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Heurts entre Palestiniens et forces israéliennes devant une prison


Un manifestant palestinien jetant une pierre à la police israélienne près de la prison d’Ofer, le 4 avril 2014.
Un manifestant palestinien jetant une pierre à la police israélienne près de la prison d’Ofer, le 4 avril 2014.

Des heurts ont éclaté jeudi entre les forces israéliennes et des Palestiniens venus manifester leur soutien aux détenus en grève de la faim devant la prison d'Ofer en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 50 ans par l'Etat hébreu.

Rajoutant à la tension, une quinzaine d'Israéliens de droite ont organisé un barbecue devant ses portes afin d'essayer de faire vaciller la volonté des grévistes.

Environ 1.500 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes ont cessé de s'alimenter depuis lundi pour protester contre leurs conditions de détention et dénoncer des discriminations, un mouvement de protestation collectif inédit depuis des années.

Jeudi, quelques dizaines de Palestiniens sont venus près de la prison d'Ofer pour les encourager.

Mais les soldats israéliens les ont rapidement éparpillés à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes ainsi que par des tirs de balles en caoutchouc, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Au même moment, des activistes du parti israélien de droite Union nationale avaient eux organisé un barbecue devant la prison dans l'espoir que des grévistes de la faim "sentent l'odeur de la viande", selon le secrétaire général du parti Ofer Sofer.

Ils n'ont pas été inquiétés par les forces israéliennes, certains soldats les rejoignant même pour manger de la viande grillée.

Devant des morceaux de viande posés sur des charbons, M. Sofer a lancé: "Ce sont des terroristes qui nous menacent avec leur grève de la faim, on est très contents qu'ils fassent cette grève, qu'ils la continuent autant qu'ils veulent".

Plusieurs ministres israéliens ont déjà appelé à refuser toute négociation avec les détenus qui réclament, entre autres, des droits de visite élargis, l'accès au téléphone ou des visites médicales régulières.

Depuis lundi, en mesure de rétorsion, les visites des avocats et des familles aux prisonniers grévistes ont été interrompues. Le Club des prisonniers palestinien, l'ONG qui fait autorité sur la question des détenus dans les Territoires occupés, avait saisi la justice israélienne pour dénoncer ces représailles.

Qaddoura Farès, son directeur, a annoncé à l'AFP lors de la manifestation devant la prison d'Ofer que la justice israélienne était "revenue sur l'interdiction des visites aux grévistes". "Les avocats vont reprendre leurs visites, même à Marwan Barghouthi", a-t-il ajouté.

Emprisonné depuis 15 ans après avoir été condamné à cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers durant la seconde Intifada (2000-2005), M. Barghouthi est le meneur de la grève de la faim.

Grand rival du président palestinien Mahmoud Abbas, il a été transféré vers une autre prison et placé à l'isolement dès le premier jour du mouvement.

La question des prisonniers est cruciale pour les Palestiniens, alors que 850.000 d'entre eux ont été incarcérés depuis l'occupation en 1967 des Territoires palestiniens par Israël, selon leurs dirigeants. Actuellement 6.500 ont été placés derrière les barreaux par Israël.

Avec AFP

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