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Le gouvernement haïtien condamne les propos "racistes" de Trump, si avérés

Une manifestation contre la suppression de la mesure qui protège les Haïtiens aux États-Unis, à New York, le 21 novembre 2017.

Le gouvernement haïtien a qualifié d'"inacceptables" les propos dénigrant Haïti prêtés à Donald Trump, les jugeant simplistes et racistes, dans un communiqué publié vendredi, jour anniversaire du séisme qui a fait plus de 200.000 morts dans le pays en 2010.

"Le gouvernement haïtien condamne avec la plus grande fermeté ces propos odieux et abjects qui, s'ils étaient avérés, seraient, à tous égards, inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste totalement erronée", a écrit le gouvernement.

"Ils seraient, de surcroit, incompatibles avec les liens multiples tissés par la longue histoire d'amitié et de convivialité qui unit les deux peuples des deux plus vieilles républiques" du continent américain, a-t-il ajouté.

Le président américain a affirmé sur Twitter n'avoir "jamais dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens".

Selon plusieurs médias américains citant des personnes présentes jeudi à une réunion à la Maison Blanche, M. Trump a dénoncé l'immigration en provenance de "pays de merde" tels que Haïti ou des pays africains.

Le sénateur démocrate Dick Durbin, qui assistait à cette réunion, a affirmé vendredi matin que M. Trump avait même utilisé "plusieurs fois" cette expression grossière.

Le gouvernement haïtien a dénoncé dans son communiqué des propos "pour le moins irrespectueux et insultants".

"Il y a lieu de croire qu'il s'agit, une fois encore, d'une véritable méprise tant ces déclarations insultantes et répréhensibles ne correspondent en rien aux vertus de sagesse, de retenue et de discernement que doit cultiver toute autorité politique investie de hautes fonctions", a-t-il poursuivi.

Et de rappeler que "des millions de fils et filles d'Haïti ont contribué, contribuent et continueront de contribuer à la prospérité et à la grandeur de l'Amérique".

"De même, la solidarité spontanée du peuple américain envers le peuple haïtien dans ses moments difficiles consolide, encore pour longtemps, le socle de leur indéfectible amitié", a ajouté le gouvernement, évoquant en particulier également l'aide des soldats haïtiens au général Lafayette pendant la guerre d'indépendance des Etats-Unis.

L'administration Trump a annoncé en novembre la suppression d'une mesure protégeant de l'expulsion près de 60.000 immigrés haïtiens aux Etats-Unis. Le Statut de protection temporaire (TPS) avait été accordé aux Haïtiens après le séisme de 2010.

Avec AFP

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Le Monde Aujourd’hui à Khartoum, à Kinshasa, à Washington

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Premier sommet Poutine-Kim pour raviver des liens "historiques

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, et le leader de la Corée du Nord, Kim Jong Un, se serrent la main, avant leur entretien à Vladivostok, en Russie, le jeudi 25 avril 2019.

Kim Jong Un et Vladimir Poutine se sont retrouvés pour leur premier sommet jeudi avec l'objectif de renforcer les "liens historiques" entre Moscou et Pyongyang, en pleine impasse diplomatique avec Washington sur le nucléaire.

Malgré ses invitations répétées à M. Kim, la Russie était restée jusqu'à présent à l'écart de la spectaculaire détente observée sur la péninsule coréenne depuis début 2018.

Mais deux mois après le fiasco de sa deuxième rencontre avec le président américain à Hanoi, le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington et un certain rééquilibrage de ses relations entre Pékin, son plus proche soutien, et Moscou, son ancien allié de la Guerre froide. C'est l'URSS qui avait placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung.

Vladimir Poutine a accueilli d'une longue poignée de main Kim Jong Un sur l'île Rousski, en face du port de Vladivostok (Extrême-Orient) où le dirigeant nord-coréeen était arrivé mercredi après un voyage d'une dizaine d'heures dans son train blindé vert olive.

