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George Weah, étoile africaine du foot, devient président du Liberia

George Weah et son épouse Clar devant leur maison à Monrovia, Liberia, 23 décembre 2017.

Enfant des bidonvilles de Monrovia devenu star planétaire du foot dans les années 1990, George Weah a réalisé le rêve de sa seconde vie en devenant président du Liberia.

A 51 ans, l'ex-attaquant vedette du PSG et du Milan AC a largement remporté le second tour de l'élection présidentielle, avec 61,5% des voix face à son adversaire Joseph Boakai.

>> Lire aussi : Large victoire de George Weah à la présidentielle au Liberia

Seul Africain à avoir remporté le Ballon d'or, en 1995, Weah était largement absent du pays pendant la guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003.

Entré en politique à la fin du conflit, il avait été battu au second tour de la présidentielle de 2005 par Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'Etat en Afrique, puis comme candidat à la vice-présidence en 2011.

Son parti criera alors en vain à la fraude.

Cette fois, alors que son adversaire Joseph Boakai a multiplié les procédures pour dénoncer les "fraudes et irrégularités" ayant selon lui entaché le premier tour, "Mister George" a appelé ses partisans à la patience et au calme.

Samedi, il avait effectué une démonstration de force en rassemblant des dizaines de milliers de partisans dans le plus grand stade du pays à Monrovia, affirmant: "Je sais que (Joseph) Boakai ne peut pas me battre. J'ai le peuple avec moi".

>> Lire aussi : Weah, le mythique "Mister George" du PSG

Quinze ans après avoir raccroché les crampons, il assure avoir "gagné en expérience" sur le terrain politique et appris de ses échecs.

En décembre 2014, il remporte son premier mandat en devenant sénateur, distançant très largement l'un des fils de Mme Sirleaf.

"Personne ne devrait avoir peur du changement. Regardez ma vie: je suis passé de footballeur à homme politique", a-t-il lancé pendant la campagne. "Vous pouvez vous aussi être cette personne. Nous sommes pareils", a ajouté l'ex-star du ballon rond, élevé par sa grand-mère à Gibraltar, un bidonville de Monrovia.

- Maison brûlée -

A ses critiques qui jugent son programme trop vague et pointent son absentéisme au Sénat, il rétorque par son bilan en matière de santé et d'éducation, la proximité qu'il cultive avec la population et des promesses. "Je vais m'assurer que nos hôpitaux soient équipés, que nos médecins et nos infirmières soient formés et qu'ils soient encouragés à travailler".

Weah a choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, l'ex-épouse de l'ancien chef de guerre et président Charles Taylor (1997-2003), une sénatrice respectée.

>> Lire aussi : Le Liberia, un pays qui peine à se redresser après Ebola

Mais George Weah, tout en affirmant que "tout le monde était l'ami de Charles Taylor", le répète: il n'entretient "pas de contact" avec l'ancien président, condamné en 2012 par la justice internationale à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre en Sierra Leone voisine.

Pendant la guerre civile, Weah avait plaidé pour la paix au Liberia, appelant l'ONU à sauver son pays. En rétorsion, des rebelles avaient brûlé sa maison de Monrovia et pris en otage deux de ses cousins.

- Du Tonnerre au Rocher -

Membre de l'ethnie kru, une des principales du Liberia, et ne faisant donc pas partie le l'élite descendant d'anciens esclaves américains qui dominent traditionnellement la vie politique, George Weah a vu sa vie basculer une première fois en 1988, à l'âge de 22 ans, grâce à Arsène Wenger.

>> Lire aussi : Jewel Howard-Taylor, bien plus qu'une ex-première dame pour seconder Weah

Alors entraîneur de Monaco, le tacticien français l'avait déniché au Tonnerre Yaoundé, au Cameroun, et fait venir au pied du Rocher monégasque.

Pendant 14 ans, le solide attaquant allait jouer dans les plus grands clubs européens -- Paris SG et Milan AC, à l'apogée de sa carrière, puis Chelsea, Manchester City, Marseille --, amassant une fortune considérable.

Mais il a gardé ses attaches dans la banlieue de Monrovia, où il tape encore le ballon avec des amis.

Avec AFP

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Combats entre des rebelles du Soudan du sud et des forces gouvernementales

Les combats au Soudan du Sud sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Des combats ont éclaté mardi non loin de la capitale du Soudan du Sud entre les forces gouvernementales et des rebelles qui ont refusé l'accord de paix signé il y a quelques mois, a annoncé le groupe rebelle.

