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Huit jeunes sauvés sur la grotte en Thaïlande

Les secouristes à l'entrée de la grotte où cinq garçons restent piégés à Mae Sai, dans la province de Chiang Rai, dans le nord de la Thaïlande, le 10 juillet 2018.

Huit des 13 jeunes footballeurs coincés depuis la fin juin dans une grotte inondée de Thaïlande sont désormais hors de danger, mais la difficile évacuation à venir des cinq derniers suscitait bien des inquiétudes.

Les sauveteurs ont en effet récupéré lundi quatre des garçons, au lendemain de l'extraction réussie des quatre premiers par des plongeurs d'élite.

"Deux jours, huit sangliers sauvages", le nom de leur équipe de football, ont laconiquement écrit dans la soirée sur leur page Facebook les commandos de marine thaïlandais, au centre de l'opération de sauvetage.

"Tout le monde peut être fier. Mais la mission n'est pas encore terminée", a tempéré le chef de la junte au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d'Etat en 2014, le général Prayut Chan-O-Cha, qui s'est rendu sur le site de l'opération en fin d'après-midi.

L'Américain Elon Musk, le patron de SpaceX et de Tesla, a annoncé mardi qu'il se trouvait sur place et qu'il avait fait envoyer en Thaïlande un mini-sous-marin de secours. "Je viens de revenir de la Grotte 3. Mini-sous-marin est prêt si besoin", a tweeté Elon Musk.

L'engin, adapté d'une pièce détachée d'une fusée Falcon fabriquée par SpaceX, est de forme tubulaire, et son diamètre serait assez faible pour qu'il puisse passer dans les boyaux les plus étroits mais assez grand pour qu'un enfant s'y tienne. Ce mini-sous-marin est censé être tiré dans l'eau par des plongeurs.

La Thaïlande tout entière espère une issue heureuse pour les enfants et leur entraîneur de 25 ans bloqués depuis le 23 juin dans la grotte de Thuam Luang, dans le nord de la Thaïlande. La saga passionne aussi les médias étrangers qui ont envoyé des centaines de journalistes sur place.

La pluie de mousson menaçant d'inonder ce réseau souterrain complexe, long d'une dizaine de kilomètres, constitue le principal défi pour les sauveteurs qui redoutent de nouvelles précipitations avant la sortie de l'ensemble du groupe.

L'équipe de football des "Sangliers sauvages", 12 garçons de 11 à 16 ans et leur jeune entraîneur, avait passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques ne réussissent à la rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, les jeunes footballeurs étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l'entrée de la grotte.

Dimanche, quatre garçons ont revu la lumière du jour, grâce à des plongeurs expérimentés qui les ont guidés le long d'un parcours tortueux, marqué par des portions inondées et étroites, en particulier un passage très difficile à franchir dans lequel il faut se faufiler et qui est le cauchemar de la cellule de crise. Lundi, un deuxième groupe de quatre rescapés leur a emboîté le pas.

Baptisés par les réseaux sociaux "Sangliers sauvages 1, 2, 3, 4", les quatre premiers garçons, hospitalisés, vont bien, a précisé Narongsak Osottanakorn, même s'ils sont "tenus à l'écart" de leurs parents, afin d'éviter qu'ils ne soient contaminés, vu leur état de faiblesse.

"Les médecins envisagent de permettre aux familles de leur rendre visite, mais séparés par une vitre", a-t-il dit.

- Replacer des bouteilles d'oxygène -

Les équipes de plongeurs ont dû se reposer entre les deux évacuations et replacer des bouteilles d'oxygène le long du parcours, d'où l'intervalle.

Les parents des derniers enfants à devoir être évacués attendent à l'entrée de la grotte de retrouver leurs enfants.

"J'attends toujours ici à la grotte, je croise les doigts", a dit à l'AFP Supaluk Sompiengjai, la mère de Pheerapat, communément appelé par son surnom, "Night".

Outre les embûches le long du parcours de plongée, la situation est compliquée par le fait qu'une bonne partie des enfants ne savent pas nager et qu'aucun n'a jamais fait de plongée. Un ancien plongeur de la marine thaïlandaise y a laissé la vie, témoignant de la très grande difficulté de l'entreprise, même pour des professionnels.

- Menace de pluie -

Le manque d'espace pour placer suffisamment de bouteilles d'oxygène ajoute aussi à la complexité des opérations.

Les hordes de journalistes accourus des quatre coins de la Thaïlande et de la planète sont tenus à l'écart de la grotte, de même que de l'hôpital de Chiang Rai où les quatre premiers rescapés ont été placés en observation.

Les garçons se sont trouvés piégés par la montée des eaux dans ce réseau situé à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Après leur découverte par les plongeurs britanniques, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.

Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d'oxygène dans la chambre où le groupe a trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout.

Avec AFP

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L'Amérique du Sud, "un nouvel épicentre" de la pandémie

Un agent de sécurité vérifie la température d'une personne à l'extérieur d'un bureau de banque pour s'assurer qu'elle ne présente aucun symptôme du coronavirus.