"Je suis sûr que votre visite aujourd'hui en Russie nous aidera à mieux comprendre par quels moyens nous pouvons résoudre la situation sur la péninsule coréenne, et ce que la Russie peut faire pour soutenir les tendances positives qui ont lieu actuellement", a déclaré le président russe. "Sur le plan bilatéral, nous avons beaucoup à faire pour développer nos relations économiques".

"Je pense que cette rencontre sera très utile pour développer les liens historiques entre les deux pays, qui ont une longue amitié, en une relation plus stable et plus solide", a déclaré M. Kim lors de l'entretien, ajoutant s'attendre à "un dialogue significatif" à propos de la situation sur la péninsule coréenne, et félicitant le président russe de "construire une Russie forte".

Ce dernier avait alors affirmé qu'il était prêt à renoncer aux essais nucléaires. Kim Jong Un a depuis présidé à quatre essais nucléaires dont, potentiellement, celui d'une bombe à hydrogène en 2017, et au lancement de missiles intercontinentaux capables d'atteindre l'ensemble du territoire continental américain.

"Mouvementé" et "difficile"

Après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, M. Kim a rencontré depuis mars 2018 quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in et deux fois M. Trump.

A Hanoï, la Corée du Nord avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales décidées pour la contraindre de renoncer à ses armes atomiques. Mais les discussions avaient été écourtées en raison de désaccords profonds avec Washington, notamment sur les concessions que Pyongyang était prêt à faire.

Signe de la dégradation observée depuis, Pyongyang s'est fendu la semaine dernière d'une attaque d'une rare violence contre Mike Pompeo, en demandant que le secrétaire d'Etat américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation.

Le secrétaire d'Etat, dans une interview accordée à la chaîne CBS mercredi, s'est montré prudent sur la suite du dialogue: "Ça va être mouvementé. Ça va être difficile".

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d'une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l'ont accusée d'aider Pyongyang à les contourner.

Outre le dossier nucléaire, les deux dirigeants devraient évoquer le renforcement de leur coopération économique et plus particulière la question de la main-d'oeuvre nord-coréenne. Environ 10.000 travailleurs son employés en Russie, représentant une source précieuse de devises pour Pyongyang.

La résolution 2397 du Conseil de sécurité de l'ONU de décembre 2017 demande à tous les pays employant des Nord-Coréens de les renvoyer chez eux sous deux ans.

Les relations entre Pyongyang et Moscou remontent à l'ère soviétique: l'URSS a placé le grand-père de Kim Jong Un et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung, au pouvoir et lui a apporté un soutien crucial durant la Guerre froide.

Les relations furent cependant en dents de scie au cours de cette période, notamment parce que Kim Il Sung excellait dans l'art de jouer sur la rivalité sino-soviétique pour obtenir des concessions de ses deux puissants voisins.

Peu après sa première élection à la présidence russe, Vladimir Poutine chercha à normaliser ces relations et rencontra trois fois Kim Jong Il, père et prédécesseur de l'actuel leader, la première fois à Pyongyang en 2000. Il fut alors le premier dirigeant russe à se rendre en Corée du Nord.

Iran et Venezuela plaident pour le multilatéralisme à l'ONU

Conseil de sécurité des Nations-Unies

Les chefs de la diplomatie de l'Iran et du Venezuela, Javad Zarif et Jorge Arreaza, dont les pays sont les deux principales bêtes noires des Etats-Unis, ont plaidé vigoureusement mercredi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU en faveur du multilatéralisme.

Les "efforts diplomatiques collectifs ne sont plus l'option prudente, ils sont maintenant la seule solution", a souligné Javad Zarif, lors d'un débat organisé à l'occasion de la première Journée internationale du Multilatéralisme et de la Diplomatie pour la Paix décrétée par l'ONU.

