Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Guinée Équatoriale

Les explosions de Bata ont fait au moins 20 morts et 600 blessés

Une rue à Malabo, en Guinée équatoriale, le 5 juin 2020

Au moins 20 personnes ont été tuées et 600 blessés dimanche en Guinée équatoriale dans quatre explosions accidentelles de dépôts d'armes et munitions d'un camp militaire qui ont également littéralement rasé plusieurs quartiers d'habitations.

Le président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige ce pays d'Afrique centrale d'une main de fer depuis près de 42 ans, a accusé des fermiers d'avoir laissé se propager un feu d'écobuage mal maîtrisé et les militaires chargés de surveiller l'arsenal de "négligence".

Dans un rayon impressionnant autour de ce camp à Bata, la capitale économique, les maisons et autres immeubles ont été éventrés, aplatis et d'énormes parpaings de béton jonchent les rues sur des centaines de mètres, selon des images de la télévision d'Etat TVGE.

De nombreux enfants, des femmes, des hommes et des vieillards fuyaient, parfois portés ou en claudiquant, un paysage de désolation encore enveloppé d'épaisses volutes de fumée et de poussière après au moins quatre terrifiantes déflagrations espacées de longues minutes.

Dans un hôpital de Bata, de très nombreux blessés, certains allongés à même le sol est sous perfusion, ont reçu de premiers soins dans une ambiance de chaos, toujours selon les images de la TVGE.

"Négligence"

"La ville de Bata a été victime d'un accident provoqué par la négligence de l'unité chargée de garder les dépôts de dynamite, d'explosifs et de munitions du camp militaire de Nkoa Ntoma, lesquels ont pris feu à cause des brûlis allumés dans leurs champs par les fermiers qui ont finalement fait exploser successivement ces dépôts", a détaillé M. Obiang Nguema, qui détient, à 78 ans, le record mondial de longévité pour un président actuellement en vie. Il avait évoqué 17 morts et 500 blessés mais le ministère de la Défense a établi un nouveau bilan en fin de soirée: au moins 20 morts et 600 blessés.

Selon un communiqué du ministère, "les explosions (...) de munitions de gros calibre" ont provoqué des "ondes de choc qui ont détruit totalement de nombreuses maisons avoisinantes". La ville de Bata abrite environ 800.000 des quelque 1,4 million d'habitants de ce petit Etat riche de son pétrole et de son gaz mais où la grande majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le camp militaire du quartier de Nkoa Ntoma abrite notamment des éléments des forces spéciales et de la gendarmerie.

Selon un tweet du ministère de la Santé, de nombreux habitants des quartiers environnants doivent encore se trouver sous les décombres de leurs maisons ou immeubles. La TVGE montrait en boucle des images de civils et de pompiers extrayant des enfants et des adultes d'amas de béton et de ferrailles.

Appel à l'aide

Le chef de l'Etat a ordonné une enquête et "lancé un appel à la communauté internationale à soutenir la Guinée équatoriale dans ces moments rendus encore plus difficiles par la conjonction de la crise économique due à la chute des prix du pétrole et de la pandémie de Covid-19".

Durant quelques heures, les communications téléphoniques entre Bata, un port situé sur la partie continentale du pays, et la capitale Malabo, sur l'île de Bioko, étaient difficiles voire impossibles.

Le vice-président en charge de la Défense et de la Sécurité, Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, le fils du président, présenté comme son dauphin, est apparu sur la TVGE arpentant les décombres entouré d'une poignée de ses habituels gardes du corps israéliens.

La Guinée équatoriale est l'un des pays les plus fermés du continent sinon du monde et le régime de Teodoro Obiang Nguema est régulièrement accusé d'atteintes aux droits humains par ses opposants et des organisations internationales.

Malabo affirme avoir déjoué en décembre 2017 une tentative de coup d'Etat pour laquelle la justice de ce pays a condamné, le 1er juin 2019, 130 personnes à des peines de prison de 3 à 96 ans, la moitié par contumace.

Le pouvoir accusait un groupe de mercenaires étrangers d'avoir voulu attaquer, le 24 décembre 2017, le chef de l'Etat qui se trouvait dans un de ses palais proche des frontières entre le Gabon, la Guinée équatoriale et le Cameroun. Le 27, une trentaine d'hommes armés avaient été arrêtés par la police camerounaise à la frontière, Malabo les accusant d'être les meneurs de cette tentative de putsch.

Toutes les actualités

Malabo ferme son ambassade à Londres après des sanctions contre le vice-président Obiang

Teodorin Obiang Nguema arrive au stade de Malabo pour les cérémonies de célébration de son 41e anniversaire, le 24 juin 2013. (archives)

La Guinée équatoriale a annoncé lundi la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions imposées pour des faits de corruption présumée par le Royaume-Uni contre le vice-président équato-guinéen Teodorin Obiang Mangue, qui est aussi le fils du président, a-t-on appris de source officielle.

