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Tunisie

Grève sur des sites pétroliers tunisiens dans le sud

Des travailleurs tunisiens lors d'une manifestation devant le siège du syndicat national dans la capitale Tunis, le 17 janvier 2019.

Des employés de sites pétroliers dans le Sahara tunisien se sont mis en grève ouverte samedi à l'appel du puissant syndicat UGTT pour appuyer les demandes des habitants de la région réclamant des emplois, ont indiqué le ministère de l'Energie et le syndicat.

La production de pétrole est "partiellement affectée", a indiqué à l'AFP Hamed Elmatri, conseiller chargé des hydrocarbures au ministère de l'Energie, tout en soulignant que des négociations étaient en cours.

Cette grève intervient après des troubles sociaux fin juin à Tataouine (sud), aux portes du désert, lorsque la police avait tenté de disperser par la force des sit-in de chômeurs réclamant les emplois promis par le gouvernement en 2017.

Cette année-là, après plusieurs semaines de blocage de la production pétrolière sur le site d'El Kamour, le gouvernement avait signé un accord sous la médiation de l'UGTT, prévoyant d'importants investissements dans cette région marginalisée et des milliers de recrutements dans des structures publiques.

Mais en trois ans, moins de la moitié de cet accord a été concrétisé, selon l'ONG anti-corruption I Watch.

A l'issue de deux conseils ministériels spéciaux, le gouvernement a annoncé mercredi la concrétisation de 500 embauches d'ici 2020.

Le Premier ministre Elyes Fakhfakh, fragilisé par des luttes de pouvoir, a assuré jeudi que "l'Etat tiendra ses engagements envers la région de Tataouine", tout en s'excusant "pour les excès et les injures" commis par les policiers à Tataouine.

Face à ces annonces jugées insuffisantes, la plupart des services publics se sont mis en grève vendredi à Tataouine, à l'appel de la puissante centrale syndicale UGTT.

La production de pétrole tunisienne est de 38 à 40.000 barils par jours en moyenne, dont 55% environ est produit dans la région de Tataouine, où sont implantés l'Autrichien OMV, l'Italien ENI et l'Anglais Atog, selon le ministère de l'Enrgie.

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Obsèques à Paris de la féministe franco-tunisienne Gisèle Halimi

Gisèle Halimi, le 14 september 2008 à la Fête de l'Humanité à Paris. L'avocate féministe franco-tunisienne est décédée le 28 juillet 2020 à l'âge de 93 ans. (Wikipedia-Oliver Tetard)

Les obsèques de l'avocate féministe Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet à 93 ans, ont été célébrées jeudi à Paris en présence de centaines de personnes, au son de "l'Hymne des femmes". Une place sera baptisée de son nom à Tunis et à la Goulette, son lieu de naissance.

Un grand portrait souriant de la défunte a été exposé devant son cercueil, lors de cette cérémonie laïque organisé au crématorium du Père-Lachaise, où ses cendres reposeront aux côtés de celles de son mari.

Gisèle Halimi "fait partie de ces personnes assez rares qui nous réveillent", lui a rendu hommage l'écrivain Régis Debray, confiant avoir "compris grâce à elle" que le combat pour l'émancipation des femmes et celui pour l'émancipation des peuples ne faisaient qu'un. "Elle mérite de rester parmi nous comme un défi à toutes les convenances, les défis et les paresses", a-t-il estimé.

Outre deux de ses trois fils, plusieurs personnalités se sont succédé pour évoquer la mémoire de cette inlassable combattante pour les droits des femmes, avocate engagée et figure de la cause anticoloniale, ancienne députée et autrice. Parmi elles, l'ambassadeur d'Algérie Salah Lebdioui et des militantes de l'association "Choisir la cause des femmes" qu'elle a fondée avec Simone de Beauvoir en 1971.

Née Gisèle Taïeb le 27 juillet 1927 dans une famille modeste à La Goulette, banlieue cosmopolite de la capitale tunisienne où elle a grandi, elle sera témoin, enfant, le 9 avril 1938, de la répression sanglante à Tunis d'une manifestation favorable à l'émancipation des Tunisiens, un épisode qui la marquera durablement. Elle deviendra ainsi plus tard une des avocates de la cause anticoloniale.

Gisèle Halimi est aussi connue pour avoir défendu en 1960 Djamila Boupacha, militante du Front algérien de libération nationale (FLN, indépendantiste) accusée d'avoir déposé une bombe à Alger, qui a été violée et torturée par des militaires français pour lui arracher des aveux.

La petite-fille de Djamila Boupacha a lu jeudi un message émouvant de sa grand-mère: "tu n'as pas seulement été mon avocate, mais une grande soeur".