Accusé de déstabiliser le Moyen-Orient, l'Iran multiplie ses engagements "en faveur du multilatéralisme", a-t-il assuré en énumérant à l'ouest de l'Iran une "approche d'inclusion régionale" des voisins de l'Irak et une coopération renforcée avec Damas, Ankara et Moscou, à l'est une "approche régionale" pour la paix et la stabilité en Afghanistan, et au nord une autre "démarche multilatérale pour la stabilité régionale et la lutte contre le terrorisme" autour de la mer Caspienne.

Au sud, "nous avons contribué au processus de Stockholm pour le Yémen et avons aussi proposé un forum de dialogue régional dans le Golfe persique pour aider au règlement des différends", a ajouté Javad Zarif.

Le ministre s'en est aussi pris aux Etats-Unis en dénonçant "l'imposition extraterritoriale de législations nationales, le mépris des accords internationaux et de la Cour internationale de Justice". "Comme si toute cette illégalité ne suffisait pas, les Etats-Unis punissent également ceux qui s'efforcent de s'acquitter de leurs obligations multilatérales en vertu d'une résolution demandant la normalisation des relations économiques avec l'Iran".

"C'est la première fois dans l'histoire des Nations unies qu'un membre permanent du Conseil de sécurité punit des pays pour avoir observé les résolutions du Conseil de sécurité", a-t-il lancé, soulignant que c'était sans précédent et parlant d'"unilatéralisme destructif".

Avant lui, son homologue vénézuélien, s'exprimant au nom du Mouvement des non-alignés (120 Etats membres) avait aussi critiqué les Etats-Unis. Ses membres "veulent réitérer leur vive inquiétude face à une tendance croissante de recours à l'unilatéralisme, à l'arbitraire, qui hypothèque la charte des Nations unies, le droit international dans son ensemble", a dit Jorge Arreaza.

"Y compris avec la menace d'usage de la force, la pression et les mesures coercitives pour atteindre des objectifs politiques nationaux", a ajouté le ministre vénézuélien.

A l'entame de son discours, tous les pays membres du Groupe de Lima, composé de 13 pays latino-américains et du Canada qui ne reconnaissent pas le régime de Nicolas Maduro, avaient ostensiblement quitté la salle.

Les Etats-Unis ne participent pas au débat organisé mercredi à l'Assemblée générale.

Les attentats au Sri Lanka, "réponse" au massacre de Christchurch

Inhumation de masse pour les victimes de la série d'attentats-suicides au Sri Lanka, le 23 avril 2019. REUTERS / Athit Perawongmetha

Revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), les attentats visaient apparemment à venger le massacre commis le mois dernier dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a déclaré mardi un ministre sri-lankais.

Les attaques ont fait 321 morts, dont 38 étrangers, et 500 blessés le dimanche de Pâques dans des églises et des hôtels du Sri Lanka.

Le secrétaire d’Etat à la Défense, Ruwan Wijewardene, a précisé que deux groupes islamistes sri-lankais, le National Thawheed Jama’ut (NTJ) et le Jammiyathul Millathu Ibrahim, étaient responsables de ces attentats coordonnés.

Les Nations unies ont précisé que 45 enfants figuraient parmi les morts.

Les attentats suicides ont visé trois églises et quatre hôtels. Ils ont été revendiqués mardi par l’EI, via son organe de propagande Amaq. L’EI ne fournit aucune preuve à l’appui de sa revendication.

“Les premiers éléments de l’enquête montrent qu’il s’agit de représailles à l’attaque contre les mosquées en Nouvelle-Zélande”, a déclaré Ruwan Wijewardene devant le Parlement.

Le mois dernier, un Australien de 28 ans, Brenton Harrison Tarrant, a abattu 50 personnes qui priaient dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch, et diffusé le carnage en direct sur Facebook.

Mardi, le Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe a déclaré qu’il pouvait effectivement y avoir “des liens” entre les attentats de dimanche et l’EI. Il a également jugé “possible” que ces attentats aient été une réponse aux fusillades de Christchurch.

