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Alpha Condé promulgue la nouvelle Constitution guinéenne et crée un fonds de 2.500 milliards pour le Covid-19

Le président guinéen Alpha Condé fait prendre la température à l'hôpital Donka de Conakry, le 28 novembre 2014. (Photo: REUTERS/Alain Jocard/Pool)

Le président guinéen Alpha Condé a promulgué la nouvelle Constitution qu'il avait soumise à référendum fin mars et dans laquelle l'opposition dénonce un stratagème de sa part pour se maintenir au pouvoir, a indiqué la télévision nationale lundi.

Après des mois de tensions qui ont fait des dizaines de morts, M. Condé a promulgué le texte par décret lu à la télévision nationale le même jour qu'il approuvait un "plan de riposte économique" au Covid-19, doté de plus de 3.000 milliards de francs guinéens (292 millions d'euros).

M. Condé, ancien opposant historique devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, a soumis le 22 mars aux Guinéens une proposition de Constitution censée, selon lui, doter son pays d'une loi fondamentale "moderne" qui, par exemple, interdit la circoncision féminine et le mariage des mineurs.

M. Condé a été élu en 2010 et réélu en 2015, et le nouveau texte, comme l'ancien, limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Mais l'opposition l'accuse de vouloir prendre prétexte de la nouvelle Constitution pour remettre son compteur à zéro et chercher à se succéder fin 2020.

La proposition a recueilli près de 90% de "oui", selon la Cour constitutionnelle.

L'opposition a boycotté la consultation ainsi que les législatives organisées simultanément. Les Etats-Unis, l'Union européenne et la France ont remis en question la crédibilité du vote.

Le vote a été entaché de violences meurtrières.

Il s'est tenu malgré la contestation et la réprobation internationale, ainsi que l'apparition du coronavirus dans le pays.

Fonds de riposte

La Guinée a déclaré officiellement 128 cas de contamination.

M. Condé a indiqué sur les réseaux sociaux avoir donné son aval à un plan censé minimiser les effets de la pandémie sur l'économie nationale et les ménages les plus défavorisés, dans un pays pauvre malgré ses ressources naturelles et sévèrement éprouvé par le passé par la fièvre Ebola.

L'Etat paiera les factures d'électricité des plus pauvres pendant trois mois, gèle les prix des médicaments et des denrées de première nécessité le temps de la pandémie, instaure la gratuité des transports publics pendant trois mois, et reporte pour trois mois les charges sociales et fiscales des entreprises du tourisme et de l'hôtellerie.

Pour financer ces mesures, le gouvernement crée un Fonds de riposte d'au moins 2.500 milliards de francs (243 millions d'euros), abondé par l'Etat et les contributions volontaires, a indiqué le Premier ministre Kassory Fofana sur les réseaux sociaux.

La crise sanitaire "aura de lourdes conséquences sur l'activité économique et sur le niveau de vie des populations", dit-il. Elle devrait faire baisser d'1% la croissance de 6% initialement prévue par le Fonds monétaire international en 2020, augmenter l'inflation et aggraver le déficit budgétaire, a-t-il prévenu.

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Conakry va juger une soixantaine d'opposants au 3e mandat du président Condé

Les manifestations des Guinéens contre le 3ème mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019.

Le gouvernement guinéen a annoncé qu'une soixantaine de personnes seraient jugées en lien avec la contestation et les troubles qui ont accompagné la présidentielle et le référendum constitutionnel ayant débouché en 2020 sur un troisième mandat d'Alpha Condé à la tête de l'Etat.

Toutes ces personnes, parmi lesquelles des figures de l'opposition, passent pour être détenues depuis plusieurs mois.

La Guinée a été le théâtre entre octobre 2019 et octobre 2020 d'une intense agitation autour de la candidature de M. Condé, 83 ans aujourd'hui, à un troisième mandat controversé. La contestation, menée par l'opposition et une partie de la société civile et plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les rangs des forces de sécurité.

M. Condé a soumis en mars 2020 un projet de nouvelle Constitution à un référendum couplé à des législatives et émaillé de violences. L'adoption lui a permis d'invoquer cette nouvelle Constitution pour s'affranchir de la limite de deux mandats et se présenter à la présidentielle d'octobre 2020, à nouveau entourée de violences.

Il a été proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle. L'opposition a dénoncé un "coup d'Etat électoral". Les Etats-Unis, la France et l'Union européenne ont émis des doutes sur la crédibilité de ces scrutins.

Des centaines de personnes ont été arrêtées au cours de la mobilisation et après la présidentielle, selon les défenseurs des droits humains.

Le porte-parole du gouvernement Tibou Kamara a indiqué vendredi soir dans un communiqué que 57 d'entre elles étaient renvoyées devant un tribunal. Huit d'entre elles seront jugées pour l'attaque d'un train minéralier dans laquelle trois gendarmes et un soldat avaient été tués dans un quartier périphérique de Conakry en proie aux heurts quelques jours après la présidentielle, a-t-il dit.

Le porte-parole évoque aussi le dossier d'Ibrahima Chérif Bah et Ousmane Gaoual Diallo, des responsables de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le parti dirigé par le principal challenger de M. Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo. Avec d'autres opposants, ils ont été arrêtés après la présidentielle et inculpés, selon leurs avocats, pour fabrication, détention et usage d'armes de guerre et légères, et atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

Quarante-neuf mis en cause seront jugés dans cette affaire, selon le porte-parole du gouvernement. Dans les deux dossiers, 40 personnes ont bénéficié d'un non-lieu et ont été relâchées, a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits humains dénoncent le durcissement autoritaire du régime de M. Condé. M. Condé "rassure l'opinion nationale et internationale" quant à son attachement "au respect des Droits de l'Homme et de la dignité humaine", assure le porte-parole.

L'adversaire de M. Condé à la présidentielle et le collectif qui a mené la mobilisation contre le troisième mandat, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), ont dénoncé les efforts du pouvoir pour faire croire à l'indépendance de la justice.

Cellou Dalein Diallo a parlé sur Twitter "d'opération de communication", et a prédit que les jugements à venir seraient "dictés" par M. Condé.

"Dans cette affaire, la justice n'a jamais été et ne sera jamais indépendante. Elle agira suivant les instructions du dictateur Alpha Condé", a renchéri le FNDC sur Facebook.

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