Ainsi, Malabo va "procéder à la fermeture totale" de sa mission diplomatique à Londres, a déclaré lundi Simeon Oyono Esono, ministre des affaires étrangères sur la TVGE, la télévision d’État.

Le vice-président Obiang Mangue a été sanctionné jeudi dernier par les autorités britanniques, qui l'accusent de "détournement de fonds publics" et des pots-de-vin qui lui auraient permis de financer un train de vie jugé somptueux.

Contraste d'images

Dans le pays, l'homme entretient une image soigneusement élaborée.

Dans un profil publié fin juin sur Youtube à l'occasion de son 53e anniversaire, le service de presse de la vice-présidence dépeint Obiang comme un haut fonctionnaire accompli.

Officier militaire ayant le grade de général de division, il est chargé de la défense du pays. Auparavant, il a été ambassadeur auprès de l'UNESCO et avait déjà occupé les fonctions de ministre. Il est également le propriétaire de la seule entreprise de médias privée de Guinée équatoriale, la radio-télévision Asonga. Philanthrope, il est surnommé "le Père Noël de la Guinée équatoriale", indique la vidéo.

Mais dans le monde occidental, M. Obiang est perçu d'une toute autre manière.

Fils de Teodoro Obiang Nguema, 79 ans, qui dirige la Guinée équatoriale depuis plus de 41 ans, Teodorin - Teodoro Nguema Obiang Mangue pour l'état-civil - aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l'acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d'un jet privé, de voitures et d'objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Il avait également été nommé dans diverses affaires dites de "biens mal acquis" en Suisse et aux États-Unis. Des accusations qu'il rejette.

Un manoir de 101 pièces supposé appartenir à Teodorin Obiang mais qui, selon la Guinée équatoriale, est une mission diplomatique en France. (L. Bryant/VOA)
Un manoir de 101 pièces supposé appartenir à Teodorin Obiang mais qui, selon la Guinée équatoriale, est une mission diplomatique en France. (L. Bryant/VOA)

"Ingérence"

"Nous n'admettons pas d'ingérence dans les affaires internes de notre pays", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, poursuivant que les sanctions "violent le principe du droit international".

Ces mesures, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d'entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d'un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents.

"Les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (...) que promeuvent certaines organisations non gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale", avaient réagi samedi les autorités équato-guinéennes, demandant la levée de sanctions "unilatérales et illégales".

L'ambassade de Guinée équatoriale à Londres

L'ambassade de Guinée équatoriale à Londres
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:36 0:00

Londres sanctionne le vice-président équato-guinéen, indignation à Malabo

Teodorin Obiang Nguema, vice-président et fils du president Teodoro Obiang Nguema, aux côtés sa compagne danoise Christina D. Mikkelsen, ancienne miss Danemark, lors d'une distribution de jouets aux enfants défavorisés à Malabo, le 23 décembre 2014.

La Guinée équatoriale a rejeté des sanctions "unilatérales et illégales" imposées par le Royaume-Uni contre un haut dignitaire de ce pays d'Afrique centrale, selon un communiqué rendu public samedi par les autorités équato-guinéennes.

La dénonciation de Malabo intervient 48 heures après que Londres a annoncé des sanctions contre le vice-président Teodorin Obiang Mangue, qui est par ailleurs un fils du président Teodoro Obiang Nguema Mabosogo, au pouvoir depuis 1979.

Les autorités britanniques ont justifié les sanctions contre M. Obiang Mangue, 46 ans, en évoquant des allégations de "détournement de fonds publics" et des pots-de-vin qui lui auraient permis de financer un train de vie somptueux.

Il aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l'acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d'un jet privé, de voitures et d'objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Malabo arrête la construction d'un mur à la frontière
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:59 0:00


"Les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (...) que promeuvent certaines organisations non gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale", selon le communiqué des autorités, qui évoque des sanctions "unilatérales et illégales".

Le vice-président "n'a réalisé aucun investissement au Royaume-Uni", poursuit le communiqué.

Ces sanctions, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d'entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d'un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents, dont la Russie.

Les autorités équato-guinéennes rejettent "des sanctions juridiquement infondées", exigent "que celles-ci soient levées dans les plus brefs délais" et perçoivent "comme un geste inamical l'attitude du gouvernement britannique".

"Les mesures que nous avons prises aujourd'hui ciblent des individus qui se sont enrichis aux dépens de leurs citoyens", a déclaré jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué.

Le vice-président de Guinée équatoriale a été sanctionné notamment pour avoir "détourné de l'argent public sur son compte en banque personnel" et pour avoir "sollicité des pots-de-vin".

Ce n'est pas la première fois que des allégations de corruption pèsent sur le vice-président. Par le passé, son nom a été dans des affaires dites des "biens mal acquis" en France, en Suisse et aux États-Unis. Des accusations qu'il rejette.