Certains des kamikazes s’étaient rendus à l’étranger et avaient regagné le Sri Lanka, a-t-il précisé.

AVERTISSEMENTS INDIENS

La police sri-lankaise a arrêté une quarantaine de personnes depuis les attentats, dont un ressortissant syrien.

Le gouvernement de Colombo a reconnu avoir reçu des services secrets indiens, dix jours avant Pâques, des informations selon lesquelles le National Thawheed Jama’ut envisageait d’attaquer des églises.

Un rapport des services de renseignement daté du 11 avril mettait en garde contre un tel risque mais, selon une source gouvernementale, le Premier ministre Ranil Wickremesinghe n’a pas été informé de cette menace en raison de ses désaccords politiques avec le président Maithripala Sirisena.

Le chef de l’Etat avait limogé Wickremesinghe l’an dernier mais avait dû le rétablir dans ses fonctions sur décision de la Cour suprême. Depuis, le Premier ministre était toutefois écarté des réunions consacrées aux questions de sécurité.

Maithripala Sirisena a précisé que le rapport des services de renseignement n’avait pas été porté à sa connaissance et a annoncé qu’il entendait remplacer le chef d’état-major des forces armées dans les prochaines 24 heures.

“Je vais complètement restructurer la police et les forces de sécurité dans les prochaines semaines. Je prévois de remplacer les responsables de la défense dans les prochaines 24 heures”, a-t-il dit dans une déclaration télévisée à la nation.

“Les responsables de la sécurité qui ont reçu le rapport de renseignement d’un pays étranger ne m’en ont pas fait part. Des mesures appropriées doivent être prises. J’ai décidé de prendre des mesures fermes contre ces responsables”, a-t-il ajouté.

Selon des sources indiennes et sri-lankaises, les services de renseignement sri-lankais ont encore été informés par l’Inde de la possibilité d’une attaque imminente deux heures avant les explosions.

Un deuil national a été décrété mardi au Sri Lanka et trois minutes de silence ont été observées en hommage aux victimes.

A Paris, le président français Emmanuel Macron a invité l’ensemble de la communauté internationale à se mobiliser contre le terrorisme.

“Ces actes ignobles devront être punis. La coopération internationale contre le terrorisme exige la mobilisation de tous et elle sera au coeur de nos priorités”, a-t-il déclaré au côté du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à l’Elysée.

La France et la Nouvelle-Zélande organiseront le 15 mai à Paris une réunion de chefs d’Etat et de gouvernement et de dirigeants d’entreprises du numérique pour lutter contre les contenus sur Internet à caractère terroriste ou relevant de l’extrémisme violent, a-t-on appris mardi auprès de l’Elysée. Un “appel de Christchurch” sera lancé à cette occasion.

Avec Reuters

Violences sexuelles lors des conflits: les victimes réclament justice, l'ONU patine

Réunion du Conseil de sécurité sur les violences sexuelles au siège des Nations Unies, le mardi 23 avril 2019. (AP Photo / Seth Wenig)

Les Nobel de la Paix 2018 congolais Denis Mukwege et yazidie Nadia Murad ont réclamé mardi à l'ONU justice pour les victimes de violences sexuelles dans les conflits, lors d'un débat paradoxal qui a vu l'adoption d'une résolution amputée de sa substance par les Etats-Unis et la Russie.

"Nous déplorons que des menaces de veto aient été agitées par des membres permanents de ce Conseil pour contester 25 ans d'acquis en faveur des droits des femmes dans des situations de conflits armés", a lancé l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre, après l'adoption du texte par le Conseil de sécurité par 13 voix et 2 abstentions (Russie et Chine).

En recul sur l'avortement et opposés à la Cour pénale internationale, les Etats-Unis ont voté pour la résolution mais après en avoir fait retirer lors des négociations ses mentions liées aux droits sexuels et reproductifs. La création d'un "mécanisme" facilitant la poursuite en justice des auteurs de violences sexuelles a aussi été rejetée par Washington, Moscou et Pékin.

