohérence d’ensemble.

Loin d’être une simple formalité, le visa des états financiers vise à procurer les garanties minimales de fiabilité à l’information contenue dans les états financiers produits par les entreprises et utilisés par différents acteurs publics et privés, une initiative sous régionale portée par l'Uemoa et l'Ohada.

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En cohérence avec la réglementation de l'Uemoa et de l'Ohada, la mission de visa obligatoire des états financiers visent à assurer l'harmonie, l'unicité ou encore la comparabilité des états financiers produits par les entreprises comme l'affirme Serigne Moustapha Kâ, président de l'ordre des experts comptables du Sénégal.

"C'est vraiment un service public qui nous a été confié par les autorités pour fiabiliser l'information financière et la sécuriser et aider les acteurs financiers à avoir un outil performant dans leur gestion. Cette mesure pour nous devrait permettre d'améliorer de façon sensible et substantielle l'information financière délivrée par les acteurs économiques. Ce sera l'occasion d'avoir un accès beaucoup plus facile à l'expert comptable agréé."

L'obligation de visa est un gage de transparence de l'information financière. Elle va également concourir à l'augmentation des recettes fiscales. Selon Alain Paul Sene, directeur de communication de la Direction Générale des impôts et domaines, "si on a des états financiers maintenus, les résultats financiers déclarés sont plus conformes à la réalité".

"Il faut savoir que l'impôt sur les sociétés ou l'impôt sur les revenus se base sur les revenus dégagés par l'exploitation de l'entreprise et donc si les états financiers sont de meilleure qualité, on a plus de chance que les résultats dégagés soient plus conformes à la réalité donc l'imposition devrait se faire à partir de ses résultats là qui seront de meilleure qualité, nous l'espérons."



L'obligation de visa est la solution aux nombreuses plaintes des banques sénégalaises qui fustigent la multiplicité des états financiers. C'est en tout cas l'avis du président de l'ordre des experts comptables du Sénégal

"Dans la mesure où les banques savent maintenant que tous les états financiers sont accompagnés d'une attestation et que cette attestation contient les informations pertinentes des états financiers, l'opérateur, ou en tout cas l'agent économique qui s'adresse à la banque, n'a plus les moyens de donner des états financiers multiples dans la mesure où la banque est habilitée à demander l'attestation qui accompagne les états financiers. Dans ce cas le problème est réglé parce qu'il n'y a qu'une seule attestation pour les états financiers"

Le visa des états financiers des entreprises par les membres de l'ordre des experts du Sénégal a été institué le 9 fevrier 2018.

Pour l'année 2019, l'application de la mesure est élargie à tous les centres fiscaux pour les entités relevant du champ d'application de l'arrêté.

Peu de Sénégalais font leur bilan médical

Centre de santé à Dakar, au Sénégal, le 19 avril 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, des cas de mort subite et de crise cardiaque sont de plus en plus nombreux. Très peu de Sénégalais ont la culture du "check-up", encore appelé bilan médical. Une pratique sanitaire importante, mais peu connue ou pratiquée.

D’une démarche lente et nonchalante, Amara Badji arpente une ruelle aux alentours du stade Demba Diop. Agé de 78 ans, il ignore ce que veut dire un bilan de santé. "Non je ne sais pas ce que c'est, je n'en ai aucune idée".

Les Sénégalais ne font pas assez de bilan médical
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Après Sicap, un quartier populaire de Dakar, cape sur Tilene un autre quartier périphérique de la capitale Sénégalaise. Adja Yacine Fall est assise sur un banc public. Elle attend son bus. A la main, un sac en plastique bleu contenant des légumes. Elle a déjà fait un bilan médical. Mais il y a un hic, elle n’a pas fait le suivi.

"J'ai une fois fait un bilan de santé il y a cinq ans. En résumé, c'est un petit geste aux grands effets. C'est à travers le bilan qu'une maladie a été décelée mais j'ai pas pu faire le suivi parce que j'avais peur. Je comprends l'attitude des Sénégalais qui ont peur de faire un check-up parce que souvent des maladies graves sont décelées, des maladies liées à la mort", estime-t-elle.

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De nombreux Sénégalais refusent de faire des bilans de santé, car souvent les résultats issus des check up signalent des maladies chroniques, ce qui crée la psychose.

Une femme, sous le couvert de l’anonymat, invite les médecins à rassurer et à sensibiliser les patients : "On a quelques appréhensions par rapport aux médecins, par rapport à tout ce qui tourne autour de la santé en général. On a peut-être peur de se rendre compte qu'on a une maladie plus ou moins grave. Je trouve quand même que c'est aux médecins eux-mêmes de rassurer les patients et de leur dire que c'est pas comme si on allait trouver quelque chose et même si on trouve quelque chose, ce serait la porte ouverte à un traitement, à un accompagnement et à un suivi médical personnalisé."

L’objectif d’un bilan de santé est d’aider à maintenir une personne en bonne santé. Et même si on se sent en forme, il est judicieux de faire un point à intervalles réguliers sur son état physique, pour que le médecin puisse rectifier certaines mauvaises pratiques, et si nécessaire, qu’il en place un plan de traitement.

A chaque âge, le corps subit des évolutions et transformations, et un dispositif d’examens biologiques suivi d’un contrôle des poids, tension, vue, audition et réflexes pourrait se rapprocher de l’idée d’une révision que l’on ferait pour son propre corps, afin de rester en bonne santé.

Fin de la grève des boulangers après un accord avec l'Etat

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