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Côte d'Ivoire

L'homme politique ivoirien Hamed Bakayoko testé positif au coronavirus

Hamed Bakayoko, ministre de la Défense en Côte d'Ivoire, 13 janvier 2016.

Hamed Bakayako dit "Hambak", le ministre de la défense de Côte d'Ivoire et personnage clé du régime du président Alassane Ouattara, a annoncé lundi sur les réseaux sociaux qu'il était atteint par le coronavirus.

"Ce lundi 6 avril, j’ai été déclaré positif au test du Covid-19 suite à un prélèvement effectué dimanche. Bien que ne présentant aucun signe de la maladie, le médecin a prescrit un confinement auquel je me suis immédiatement soumis", a révélé Hamed Bakayoko sur ses comptes Facebook et Twitter.

La nouvelle a également été confirmée à l'AFP par un proche.

"C’est l’occasion pour moi de rappeler à tous nos concitoyens que le coronavirus est une maladie réelle qui se propage vite. Je vous exhorte à prendre au sérieux l’observation de toutes les mesures barrières pour vous protéger et protéger les autres. Prenez soin de vous. Que Dieu vous préserve !", conclut-il.

Agé de 55 ans, +Hambak+, un proche du président Alassane Ouattara qui lui donne régulièrement les dossiers chauds à régler, est un des personnages clés de la vie politique ivoirienne. Ancien ministre de l'Intérieur, il est passé à la Défense après les mutineries dans l'armée de 2017.

Il s'est rangé derrière le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, désigné par le président Ouattara comme candidat de la coalition au pouvoir pour la présidentielle de 2020, alors que de nombreux observateurs estimaient que Hambak était plus charismatique et plus à même de représenter le parti au pouvoir.

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Laurent Gbagbo doit être candidat à la présidentielle ivoirienne, tranche un tribunal

Le président ivoirien Laurent Gbagbo (à g.) et le général Philippe Mangou, chef des armées, lors du 49e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, à Abidjan le 7 août 2009. (Photo REUTERS/Luc Gnago)

La Cour africaine des droits de l'Homme et des peuples a tranché vendredi contre l'exclusion de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo de l'élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre.

La Cour, qui est basée à Arusha (Tanzanie), ordonne à l'Etat ivoirien de "prendre toutes mesures nécessaires en vue de lever immédiatement tous les obstacles" empêchant M. Gbagbo de participer au scrutin.

L'ancien chef d'Etat (2000-2010) ne figure pas sur les listes électorales révisées cette année, il ne peut donc ni voter, ni être candidat.

Selon les autorités ivoiriennes, cette décision fait suite à la condamnation de M. Gbagbo par contumace en 2018 par la justice ivoirienne, à 20 ans de prison, liée aux événements de la crise post-électorale de 2010-2011.

Pour Ouattara, les candidatures de Gbagbo et Soro sont des "provocations".
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Le Conseil constitutionnel ivoirien a rejeté sa candidature à la présidentielle déposée par ses partisans, lui-même ne s'étant pas exprimé sur le sujet.

La Cour africaine ordonne également à l'Etat ivoirien de "suspendre la mention de la condamnation pénale du casier judiciaire" de M. Gbagbo.

Acquitté en première instance de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, M. Gbagbo, 75 ans, ne peut pas rentrer en Côte d'Ivoire, les autorités ivoiriennes refusant, selon ses avocats, de lui délivrer un passeport.

La Cour africaine des droits de l'Homme a déjà prononcé un jugement similaire condamnant l'Etat ivoirien pour un autre opposant, l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature avait aussi été rejetée par le Conseil constitutionnel après une condamnation par la justice.

La CADHP est un tribunal créé par l'Union africaine. Elle est composée de 11 juges. La Côte d'Ivoire ne reconnait pas son autorité.

Le CNDH s'inquiète des "graves menaces sur la paix sociale"

Des soutiens de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 1er septembre 2020.

Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), organisme public de Côte d'Ivoire, s'est inquiété jeudi de "graves menaces sur la paix sociale" à l'approche de l'élection présidentielle fin octobre et a appelé à un "dialogue inclusif", dans un communiqué.

Précisant avoir rencontré ces derniers jours les responsables des principaux partis d'opposition ainsi que du parti au pouvoir, le CNDH exprime sa "vive préoccupation" face à une situation socio-politique "qui crée assurément les conditions de graves violations des droits de l'Homme et fait peser de graves menaces sur la paix sociale" en Côte d'Ivoire.

Alors que de nombreux militants d'opposition et d'ONG ont été arrêtés ces derniers mois, le CNDH, qui est un organe consultatif pour le gouvernement, demande des "mesures pour garantir (...) l'exercice des libertés publiques par l'ensemble des forces politiques de la Nation" et appelle à "l'ouverture d'un dialogue pressant et inclusif" pour "trouver des solutions consensuelles durables".

Le CNDH demande aussi "l'ouverture d'enquêtes sur les allégations de violences constitutives de violations des droits de l'Homme".

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

Une figure de la société civile ivoirienne, Pulcherie Gbalet, qui avait appelé en août à des manifestations contre un troisième mandat du président Ouattara, est incarcérée depuis un mois.

Justin Koua, président de la jeunesse de l'opposition FPI-pro Gbagbo a été arrêté, il y a une semaine sur son lieu de travail à Korhogo (Nord) et transféré quelques jours après dans une prison à Bouaké (centre), a déploré son parti.

