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Crimes/enquêtes

Ghana: un député et son chauffeur tués par des braqueurs présumés

Une barrière de police à Accra, Ghana, le 31 mars 2020.

Un député ghanéen en campagne électorale et son chauffeur ont été tués par balle vendredi à l'aube par des braqueurs présumés, sur une autoroute à environ 100 kilomètres de la capitale Accra, a-t-on appris auprès de responsables de son mouvement, le New Patriotic Party (NPP).

Le député du Mfantseman, Ekow Quansah Hayford, quittait sa circonscription - où il faisait campagne en vue des élections législatives du 7 décembre - lorsque son convoi a été bloqué.

"Le chauffeur a tenté de passer le barrage, mais ils ont tiré sur lui", a raconté Wofa Yaw, un responsable du parti qui accompagnait le parlementaire dans son déplacement.

M. Hayford a expliqué aux assaillants qu'il "était le député de la circonscription", selon M. Yaw. "Ils ont immédiatement tiré sur lui et il est mort sur place". Le chauffeur est décédé plus tard à l'hôpital.

Les braqueurs "nous ont demandé de nous allonger, certains ont pris la fuite dans la brousse. C'était terrifiant, on entendait que des coups de feu", a témoigné auprès de l'AFP l'une des victimes du braquage, qui a souhaité conserver l'anonymat.

"Je suis choqué et attristé par l'annonce du meurtre du député du Mfantseman (...) par des braqueurs présumés tôt ce matin", a réagi sur Facebook le président du Ghana, Nana Akufo-Addo. "La police doit arrêter au plus vite les responsables de cet horrible et cruel acte".

Le parti d'opposition, le National Democratic Congress (NDC), a indiqué suspendre jusqu'à lundi la campagne électorale dans cette circonscription en soutien au parti adverse endeuillé.

Les élections législatives et présidentielle sont prévues le 7 décembre au Ghana, pays anglophone de 30 millions d'habitants. Le président Nana Akufo-Addo est candidat à sa réélection.

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Mégaprojet en Ouganda et en Tanzanie : TotalEnergies jugé en France

Une enseigne de la multinationale française TotalEnergies.

Le groupe français a été assigné mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris par six ONG qui lui reprochent de manquer à son "devoir de vigilance" sur un mégaprojet pétrolier en Ouganda et en Tanzanie.

Les Amis de la Terre, Survie et quatre ONG ougandaises accusent TotalEnergies de mener ce projet au mépris des droits humains et de l'environnement et somment le groupe de respecter une loi votée en 2017, qui impose aux multinationales un "devoir de vigilance" sur leurs activités dans le monde.

Cette législation les oblige à "prévenir les atteintes graves envers les droits humains, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l'environnement" chez leurs sous-traitants et fournisseurs étrangers à travers un "plan de vigilance" qui doit cartographier les risques et établir les mesures pour les prévenir. Cette audience est la première sur le fond devant la justice depuis le vote de 2017.

Dans le cas de TotalEnergies, les six ONG ont dans leur viseur deux chantiers colossaux: "Tilenga", un forage de 419 puits en Ouganda en partie situés dans un parc naturel, et le projet EACOP (East African Crude Oil Pipeline), plus long oléoduc chauffé au monde, destiné à transporter les hydrocarbures jusqu'à l'océan Indien en traversant la Tanzanie sur 1.445 km.

La phase active des travaux a débuté en février et la production de pétrole en Ouganda, pays autoritaire d'Afrique australe, doit démarrer en 2025 en dépit des condamnations du projet par le Parlement européen, quatre rapporteurs spéciaux de l'ONU et de nombreux responsables politiques et associatifs.

L'avocat des associations, Louis Cofflard, a regretté que TotalEnergies n'ait pas mis à profit les trois années de procédure pour "s'engager et se conformer à ses obligations", regrettant une "forme de cynisme" chez le groupe pétrolier et gazier.

En face, l'avocat de TotalEnergies, Antonin Lévy, a assuré qu'il préferait se concentrer sur "l'irrecevabilité" des demandes. Les ONG veulent faire "le procès de TotalEnergies, de Tilenga et d'EACOP, de la Tanzanie, de l'Ouganda et leurs dirigeants", a-t-il dénoncé. La décision a été mise en délibéré au 28 février.

