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Le président Condé appelle les électeurs au calme en vue des élections en Guinée

Le président guinéen Alpha Condé participe à la convention RPG de son parti à Conakry le 6 août 2020. (Cellou Binani/AFP)

Le président guinéen Alpha Condé a appelé samedi ses partisans à ne pas basculer dans la violence en vue des élections du 18 octobre, alors que les tensions politiques s'intensifient à l'approche du scrutin et qu'il avait lui-même parlé de "guerre" en septembre.

"Il n'y aura jamais de guerre en Guinée" a déclaré Alpha Condé devant ses soutiens, après avoir expliqué qu'il pensait que l'opposition se proclamerait vainqueur et irait se réfugier dans une ambassade, "en pensant qu'il y aura la guerre".

Les électeurs voteront le 18 octobre en Guinée, où M. Condé brigue de manière controversée un troisième mandat.

"On ne prend pas le pouvoir dans le sang, on ne prend pas le pouvoir en cassant des véhicules. On ne prend pas le pouvoir en provoquant les autres", a déclaré le président, incitant les électeurs à ne pas basculer dans la violence.

Le président, âgé de 82 ans, a fait adopter un référendum contesté en mars, qui maintient la limite de deux mandats présidentiels mais qui lui permet, selon lui, de remettre les compteurs à zéro et donc de pouvoir se représenter.

Alpha Condé s'est aussi récemment attiré des critiques de ses opposants pour avoir attisé les tensions ethniques dans ce pays de 13 millions d'habitants.

Dans un discours prononcé en septembre en langue malinké, M. Condé a dit aux électeurs que soutenir un candidat d'opposition issu de cette communauté reviendrait à voter pour son opposant principal, Cellou Dalein Diallo.

La politique guinéenne est majoritairement dictée par les enjeux ethniques. Le parti du président Condé est largement soutenu par l'ethnie des Malinkés et l'UFDG de M. Diallo par celle des Peuls, même si les deux hommes politiques affirment être pluralistes.

Samedi, Alpha Condé s'en est pris à M. Diallo, clamant devant ses soutiens que l'ancien autocrate Lansana Conté avait "créé" l'opposition guinéenne, ajoutant, à propos de ses opposants: "Bientôt ils seront dans la poubelle de l'histoire".

Cellou Dalein Diallo est un ancien Premier ministre qui a servi sous M. Condé.

La campagne électorale guinéenne a toutefois déjà été marquée par la violence.

Un homme a par exemple été abattu mercredi lors d'affrontements dans le centre du pays, place forte de l'opposition.

Des dizaines de personnes ont également été tuées lors de manifestations s'opposant à un troisième mandat de M. Condé.

Bien qu'il ait assuré qu'il n'y aurait jamais de guerre en Guinée, Alpha Condé a lui-même comparé sa lutte contre l'opposition à une guerre lors d'un discours en septembre. "Cette élection n'est pas seulement une élection, c'est comme si nous étions en guerre", avait-il dit.

Ancien activiste de l'opposition, M. Condé est devenu le premier président guinéen démocratiquement élu en 2010, et a été réélu cinq ans plus tard.

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Alpha Condé remporte la présidentielle guinéenne avec 59% des voix

Le président guinéen Alpha Condé (à dr.) avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara lors d'une cérémonie marquant le 75e anniversaire du débarquement allié en Provence pendant la Seconde Guerre mondiale, à Saint-Raphaël, en France, le 15 août 2019.

Le président guinéen sortant, Alpha Condé, a gagné la présidentielle du 18 octobre avec 59,49% des voix, remportant ainsi un troisième mandat controversé, selon les résultats provisoires annoncés samedi par la commission électorale.

Son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, qui s'est proclamé vainqueur de la présidentielle avant la publication des résultats, a obtenu 33,5% des suffrages, selon la commission.

Une forte présence policière était visible dans la capitale Conakry lors de cette annonce, a constaté un journaliste de l'AFP. Ces derniers jours, la Guinée a vécu une escalade de violences post-électorales qui ont fait au moins une dizaine de morts.

L'éventualité d'un troisième mandat consécutif de M. Condé, 82 ans, a provoqué pendant un an une contestation dans laquelle des dizaines de civils ont été tués, faisant craindre une éruption autour du vote, dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes.