Le président tunisien Kais Saied a transmis un message de sympathie, dans lequel il a évoqué notamment le lien "ombilical" de Gisèle Halimi avec son pays natal. Une place sera baptisée de son nom à Tunis ou à la Goulette, a précisé une diplomate tunisienne, présente à la cérémonie.

Le cercueil est sorti du crématorium sous les acclamations des proches et des anonymes, qui ont crié "merci" et même "Gisèle Halimi au Panthéon!".

Le coronavirus favorise l'émergence de soirées culturelles 100% tunisiennes

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Les Tunisiens ont un nouveau Premier ministre, Hichem Mechichi

Le président tunisien Kais Saied (à dr.) nomme le ministre de l'intérieur Hichem Mechichi au poste de Premier ministre, au Palais de Carthage, à la périphérie est de la capitale Tunis, le 25 juillet 2020. (Photo: STRINGER / TUNISIAN PRESIDENCY / AFP)

Le ministre tunisien de l'Intérieur, Hichem Mechichi, a été désigné samedi soir par le président Kais Saied chef du futur gouvernement qui doit former d'ici un mois son équipe dans un contexte politique tendu.

"Après l'examen et la lecture de toutes les situations (dans le pays) je vous charge de former le gouvernement", a dit le président tunisien à l'adresse de M. Mechichi au palais de Carthage, dans une vidéo publiée sur la page officielle de la présidence de la République.

Juriste de formation, Hichem Mechichi, 46 ans, n'a pas été proposé par les partis politiques au pouvoir.

Ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant d'Elyes Fakhfakh, il était le premier conseiller du président Saied, chargé des affaires juridiques.

Cet ancien chef de cabinet des ministères du Transport, des Affaires sociales et de la Santé aura un mois pour former son gouvernement.

Il devra ensuite obtenir la confiance du Parlement à la majorité absolue d'ici septembre. Faute de quoi, l'Assemblée sera dissoute et de nouvelles élections législatives auront lieu.

La Tunisie, où le dernier scrutin législatif s'est déroulé en octobre, aurait alors 90 jours pour organiser ce vote anticipé, soit avant fin 2020.

Dans une déclaration publiée par la présidence de la République M. Mechichi a estimé que son nouveau poste représente une "grande responsabilité et un grand défi surtout dans les circonstances actuelles de notre pays" promettant de "travailler pour former un gouvernement qui répondra à toutes les attentes des Tunisiens".

Sa désignation intervient le jour où la Tunisie fête le 63e anniversaire de la République, un jour qui marque l'abolition du régime monarchique et la proclamation de la République en 1957.

Ce jour commémore aussi le premier anniversaire de décès de Béji Caid Essebsi, premier président tunisien élu au suffrage universel en 2014, mort à quelques mois de la fin de son mandat à l'âge de 92 ans.

"Blocage des travaux"

M. Mechichi succèdera à Elyes Fakhfakh qui, fragilisé par une affaire de conflit d'intérêt, a démissionné sous la pression du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, qui avait déposé une motion de défiance contre lui.

Le nouveau Premier ministre a la difficile tâche de rassembler une majorité au sein d'un Parlement profondément fragmenté.

Elue en octobre, l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) est composée d'une myriade de partis, dont certains sont à couteaux tirés. C'est le cas notamment du Parti destourien libre (PDL) de l'anti-islamiste Abir Moussi (16 députés sur 217) et du parti Ennahdha, la première force au parlement (54 députés).

Durant les deux dernières semaines, des plénières n'ont pas été tenues en raison des échanges violents entre notamment ces deux blocs, et un sit-in du PDL réclamant le départ du président du parlement Rached Ghannouchi, également chef d'Ennahdha.

Ce dernier fait l'objet d'une motion de retrait de confiance qui sera examinée lors d'une plénière le 30 juillet.

Lundi, le président Saied a mis en garde contre un état de "chaos" au sein du Parlement et un "blocage des travaux d'une institution constitutionnelle".

Dans un communiqué publié vendredi, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme a estimé que les gouvernements successifs n'avaient pas réussi à établir "une politique de développement capable de réduire le chômage, les déséquilibres régionaux, l'inflation financière et les déficits commerciaux".

La Tunisie, qui a pris avec succès des mesures drastiques pour circonscrire l'épidémie de coronavirus, est frappée de plein fouet par les retombées économiques et sociales de la fermeture des frontières.

Des milliers d'emplois sont sur la sellette alors que la population est déjà exaspérée par le manque de perspectives dans un pays où le taux de chômage officiel dépasse les 30% dans certaines régions et parmi les jeunes.

Ces dernières semaines, le sud du pays a enregistré des mouvements de protestation contre le chômage et une politique de marginalisation.

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