"Nous sommes consternés par le fait qu'un Etat ait exigé le retrait de la référence à la santé sexuelle et reproductive pourtant agréée" dans de précédentes résolutions en 2009 et 2013, a précisé François Delattre en visant les Etats-Unis.

"Il est intolérable et incompréhensible que le Conseil de sécurité soit incapable de reconnaître que les femmes et les filles qui ont subi des violences sexuelles en temps de conflit et qui n'ont évidemment pas choisi d'être enceintes, ont le droit d'avoir le choix d'interrompre leur grossesse", a-t-il insisté.

Dans son texte d'origine, l'Allemagne voulait créer un groupe de travail formel - idée abandonnée -, pousser à la création d'un organisme international pour aider à faire juger les coupables, et développer la protection des survivants, notamment les femmes violées tombant enceintes.

- Veto américain -

Les négociations ont été ardues, selon des diplomates. Outre la menace d'un veto américain, Russie et Chine ont été jusqu'à proposer un texte concurrent à celui de l'Allemagne sans aller jusqu'à demander un vote.

Moscou et Pékin ont expliqué vouloir combattre les violences sexuelles dans les conflits mais dénoncé "des interprétations laxistes" dans le texte allemand et des "manipulations" pour créer de nouvelles structures et "outrepasser" des mandats existants.

En définitive, cette triple opposition américano-russo-chinoise a conduit l'Allemagne à réduire à la "portion congrue" son texte, selon un diplomate. "Les Américains ont pris en otage une négociation à partir de leur idéologie, c'est scandaleux", abonde un autre diplomate.

Interrogé sur ce recul, l'ambassadeur allemand à l'ONU Christoph Heusgen a reconnu que son pays aurait préféré "un langage fort". Le choix était de renvoyer le texte à plus tard ou d'accepter les suppressions demandées. Denis Mukwege et Nadia Murad ont opté pour la mise au vote, s'est-il justifié.

Dans un communiqué, plusieurs pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) ont "profondément regretté" l'absence de référence dans le texte adopté aux droits sexuels des victimes "en raison d'une menace de veto" américain.

"Les aides pour les survivantes, comme l'accès à la contraception d'urgence ou l'interruption de grossesses en toute sécurité, doivent être renforcées", a souligné l'ambassadrice norvégienne Mona Juul.

Lors du débat, les deux Nobel de la Paix avaient pourtant mis clairement le Conseil de sécurité devant ses responsabilités, en réclamant des progrès substantiels en matière de justice et de protection des survivantes.

"Pas une seule personne n'a été traduite en justice pour esclavage sexuel", a souligné Nadia Murad en évoquant sa communauté yazidie détruite par le groupe jihadiste Etat islamique en Irak et Syrie. "Nous prononçons des discours à l'ONU mais aucune mesure concrète ne suit" en matière de justice et "rien n'a été fait", a-t-elle insisté.

"Qu'attend la communauté internationale pour rendre justice aux victimes", s'est aussi interrogé Denis Mukwege, en demandant l'établissement de tribunaux nationaux ou internationaux dédiés au jugement des coupables de violences sexuelles dans les conflits.

Avocate de victimes yazidies, Amal Clooney a aussi déploré la faiblesse de la réponse internationale. Elle a accusé les Etats-Unis et la Russie de s'opposer à la création d'une justice internationale contre ces crimes. Sierra Leone, Cambodge, Rwanda, Bosnie, Nuremberg... Une justice a été rendue pour ces dossiers, a-t-elle rappelé au Conseil de sécurité.

"Si nous n'agissons pas maintenant, il va être trop tard", a-t-elle aussi dit, en rappelant la détention actuelle de milliers de combattants du groupe Etat islamique, qui pourraient être relâchés et n'auraient alors qu'à se couper la barbe pour se fondre dans les populations en toute impunité, selon elle.

Avec AFP

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