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Grève du personnel de Fraternité Matin en Côte d'Ivoire


Un homme tient un exemplaire du journal Fraternité Matin, Abidjan, Côte d’Ivoire, 6 décembre 2017. (VOA/ Georges Ibrahim Tounkara)

Plusieurs syndicats du personnel de Fraternité Matin, le plus grand quotidien de Côte d'Ivoire et l'un des plus vieux du continent africain, demandent le départ du directeur général et de son adjoint.

Il s’agit d’un vent de mécontentent qui souffle depuis quelque temps sur Fraternité Matin, le quotidien ivoirien pro-gouvernemental.

Venance Konan Directeur général de Fraternité Matin, Abidjan, Côte d’Ivoire, 6 décembre 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)
Venance Konan Directeur général de Fraternité Matin, Abidjan, Côte d’Ivoire, 6 décembre 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Une partie du personnel demande en effet le départ du directeur général Venance Konan ainsi que de son adjoint.

A l'origine de ce malaise, les difficultés auxquelles doit faire face l'entreprise et le plan de redressement annoncé par le gouvernement.

" L'assemblée générale de lundi n'était pas pour demander tout de suite le départ du directeur général. Ce qui se trame ressemble à un règlement des comptes. Des listes circulent. Des listes de personnes à licencier. Nous avons une gestion dangereuse de l'entreprise. Il y a des détournements de fonds et l'entreprise est dans le gouffre. Nous ne sommes pas encore payés à l'heure où je vous parle. Le directeur a échoué. Nous demandons son départ. Ce n'est pas une grève mais un mouvement d'humeur spontané", indique Marc Yevou, Secrétaire général de la Coordination des journalistes pour la défense de leurs droits à Fraternité matin.

Marc Yevou, Secrétaire général de la Coordination des journalistes pour la défense de leurs droits à Fraternité matin, Abidjan, Côte d’Ivoire, 6 décembre 2017. (VOA/ Georges Ibrahim Tounkara)
Marc Yevou, Secrétaire général de la Coordination des journalistes pour la défense de leurs droits à Fraternité matin, Abidjan, Côte d’Ivoire, 6 décembre 2017. (VOA/ Georges Ibrahim Tounkara)

La direction générale de l'entreprise dit comprendre ce mouvement d'humeur.

" Je comprends ce mouvement d'humeur. Quand on annonce un plan de redressement, c'est rare de voir les travailleurs applaudir le Dg ou les responsables de l'entreprise. Il n'est pas pour le moment question de remercier qui que ce soit. Mais si cela s'impose ", déclare Venance Konan Directeur général du journal.

Le responsable de cette entreprise de presse explique que le fonctionnement de Fraternité Matin est plombé par des difficultés.

" Nos problèmes sont des problèmes d'argent. Il y'a une chute drastique de la vente des journaux. Le numérique a pris le dessus sur la version papier. Nous devons faire notre mue. A cela il faut ajouter la vétusté de nos machines. C'est pour tout cela que l'Etat nous vient en aide ", confie M. Konan.

La crise à Fraternité matin n'est que le reflet du malaise qui prévaut depuis quelques années au sein des entreprises de presse de Côte d’Ivoire, estime Guillaume Gbato, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (Synapp-CI).

Vue d’un bâtiment de Fraternité Matin le plus grand groupe de presse de Côte d'Ivoire, Abidjan, 6 décembre 2017. (VOA/ Georges Ibrahim Tounkara)
Vue d’un bâtiment de Fraternité Matin le plus grand groupe de presse de Côte d'Ivoire, Abidjan, 6 décembre 2017. (VOA/ Georges Ibrahim Tounkara)

"Nous allons organiser un grand forum en début d'année pour réfléchir à l'avenir de la presse, repenser l'économie de la presse avec l'avancée du numérique sinon nous allons tous disparaître. C'est bien que l'Etat injecte 10 milliards au redressement de ‘Fraternité Matin’ mais c'est toutes les entreprises de presse qui sont sinistrées et qui ont besoin d'un appui. Mais s'il n'y a pas de réformes tous ces appuis risquent d'être vains", promet pour sa part Traoré Moussa, président de l'union nationale des journalistes de Côte d'ivoire, UNJCI.

Fraternité Matin a vu le jour en décembre 1964. Il est le premier quotidien dans un pays qui en compte aujourd'hui pas moins de quinze.

Reportage de Georges Ibrahim Tounkara, Abidjan, pour VOA Afrique

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