Le leader de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo le 7 novembre 2019 à Conakry
Le leader de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo le 7 novembre 2019 à Conakry

En mars, le président sortant avait présenté une nouvelle Constitution dans laquelle il s'engageait à moderniser le pays mais qui permettait aussi de ne plus limiter à deux les mandats successifs des présidents.

Agé de 68 ans, M. Diallo, battu par M. Condé en 2010 et 2015, a proclamé sa victoire lundi en se fondant sur les données remontées par ses partisans envoyés dans les bureaux de vote pour ne pas s'en remettre à la commission électorale et à la Cour constitutionnelle, inféodées au pouvoir selon lui. Il a revendiqué 53% des suffrages.

Le président guinéen Alpha Condé en passe de remporter un 3e mandat

Le président Alpha Condé salue ses partisans lors d'un rassemblement de campagne à Conakry le 16 octobre 2020. (Photo by JOHN WESSELS / AFP)

Le président Alpha Condé a largement devancé ses adversaires et devrait remporter un troisième mandat à la tête de la Guinée, selon les résultats préliminaires publiés jeudi par la commission électorale.

Avec 37 des 38 districts électoraux comptés, M. Condé, 82 ans, a déjà reçu 2,4 millions de voix. Son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo, a reçu un peu plus de la moitié, soit 1,26 millions de voix.

Premier président démocratiquement élu de la Guinée en 2010, M. Condé a remporté un deuxième mandat en 2015. Sa décision de se présenter pour un troisième mandat a suscité des manifestations répétées, causant des dizaines de morts.

Des partisans du président Alpha Condé dans un bus à Conakry en pleine campagne électorale, le 8 octobre 2020.
Des partisans du président Alpha Condé dans un bus à Conakry en pleine campagne électorale, le 8 octobre 2020.

Les rues pluvieuses de la capitale Conakry étaient calmes après les résultats de jeudi soir, selon des témoins. La tension politique restée toutefois élevée.

Dès le lendemain de la président Cellou Dalein Diallo, 68 ans, avait déclaré avoir remporté la présidentielle.

Un porte-parole de la commission électorale a qualifié l'élection de dimanche comme étant "la plus transparente et la plus propre qui ait jamais été organisée en Guinée", tout en rejetant comme une "erreur de frappe" le fait que certaines circonscriptions affichaient un décompte où il y a plus de votants que d’électeurs inscrits. ".

Des centaines de Guinéens manifestent à Dakar

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Exclue de la présidentielle, la diaspora guinéenne manifeste à Dakar

Des ressortissants guinéens protestent contre le scrutin, à Dakar, le 22 octobre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Des centaines de ressortissants guinéens au Sénégal ont marché sur l’ambassade de Guinée à Dakar pour le deuxième jour d’affilée afin de protester contre la tournure de la présidentielle dans leur pays.

Dispersés à coup de grenades lacrymogènes par le groupement d’intervention de la police sénégalaise, les citoyens guinéens résidant dans la capitale sénégalaise n’ont pas dit leur dernier mot.

Privés de vote par leur gouvernement qui a décidé de ne pas organiser le scrutin sur le territoire sénégalais, ces Guinéens ne sont pas pour autant désintéressés de ce qui se passe dans leur pays.

"Cette marche n’a jamais été planifiée, c’est venu naturellement", assure Mouhamed Diallo, ex-président de l’Amicale des élèves, étudiants et stagiaires guinéens au Sénégal.​ "Les gens se sont appelés après la proclamation des premiers résultats en Guinée", précise-t-il, avant d'ajouter: "les gens expriment leur ras-le-bol suite à l’injustice que nos frères subissent aussi en Guinée".

Pour le journaliste guinéen Mamadou Yaya Baldé, la Guinée semble courir droit vers le mur.

"Nous n’avons pas un État de droit, nous avons un état policier, un état violent qui a toujours brillé dans la répression", dénonce-t-il.

"L’histoire politique de notre pays et surtout sa sociologie électorale est caractérisée par la fraude, la violence et les contestations. Je pense que tout est réuni pour qu’il y ait une explosion en Guinée", tranche-t-il.

Les manifestants appellent également la Cédéao, l’Union africaine et la communauté internationale à agir, précisant que si la Guinée sombre, les pays limitrophes subiront de plein fouet l'impact.

Les tensions restent vives à Conakry

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