L'OPEP va relever le plafond de production pétrolière de 5 pays

Un pompiste remplit une voiture d'essence dans le quartier central des affaires d'Abuja, au Nigeria, le 1er avril 2020.

L'OPEP et les pays alliés, réunis au sein de l’OPEP+, ont convenu dimanche de relever les limites de production imposées à cinq pays, mettant fin à un différend qui avait fait chavirer les prix mondiaux de l'énergie.

Le désaccord, déclenché par la demande des Émirats arabes unis d'augmenter leur propre production, avait temporairement bouleversé une précédente réunion du cartel. Dans un communiqué publié dimanche, le cartel a annoncé que l'Irak, le Koweït, la Russie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis verraient leurs limites augmenter.

Bonus pour l'Algérie et le Nigeria

Selon les nouvelles limites de production, les Émirats arabes unis pourraient produire jusqu'à 3,5 millions de barils de pétrole brut par jour à partir de mai 2022. Ce chiffre est inférieur aux 3,8 millions de barils par jour qu'ils cherchaient à obtenir au départ. La limite de l'Arabie saoudite, qui est de 11 millions de barils par jour, passerait à 11,5 millions, tout comme celle de la Russie. L'Irak et le Koweït ont connu des augmentations moins importantes.

En Afrique, le Nigeria et l'Algérie pourraient également voir leurs plafonds revus à la hausse.

En perte de vitesse depuis quelques années, l'OPEP a du mal à s’imposer comme dans les années 1970. Lorsque les États-Unis, qui ne font pas partie du Cartel, ont commencé à augmenter leur propre production pétrolière, l’OPEP a dû faire appel à des pays tiers comme la Russie pour diminuer ensemble l’offre pétrolière sur le marché et stabiliser le prix du baril.

C’est ainsi que naît en 2016 ce que l'on appelle l'OPEP+.

Les pays membres de l'OPEP sont l'Algérie, l'Angola, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. Les membres de l'OPEP+ sont l'Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, la Russie, le Soudan et le Sud-Soudan.

Avec Reuters et Associated Press.

Explosions meurtrières de Bata: 35 et 50 ans de prison pour deux militaires

Un homme blessé assisté par des militaires à Bata, en Guinée équatoriale le le 7 mars 2021. (Photo by - / TVGE / AFP)

Deux militaires en Guinée équatoriale ont été condamnés à 35 et 50 ans de prison pour négligences dans des explosions qui avaient fait 107 morts et 615 blessés en mars dans un camp de l'armée et ses environs, a annoncé samedi la radio-télévision d'Etat.

Le tribunal militaire de Bata, la capitale économique de ce petit pays d'Afrique centrale, "a condamné vendredi à 35 ans de prison le lieutenant-colonel Valentin Nzang Ega et à 50 ans le caporal José Antonio Obama Nsue", a énoncé la radio-télévision d'Etat (TVGE).

Le 7 mars, au moins trois explosions avaient littéralement ravagé le camp de Nkoa-Toma de Bata et de nombreux quartiers voisins d'habitations après qu'un incendie provoqué par un écobuage mal maîtrisé avait mis le feu à l’arsenal et l'armurerie de l'emprise militaire.

Le lieutenant-colonel Nzang Ega, le chef de ce camp abritant des forces spéciales et des gendarmes ainsi que leurs familles, et le soldat Obama Nsue ont été reconnus coupables par le tribunal militaire qui les jugeait à huis-clos d'"homicides, dommages, incendie, négligence, imprudence punissable ayant provoqué des décès".

Le parquet militaire avait requis 70 ans de prison contre le caporal et 30 ans contre le lieutenant-colonel.

Les deux hommes ont en outre été condamnés à payer 10 millions de francs CFA (environ 15.000 euros) à chaque famille des victimes. Les verdicts des tribunaux militaires ne sont pas susceptibles d'appel ni de recours en cassation.

L'inamovible président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige à 79 ans le pays d'une main de fer depuis près de 42 ans, avait annoncé quelques jours après le drame l'ouverture d'une enquête et accusé les responsables du camp de "négligences". Mais rien n'a filtré depuis sur l'enquête, ni sur les faits exacts reprochés aux deux condamnés.

Les très puissantes déflagrations, espacées de plusieurs minutes, avaient rasé les édifices du camp et éventré ou aplati d'innombrables maisons des quartiers environnants.

La ville de Bata abrite environ 800.000 des quelque 1,4 million d'habitants de ce petit État riche de son pétrole et de son gaz, mais où la grande majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté.

L'armée est toute puissante et choyée par ses dirigeants dans ce pays à l'économie en berne en raison de la chute des cours des hydrocarbures depuis 2014, dont elle dépend à 90%. La Guinée Equatoriale avait consacré 95 milliards de francs CFA à la Défense (140 millions d'euros) dans son budget 2020 contre 59 milliards à l'Éducation (90 millions d'euros).

Voir plus

XS
SM
MD
LG