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Juba, la capitale, selon le correspondant de l'AFP, au moment où les combats ont commencé à 100 kilomètres de là, à Lobonok. Ces combats sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Le Front national du salut (NAS), lancé par l'ancien général Thomas Cirillo Swaka en 2017 qui voulait renverser le régime du président Salva Kiir, a annoncé qu'il avait subi une attaque mardi matin.

Le NAS a précisé dans un communiqué avoir tué huit "soldats ennemis", information qui n'a pu être confirmée de source indépendante.

"Le commandement du NAS à Lobonok s'attend à plus d'attaques," selon le communiqué.

Lobonok se trouve près de la ville natale de l'ex-général Cirillo et a longtemps été un bastion des rebelles. Les derniers combats dans cette zone remontent à juin 2018.

"Depuis ce matin, nous n'arrivons pas à contacter nos commandants sur le terrain [à Lobonok] et nous n'avons pas d'informations fraîches de là-bas," a déclaré à l'AFP Lul Ruai Koang, porte-parole militaire sud-soudanais.

Cependant, des soldats ont été déployés à Juba, effectuant plus de contrôles de sécurité que d'habitude, selon le correspondant de l'AFP.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.

Avec AFP

Gambie: l'ex-président Jammeh accusé d'avoir fait tuer des dizaines de migrants ghanéens

L'ancien président de la Gambie, Yahya Jammeh, le 27 septembre 2009.

Une trentaine de migrants originaires du Ghana ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire sur ordre de l'ex-président gambien Yahya Jammeh, ont accusé mardi deux anciens membre de la garde présidentielle, reconnaissant avoir participé au massacre.

Le témoignagne ressort d'une audition publique devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC)

Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient 30 Ghanéens faisant partie d'un groupe de migrants clandestins --44 Ghanéens et plusieurs Nigérians, Sénégalais et Togolais-- arrêtés sur une plage de Gambie alors qu'ils tentaient de se rendre en Europe.

"Yahya Jammeh a ordonné l'exécution de ces ressortissants étrangers", présentés comme des "mercenaires", a déclaré devant la TRRC Omar Jallow, ex-membre des "junglers", une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale.

Selon son récit, qui confirme une enquête des ONG Human Rights Watch (HRW) et TRIAL, ces 30 Ghanéens ont été emmenés dans le village du président, Kanilai, avant d'être exécutés de l'autre côté de la frontière sénégalaise.

Les autres migrants ont également été tués, à l'exception d'un unique survivant ghanéen, Martin Kyere, qui avait réussi à sauter du véhicule en marche. Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a toujours démenti être impliqué dans ces assassinats.

Un autre militaire, Malick Jatta a également avoué mardi avoir tué l'un des migrants ghanéens, mais assuré avoir épargné un fuyard, dans une probable référence à Martin Kyere.

Omar Jallow a expliqué que leur commandant, le lieutenant Solo Bojang, "nous a dit que l'ordre de l'ancien chef de l'Etat (Yahya Jammeh) était de les fusiller". "On les a conduits un par un jusqu'au lieu d'exécution et Sanna Manjang et Malick Jatta leur ont tiré dessus et les ont jetés dans un puits".

Sanna Manjang, déserteur de l'armée en fuite, a été accusé lundi par Malick Jatta d'avoir participé, sur ordre de Yahya Jammeh, à l'assassinat en 2004 du journaliste Deyda Hydara, cofondateur du journal privé The Point et correspondant de l'AFP. M. Jatta a reconnu avoir participé à cet assassinat.

"La question maintenant est de savoir si Jammeh devra rendre des comptes", a réagi le conseiller juridique de Human Rights Watch Reed Brody.

- Demi-frère du président -

Omar Jallow a aussi expliqué que l'un des migrants lui avait donné "100 dollars pour qu'il puisse faire ses prières" mais qu'il avait été immédiatement abattu par Sanna Manjang. "J'ai gardé les 100 dollars".

L'ancien membre des "junglers" a ajouté avoir participé à l'exécution d'un demi-frère du président, Haruna Jammeh, peu après son interpellation en 2005 par la redoutée Agence nationale du renseignement (NIA).

Le demi-frère du président a été conduit dans une forêt proche de Kanilai, où "Sanna Manjang l'a tué d'un coup sur la nuque", a dit Omar Jallow.

Arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, Yahya Jammeh s'était fait élire en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent son régime de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées pendant ses 22 ans de pouvoir.

Après six semaines d'une crise à rebondissements, il a finalement dû quitter son pays en janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Interrogé début 2018 sur une éventuelle demande d'extradition de Yahya Jammeh, Adama Barrow a répondu qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer.

Avec AFP

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