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Skripal était surveillé depuis 5 ans par les services russes selon Londres


L'ancien colonel des services de renseignements russes Sergueï Skripal au tribunal militaire du district de Moscou, le 9 août 2006.

L'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia étaient tous deux surveillés depuis au moins cinq ans par les renseignements russes, selon le conseiller national à la sécurité britannique.

"Selon nos informations, l'intérêt des services de renseignement russes pour les Skripal remonte au moins à 2013, lorsque des comptes emails appartenant à Ioulia Skripal ont été visés par les cyber-spécialistes du Gru", le service de renseignement militaire russe, souligne Mark Sedwill dans une lettre adressée au secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg et publiée par l'agence de presse britannique Press Association.

Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été retrouvés inconscients, le 4 mars, sur un banc à Salisbury (sud de l'Angleterre), où vit l'ex-agent double russe de 66 ans.


Lire aussi : L'OIAC confirme la thèse de Londres sur l'origine russe du poison dans l'affaire Skripal

La police britannique estime qu'ils sont entrés en contact avec le poison - un agent innervant de la famille Novitchok, selon Londres- au domicile de l'ex-espion, où sa fille était venue lui rendre visite de Russie, une thèse reprise par Mark Sedwill.

Le laboratoire militaire britannique de Porton Down, spécialisé dans les recherches chimiques et biologiques, a déterminé que les "plus fortes concentrations" d'agent innervant avaient été "découvertes sur la poignée de la porte" d'entrée du domicile de M. Skripal, écrit le conseiller britannique dans sa lettre, évoquant un programme russe comportant des similitudes avec l'affaire.

"Au cours des années 2000, dit-il, la Russie a lancé un programme visant à tester les moyens de transport d'agents de guerre chimique et à former le personnel des unités spéciales à l'utilisation de ces armes".

"Ce programme comprenait par la suite l'étude des moyens d'administrer des agents innervants, y compris par application sur les poignées de porte", souligne-t-il.

"Au cours de la dernière décennie, la Russie a produit et stocké de petites quantités de Novitchok dans le cadre du même programme", assure encore Mark Sedwill.

"Nous continuons donc à juger que seule la Russie dispose des moyens techniques, de l'expérience opérationnelle et du mobile de l'attaque contre les Skripal", conclut le responsable britannique. "Il n'y a pas d'autre explication plausible".

- 'Nouvel excès' -

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a annoncé jeudi que les analyses en laboratoires "confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l'identité de l'agent chimique toxique utilisé à Salisbury".

La substance chimique est d'une "grande pureté", a précisé l'organisation, sans toutefois établir de responsabilités dans cette affaire.

S'appuyant sur ces conclusions, Londres a réitéré ses accusations contre Moscou. "Il ne peut y avoir aucun doute sur ce qui a été utilisé", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, en désignant la Russie.

Moscou, qui clame son innocence, a de son côté annoncé qu'elle ne "croira" aucune conclusion dans l'affaire Skripal tant que "ses experts n'obtiendront pas l'accès aux échantillons des analyses". De nombreaux diplomates ont été expulsés suite à cette affaire.

Vendredi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé Londres de "déformer" les conclusions de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

>> Lire aussi : La Russie porte le dossier devant le Conseil de sécurité dans l'affaire Skripal

"Des hommes politiques tels que Boris Johnson tentent une nouvelle fois de déformer la réalité en affirmant que les conclusions de l'OIAC signifient la validation de toutes les thèses de la Grande-Bretagne sans exception", a déclaré M. Lavrov lors d'une conférence de presse. "L'OIAC n'a fait que confirmer la composition de la substance chimique" utilisée contre Sergueï Skripal et sa fille, et non son origine, a-t-il ajouté.

L'ambassadeur russe à Londres Alexandre Iakovenko a annoncé vendredi la publication d'un rapport de 33 pages sur l'affaire. Il a également remis en cause l'affirmation de la diplomatie britannique selon laquelle Ioulia Skripal avait rejeté une proposition d'aide consulaire de la Russie.

"Nous ne pouvons pas être sûrs que le refus de Ioulia de nous voir est authentique. Nous avons toutes les raisons de considérer de telles actions comme l'enlèvement de deux ressortissants russes", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Avec AFP

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