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Homicides au Brésil : baisse à Sao Paulo mais forte hausse à Rio


Des habitants regardent un policier passé lors d'une opération dans la favela de la Cité de Dieu à Rio de Janeiro, Brésil, le 20 novembre 2016.

Les homicides ont baissé cette année dans l'Etat de Sao Paulo, le plus peuplé du Brésil, mais ils ont connu une forte hausse dans celui de Rio de Janeiro, malgré le renfort de la sécurité à l'occasion des Jeux Olympiques en août.

A Sao Paulo, 3.313 personnes ont été victimes d'homicides de janvier à fin novembre, 8,13% de moins que sur la même période de 2015. C'est le niveau le plus bas depuis 2001, a indiqué vendredi le Secrétariat de sécurité publique de l'Etat de Sao Paulo dans un communiqué.

En revanche à Rio, 4.572 homicides ont été enregistrés au cours des onze derniers mois, 754 de plus qu'en 2015, soit une hausse de 19,7%, a indiqué jeudi soir l'Institut de sécurité publique (ISP).

"A Sao Paulo, la violence est en baisse depuis plusieurs années. L'unique faction du crime organisé qui domine tout est le PCC. De plus, en 2006, il y aurait eu un accord entre le PCC et le gouvernement de l'Etat" ayant permis de réduire la violence, explique à l'AFP, Alba Zaluar, spécialiste du sujet à l'Université de Rio (Uerj).

"A Rio, nous avons trois factions du crime organisé et maintenant le PCC a rompu l'accord qu'il avait avec le CV (Comando Vermelho). Il s'est allié récemment à l'ADA, rival du CV", ajoute l'anthropologue, qui souligne aussi la présence d'"éléments pourris de la police".

Les chiffres à Rio "sont honteux" et révèlent "l'échec" de la politique de sécurité publique basée sur les Unités de Police Pacificatrice (UPP), commente l'experte en violence Julita Lemgruber au quotidien O Globo.

Le gouvernement local, actuellement au bord de la faillite, a installé depuis 2008 une quarantaine de UPPs dans 264 favelas, où vivent plus d'un million et demi de personnes, pour les pacifier en vue du Mondial de foot 2014 et des JO 2016.

Près de 10.000 policiers ont été déployés dans ces territoires mais les programmes sociaux annoncés n'ont jamais suivi.

"Le remède UPP a perdu son effet parce que le traitement s'est limité à l'occupation policière", observe Paulo Storani, spécialiste en sécurité et ancien policier d'élite.

Les homicides au Brésil de 2011 à 2015 ont fait plus de morts que la guerre en Syrie, selon des chiffres de l'ONG Forum Brésilien de Sécurité Publique : 278.839 contre 256.124 en Syrie.

Avec AFP

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