L'Amérique du Sud est "un nouvel épicentre" de la pandémie de nouveau coronavirus, avec une situation particulièrement alarmante au Brésil, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'Amérique du Sud est devenue un nouvel épicentre de la maladie. Nous voyons le nombre de cas augmenter dans de nombreux pays sud-américains. L'inquiétude concerne beaucoup de ces pays mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil", a déclaré le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, lors d'une conférence virtuelle depuis Genève.

Alors que l'Europe, où le Covid-19 a tué plus de 170.000 personnes, progresse sur la voie d'une lente normalisation, l'Amérique du Sud enregistre une progression inexorable de la pandémie, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d'économie et d'emploi.

Le Brésil compte près de 300.000 cas et 19.000 morts pour 210 millions d'habitants, selon l'OMS, ce qui le place au 3e rang mondial pour le nombre de cas, derrière les Etats-Unis et la Russie. Le seuil des 20.000 morts a déjà été franchi, selon un décompte de l'AFP.

"La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo (...) mais les taux de prévalence les plus élevés sont (dans l'Etat) d'Amazonas, où environ 490 personnes pour 100.000 habitants sont infectées, ce qui est assez haut", a ajouté Michael Ryan.

Un collectif de chercheurs brésiliens avance que les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil.

Selon eux ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité et le pays compterait plus de 3,6 millions de personnes infectées.

La pandémie de coronavirus a fait plus de 333.000 morts dans le monde

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Les campagnes de vaccination perturbées, 80 millions d'enfants menacés

Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance lors de la session «Rising to a Global Challenge: The 15th Anniversary of GAVI» dans la station de montagne suisse de Davos, le 22 janvier 2015. REUTERS / Ruben Sprich /

Environ 80 millions d'enfants de moins d'un an dans 68 pays risquent de contracter des maladies contagieuses, comme la rougeole, car la pandémie de Covid-19 limite les vaccinations de routine, ont averti l'OMS, l'Unicef et Gavi vendredi.

"Cette donnée est alarmante. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vu de toute notre vie", a déclaré le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de l'Alliance du vaccin (Gavi), au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours du Sommet mondial sur la vaccination qui sera virtuellement accueilli le 4 juin par le Royaume-Uni.

Comme l'expliquent l'Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et Gavi dans un communiqué, la pandémie limite la vaccination de routine pour plusieurs raisons.

Certains parents hésitent à sortir de chez eux en raison des mesures de limitation de mouvement, du manque d'information ou parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. En outre, de nombreux agents de santé ne sont pas disponibles en raison des restrictions de déplacement ou de leur réaffectation à des tâches relatives à la lutte contre la pandémie.

Et alors que la pandémie a cloué au sol de nombreux avions, des problèmes de logistiques et de transports perturbent l'acheminement des vaccins, a expliqué aux médias la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

Depuis mars, les services de vaccination systématique des enfants en particulier contre la roougeole poliomyélite, mais aussi contre le choléra, la méningite et le tétanos notamment, sont ainsi perturbés à un niveau sans précédent depuis le lancement des programmes élargis de vaccination dans les années 1970.

Selon les données recueillies par l'ONU et Gavi, le fonctionnement des services de vaccination systématique est considérablement perturbé dans au moins 68 pays, ce qui pourrait affecter environ 80 millions d'enfants âgés de moins d'un an.

Fin mars, craignant que les rassemblements de masse pour les campagnes de vaccination ne favorisent la propagation du Covid-19, l'OMS avait recommandé aux pays de suspendre provisoirement celles qui étaient menées à visée préventive, le temps d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures efficaces pour réduire la transmission du coronavirus.

Après avoir évalué la situation, l'OMS conseille désormais "aux pays de procéder à une évaluation spécifique des risques en fonction de la dynamique locale de propagation du coronavirus, des capacités de leur système de santé et de l'intérêt pour la santé publique de mener des campagnes de vaccination".

La France va devoir faire face à son tour aux faillites et aux licenciements

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles Banque mondiale / FMI à Washington, le 18 octobre 2019.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a mis en garde vendredi contre les faillites et les licenciements inéluctables "dans les mois qui viennent", dans un pays jusqu'à présent épargné grâce à de vastes dispositifs de soutien.

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie partout dans le monde. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains pays.

Aux États-Unis, le taux de chômage a explosé, atteignant 14,7% en avril, contre 3,5% en février (son plus bas niveau depuis 50 ans). Au total, 38,6 millions de personnes ont demandé une allocation chômage depuis l'arrêt de l'économie mi-mars.

En Amérique latine, 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020, en raison de la pandémie, selon un récent rapport de deux agences onusiennes.

La France semblait jusqu'à présent relativement épargnée. Le nombre de chômeurs a certes progressé de 7,1% sur un mois en mars, mais cela s'explique essentiellement par le non-renouvellement des contrats à durée déterminée et de missions d'intérim ou des reports/annulations d'embauches.