L'armée nigériane accusée d'avoir fait avorter illégalement des femmes rescapées de jihadistes

Hauwa Joseph, une écolière kidnappée de Chibok, est assise avec son bébé à Maimalari Barracks à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, le 21 juin 2022.

Les forces armées nigérianes sont accusées d'avoir mené depuis près de dix ans un programme d'avortements de masse sur des femmes rescapées des groupes jihadistes dans le nord-est du pays, selon une enquête de l'agence de presse Reuters publiée mercredi et démentie en bloc par l'armée.

Selon cette enquête, l'armée nigériane mène depuis 2013 un programme "d'avortements secrets, systématiques et illégaux dans le nord-est du pays, mettant fin à au moins 10.000 grossesses chez des femmes et des jeunes filles, dont beaucoup avaient été enlevées et violées par des combattants jihadistes".

"La plupart des avortements" ont été pratiqués sans le consentement de ces femmes, "souvent" à leur insu, rapportent les journalistes qui s'appuient sur les témoignages de 33 femmes et jeunes filles, cinq travailleurs de santé et neuf personnels de sécurité impliqués dans ce programme, mais aussi sur des documents militaires et des registres d’hôpitaux.

Les femmes et les filles étaient enceintes de quelques semaines à huit mois. "Certaines n'avaient que 12 ans", affirme cette enquête. Selon les témoignages recueillis par les journalistes, les soldats assuraient aux femmes que les pilules et les injections données "étaient destinées à rétablir leur santé et à combattre des maladies telles que le paludisme".

"Dans certains cas, les femmes qui résistaient étaient battues, frappées à coups de bâton, tenues en joue ou droguées pour qu'elles obéissent", ajoute cette enquête.

L'armée, dans un document de cinq pages cité dans l'enquête de Reuters et consulté mercredi par l'AFP, nie l'existence d'un tel programme. Elle assure que sa mission est de protéger les civils, et affirme que l'enquête est "une insulte aux Nigérians et à leur culture".

Au Nigeria, la religion tient une place centrale, que ce soit dans le nord à majorité musulmane ou dans le sud à majorité chrétienne. L'avortement y est illégal, sauf lorsque la vie de la mère est en danger. Dans le nord, il est passible de 14 ans d'emprisonnement, rappelle l'enquête de Reuters.

Dans sa réaction, l'armée nigériane martèle qu'elle ne peut être à l'origine d'un "programme aussi maléfique" et "certainement pas sur (son) propre sol". Les avortements forcés peuvent "constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", avance Reuters qui a consulté quatre experts juridiques.

Confrontés à une insécurité généralisée, dont l'insurrection jihadiste de Boko Haram et de l'Etat islamique dans le nord-est, les Nigérians éliront le 25 février un successeur au président Muhammadu Buhari, qui ne se représente pas après deux mandats, comme le prévoit la Constitution.

Corruption au Mozambique: onze proches du pouvoir condamnés à des peines de prison

Ndambi Guebuza (à gauche), fils de l'ancien président du Mozambique Armando Guebuza, avec son père au début de la procédure judiciaire à la prison centrale de Maputo, le 30 novembre 2022.

Onze proches du pouvoir au Mozambique, dont le fils d'un ex-président, ont été condamnés mercredi à des peines de prison ferme dans le gigantesque scandale de corruption dit de la "dette cachée", qui avait plongé le pays dans une grave crise financière.

Près de dix ans après les faits, un tribunal spécial aménagé sous une tente blanche dans la cour d'une prison de la capitale Maputo a rendu son verdict. Aucun tribunal n'était assez grand pour juger l'un des plus grands scandales qui a secoué le pays parmi les plus pauvres du monde.

L'affaire concerne des prêts secrets de deux milliards de dollars accordés par des banques étrangères à des entreprises publiques mozambicaines, et garantis par l'Etat, officiellement pour des contrats d'équipements de pêche et de surveillance maritime. Le procès, retransmis en direct à la radio et à la télévision, s'est ouvert l'an dernier et a duré sept mois.