Mercredi, une dizaine de proches de l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle du 31 octobre n'a pas été retenue par le Conseil constitutionnel, ont été libérés après neuf mois de prison.

Pour Ouattara, les candidatures de Gbagbo et Soro sont des "provocations".

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ADO: "La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale, mais en prison"

Le président ivoirien Alassane Ouattara descend de l’avion à son retour d’Accra, accueilli au bas de l’échelle par Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, à Abidjan, Côte d’Ivoire, 7 janvier 2017. Crédit : Présidence de la Côte d’Ivoire/Twitte

Le président ivoirien Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat controversé, a estimé que les candidatures de son prédécesseur Laurent Gbagbo et de l'ex-Premier ministre Guillaume Soro à la présidentielle du 31 octobre étaient des "provocations". 

"Soro, comme Gbagbo, a été écarté car son casier judiciaire n’est pas vierge. Tous deux le savaient parfaitement: leurs candidatures relèvent de la provocation", a affirmé le président Ouattara dans entretien publié jeudi par l'hebdomadaire français Paris Match.​ "La place de Guillaume Soro n’est pas dans la campagne électorale, mais en prison", a-t-il ajouté.

"Ce jeune homme, enivré par l’argent et le pouvoir, a simplement perdu la tête", a-t-il même lancé, en parlant de M. Soro, âgé de 47 ans.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre les candidatures de MM. Soro et Gbagbo à la présidentielle (ainsi que 38 autres des 44 candidatures) parce que les deux hommes avaient été condamnés à des peines de prison par la justice ivoirienne.

M. Soro, qui est en France, a été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics et fait l'objet d'une procédure pour tentative d'insurrection.

L'ancien président Gbagbo, acquitté en première instance par la Cour pénale internationale (CPI) et dans l'attente d'un éventuel procès en appel, a lui été condamné à 20 ans de prison dans l'affaire dite du "braquage de la BCEAO", la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest, lors de la crise de 2010-2011.

Au grand dam des opposants qui estiment que sa candidature est une "forfaiture", le Conseil constitutionnel a validé celle de M. Ouattara. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour le chef de l'Etat.

"C’est un sacrifice. Et ce dernier mandat – si, comme je l’espère, je suis réélu – sera un sacerdoce", assure-t-il.

Le président a balayé toute idée de reporter le scrutin malgré les menaces de boycott de l’opposition, qui a appelé à la désobéissance civile: "Seuls des candidats qui savent qu’ils seront battus peuvent avoir envie de se retirer".

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara, ont fait une quinzaine de morts en août dans le pays.

Présidentielle ivoirienne: une dizaine de proches de Soro libérés

Le chef des rebelles ivoiriens Guillaume Soro (centre) donne une conférence de presse à côté du porte-parole des rebelles Sediki Konate et du secrétaire national Alain Lobognon (à droite), le 26 novembre 2004.

Une dizaine de proches de l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, candidat à la présidentielle du 31 octobre en Côte d'Ivoire, ont été libérés mercredi.

"Enfin nous sommes libres et ce n'est qu'une liberté provisoire", a écrit le député Loukimane Camara dans un SMS à son épouse, qui l'a transféré à l'AFP.

L'entourage de M. Soro, en s'appuyant sur un document signé du doyen des juges d'instruction qui fait état de plusieurs autres libérations, évoque "une dizaine de libérations" au total.

Il s'agit de liberté conditionnelle; les personnes libérées ne peuvent entrer en contact les unes avec les autres et ne doivent pas faire de "cyber activisme" ni participer à des "meetings".

Une vingtaine de proches de M. Soro, dont cinq députés, avaient été arrêtés en Côte d'Ivoire fin décembre 2019 après le retour avorté de M. Soro à Abidjan.

La plupart sont accusés de "tentative d'insurrection".

Amnesty International avait alors jugé "très suspectes" les poursuites contre M. Soro et ses partisans, "les accusations semblant être motivées par des considérations politiques".

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre la candidature de M. Soro à la présidentielle (ainsi que 39 autres des 44 candidatures dont celle de l'ex-président Laurent Gbagbo) mais validé celle du président sortant Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

L'opposition a appelé dimanche à la désobéissance civile, accusant le Conseil constitutionnel et la Commission électorale indépendante d'être "inféodés" au pouvoir.

Guillaume Soro: la "Côte d'Ivoire est au bord du gouffre"
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"Mesures d'apaisement"

Un haut responsable du parti au pouvoir avait récemment confié à l'AFP qu'il y aurait "des mesures d'apaisement dans les prochains jours" alors que la tension monte dans le pays. Ces libérations inattendues et sans annonce publique des autorités pourraient faire partie de ces "mesures".

Longtemps allié du président Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, M. Soro, qui fut son premier Premier ministre, puis le président de l'Assemblée nationale, s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

S'il pouvait concourir, M. Soro, actuellement en France, serait considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques.

La crainte de violences meurtrières est forte dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.

Des violences, dans le sillage de l'annonce de la candidature du président Ouattara, ont fait une quinzaine de morts en août.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara, 78 ans, avait annoncé en mars qu'il renonçait à briguer un troisième mandat, avant de changer d'avis en août, après le décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l'entrée en vigueur d'une nouvelle Constitution en 2016 avait remis les compteurs à zéro, ce que conteste farouchement l'opposition.

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