Principal rempart contre les vagues de licenciements : la prise en charge par l’État du chômage partiel, un dispositif dont 8,6 millions de salariés auraient bénéficié, selon une estimation du ministère du Travail.

"L’Etat n'a pas hésité à dépenser", il s'agit d'une "mesure très centrale de soutien à l'économie qui a permis de sauvegarder des emplois", a déclaré à l'AFP Anne Eydoux, maîtresse de conférence en économie au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement à partir de juin ce dispositif de chômage partiel, une mesure à laquelle s'oppose notamment le syndicat patronal Medef. De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre pour une réduction "sensible" de la prise en charge, anticipant des licenciements.

La situation va en effet se noircir : "Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent", a prévenu sur la radio Europe 1 Bruno Le Maire.

- Entreprises "non profitables" -

Les faillites vont se produire "petit à petit", mais il est "extrêmement compliqué" de prévoir précisément à quoi s'attendre, a indiqué à l'AFP Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, le nombre de disparitions d'entreprises dépendra notamment du retour ou non de la consommation, et du soutien que le gouvernement proposera aux entreprises.

"La capacité de rebond de la demande est plus forte en France qu'ailleurs, puisque les ménages ont un revenu qui s'est mieux maintenu" grâce au chômage partiel, a relevé M. Heyer.

"La consommation va repartir dans certains secteurs qui pourront rattraper une partie du retard, mais pas dans d'autres où la facture va s'alourdir", a-t-il cependant expliqué.

Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, encore à l'arrêt, sont particulièrement en danger, ainsi que certaines branches industrielles, telles que l'automobile et l'aéronautique, pour lesquelles le gouvernement doit présenter prochainement des plans de soutien spécifiques.

Les petites entreprises sont menacées tout comme de grands fleurons français, à l'instar du constructeur automobiliste Renault - qui "joue sa survie", selon les mots de Bruno Le Maire.

Autre difficulté pour les sociétés: les mesures sanitaires entraînent des coûts supplémentaires et ralentissent la production. "Beaucoup d'entreprises - mais c'est très difficile à chiffrer aujourd'hui - vont devenir non profitables pour une durée que ni vous ni moi on ne sait estimer", a souligné lors d'une audition à l'Assemblée nationale le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les syndicats sont déjà en alerte. La CFDT, premier syndicat de salariés, qui s'attend à ce que la crise soit sévère, appelle à une "mobilisation générale sur l'emploi". Force Ouvrière réclame "un contrôle strict des procédures de suppressions d'emplois, afin d'empêcher les licenciements quand une entreprise a bénéficié ou bénéficie d'aides publiques en particulier".

Plus de 660.000 déplacés depuis l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu mondial

Des déplacés sur le site de Barsalogho au petit matin, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Les conflits armés ont déplacé plus de 660.000 personnes dans le monde depuis l'appel fin mars de l'ONU à un cessez-le-feu général face à la crise du coronavirus, selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) publié vendredi.

Le 23 mars, alors que la pandémie flambait déjà dans le monde, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait lancé un appel à un "cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde", afin de préserver les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.

Entre cette date et le 15 mai, au moins 661.000 personnes ont dû fuir leurs foyers dans 19 pays touchés par des violences armées, selon le rapport du NRC, qui rappelle que les déplacés, vivant dans des conditions sanitaires déplorables, sont encore plus exposés au Covid-19.

La République démocratique du Congo (RDC) est le pays le plus touché: les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales ont forcé à fuir 482.000 personnes sur la période étudiée, selon le rapport.

Cet immense pays, ravagé par de multiples conflits et des crises sanitaires à répétition depuis des décennies, comptait déjà en 2019 près de 1,7 million de déplacés, rappelle l'ONG. Rien qu'en avril, plus de 260.000 personnes ont fui les attaques de groupes armés et les opérations militaires dans la province de l'Ituri (nord-est), selon le rapport.

Même dans les pays où les parties belligérantes ont exprimé leur soutien à un appel au cessez-le-feu, les combats n'ont pas cessé, souligne le rapport, citant notamment le Yémen, en guerre depuis 2014 et en proie à la pire crise humanitaire dans le monde, selon l'ONU.

La région du lac Tchad a également connu une vague de déplacements de population, le Tchad et le Niger étant les plus touchés. L'Afghanistan, la République centrafricaine, la Syrie, la Somalie et la Birmanie ont tous vu plus de 10.000 personnes déplacées au cours de la même période.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, paralysé par une confrontation entre les Etats-Unis et la Chine, a échoué à s'entendre sur une résolution sur une cessation générale des hostilités face à la pandémie.

"Pendant que des personnes sont déplacées et tuées, les membres puissants du Conseil de sécurité de l'ONU se chamaillent comme des enfants dans un bac à sable", a déploré le secrétaire général du NRC Jan Egeland, en les appelant à se montrer "à la hauteur de la situation".

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