En combinaisons oranges de prisonniers pour certains, les 19 accusés étaient sur le banc pour la lecture du verdict qui a duré une semaine. Tous des proches du pouvoir, jugés pour chantage, faux, détournement de fonds et blanchiment.

"Les crimes commis ont eu des effets qui dureront des générations. Le pays a été bloqué, l'aide financière à l'Etat suspendue et la pauvreté s'est aggravée pour des milliers de Mozambicains", a déclaré le juge Efigenio Baptista lors de l'énoncé du verdict.

Les plus grands coupables dans l'affaire sont l'ancien chef des services de renseignement et de la sécurité de l'Etat, Gregorio Leao, et l'ex-patron du renseignement économique, Antonio do Rosario, a-t-il estimé, les condamnant chacun à 12 ans de réclusion.

"Ils devaient être les gardiens de l'Etat", au lieu de cela, "ils ont cherché le point faible du président en approchant sa famille", a fustigé le juge.

Scandale de la "dette cachée" au Mozambique : bientôt les sentences
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"Goûts de luxe"

Ndambi Guebuza, fils de l'ancien chef d'Etat Armando Guebuza, a été reconnu coupable d'avoir joué les facilitateurs auprès de son père alors au pouvoir. En échange, il a touché 33 millions de dollars en pots-de-vin, dépensés en hôtels de luxe, voitures et somptueuses villas.

Le fils du président a "financé ses goûts de luxe aux dépens de l'appauvrissement du peuple", a déclaré le juge. Il a également écopé de 12 ans de prison.

Au total, onze accusés ont été envoyés derrières les barreaux, et huit ont été acquittés.

L'actuel chef de l'Etat, Filipe Nyusi, a été mis en cause dans plusieurs témoignages. Il n'a toutefois pas été inquiété par la justice jusqu'ici.

L'affaire remonte à 2013-2014. Nyusi est alors ministre de la Défense. Trois entreprises publiques mozambicaines empruntent secrètement deux milliards de dollars auprès de banques internationales pour financer des achats de navires de pêche et de patrouilleurs militaires.

Le scandale a éclaté en 2016: l'argent a été emprunté secrètement, sans l'aval du Parlement et dans le dos des créanciers du pays dépendant de l'aide internationale. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale se retirent.

L'ancienne colonie portugaise fait défaut sur sa dette et sa monnaie, le metical, s'effondre. Le pays plonge dans la plus grave crise financière depuis son indépendance en 1975.

Le FMI a accordé un nouveau crédit au Mozambique en mars (456 millions de dollars), le premier depuis le scandale.

Mais qu'est-il advenu de l'argent emprunté? Surveillance maritime, patrouilleurs, chalutiers... Plusieurs audits n'ont pu déterminer exactement ce qui a été acheté.

Certains des bateaux commandés par la Compagnie mozambicaine de thon (Ematum) à la France, ont bien été livrés et rouillent au port par manque de marins qualifiés, selon un rapport soumis à la justice.

Reste qu'une partie des sommes demeure introuvable. Selon un audit indépendant, 500 millions de dollars ont été détournés. D'autres procédures sont en cours en Suisse, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. La banque Credit Suisse a été condamnée l'an dernier pour son rôle dans l'octroi des prêts secrets.

La Trump Organization reconnue coupable de fraude fiscale à New York

Un véhicule de la police de New York devant la Trump Tower à Manhattan, le 20 février 2022.

L'entreprise familiale de Donald Trump, la Trump Organization, a été reconnue coupable mardi de fraudes financières et fiscales au terme d'un procès à New York où l'ancien président républicain n'était pas jugé.

C'est la première fois que le groupe du milliardaire américain, qui rassemble clubs de golf, hôtels de luxe et des propriétés immobilières, est condamné au pénal, a indiqué dans un communiqué le procureur de Manhattan, Alvin Bragg.

Même s'il n'était pas poursuivi personnellement et si la sanction encourue, une amende de 1,5 million de dollars, est relativement faible par rapport à la taille de la Trump Organization, il s'agit d'un revers judiciaire pour l'ex-président (2017-2021), désormais officiellement candidat à l'investiture républicaine pour 2024.

Donald Trump aborde cette course dans une position moins bonne qu'il n'espérait, affaibli par les résultats décevants pour les républicains qu'il soutenait aux élections de mi-mandat, tandis que l'un de ses rivaux potentiels, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, a été réélu triomphalement.

Le jury du tribunal de Manhattan, qui s'était retiré lundi pour délibérer après plus d'un mois d'audiences, "a déclaré la Trump Corporation et la Trump Payroll Corporation coupables sur tous les chefs d'accusation", 17 au total, a ajouté le procureur Alvin Bragg, un élu démocrate.

La sentence devrait être prononcée le 13 janvier 2023, ont ajouté ses services.

Appel

Les deux entreprises étaient jugées pour fraude fiscale et falsifications de déclarations comptables, notamment dans le but de cacher aux services fiscaux des compensations financières de certains hauts dirigeants, en particulier son ancien directeur financier Allen Weisselberg, qui avait plaidé coupable et a témoigné au procès.

"Pendant 13 ans, la Trump Corporation et la Trump Payroll Corporation ont échappé à la loi en accordant à des cadres de haut niveau des avantages et des rémunérations somptueuses, tout en dissimulant intentionnellement ces avantages aux autorités fiscales pour éviter de payer des impôts", a ajouté M. Bragg, évoquant une "affaire de cupidité et de tricherie".

Dans un communiqué intitulé "chasse aux sorcières", Donald Trump a au contraire ironisé sur la justice qui "a examiné des millions de pages de documents, pendant de nombreuses années, pendant que les meurtres et les crimes violents atteignent des records à New York".

"Nous sommes en désaccord avec ce verdict (et) nous ferons appel", a aussi réagi dans une déclaration transmise à l'AFP une avocate de la Trump Organization, Susan Necheles.

"M. Weisselberg a déclaré sous serment qu'il avait 'trahi' la confiance que la société avait placée en lui et qu'il avait, à tout moment, agi 'uniquement' pour son 'gain personnel' et par 'avidité personnelle'", a aussi argumenté une porte-parole de l'organisation.

Proche de Donald Trump, Allen Weisselberg avait plaidé coupable de 15 chefs d'accusation de fraude et d'évasion fiscales portant sur 1,76 million de dollars de revenus non déclarés entre 2005 et 2021.

Mercedes et cash

Ce septuagénaire, qui a témoigné au procès, a reconnu avoir profité d'avantages en nature non déclarés: un appartement dans un quartier huppé de Manhattan, la location de deux Mercedes pour lui et sa femme, ou de l'argent liquide pour ses vacances.

Donald Trump est visé par plusieurs procédures judiciaires, mais il ne fait pour l'instant l'objet d'aucune inculpation.

Trois jours après sa déclaration de candidature pour 2024, mi-novembre, le ministre de la Justice Merrick Garland avait annoncé la nomination d'un procureur spécial, Jack Smith, pour reprendre deux enquêtes en cours de la justice américaine: l'une sur les efforts de l'ancien locataire de la Maison Blanche pour changer les résultats de la présidentielle de 2020, l'autre sur la gestion des archives présidentielles.

A partir d'octobre 2023, Donald Trump comparaîtra aussi à New York, au civil cette fois, avec trois de ses enfants, accusé comme eux de pratiques fiscales frauduleuses au sein de la Trump Organization.

Dans cette affaire, la procureure générale de l'Etat de New York, Letitia James, accuse le milliardaire républicain et ses enfants d'avoir "délibérément" manipulé les évaluations des actifs du groupe pour obtenir des prêts plus avantageux auprès des banques ou réduire ses impôts.

Elle réclame 250 millions de dollars de dommages-intérêts au nom de l'Etat, ainsi que des interdictions de diriger des sociétés pour l'ex-président et ses proches.

Au tribunal de Dakar, confrontation entre Ousmane Sonko et Adji Sarr

Au tribunal de Dakar, confrontation entre Ousmane Sonko et Adji Sarr
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Au Sénégal, l’opposant Ousmane Sonko a fait face mardi à Adji Sarr, la masseuse qui l’accuse de viols répétés et de menaces de mort. Cette confrontation décidée par le doyen des juges d’instruction se déroule au tribunal de Dakar.

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