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De nombreuses interrogations après un putsch raté

Patrouille de gendarmes gabonais sur la place de la démocratie à Libreville le 7 janvier 2018.

Qui a poussé de jeunes militaires au soulèvement lundi au Gabon ? Etait-ce un acte isolé spontané ou une manipulation sur fond de guerre de clans ? La genèse du coup d'Etat raté à Libreville, dans un pays privé de président depuis plus de deux mois, reste mystérieuse.

En visite mardi à la Radio-télévision gabonaise (RTG), où l'appel au soulèvement a été lancé lundi à l'aube, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a parlé d'un "acte isolé".

Tandis qu'une source à la présidence a évoqué à titre personnel "un acte d'illuminés", tout en appelant à "attendre les premiers résultats d'enquête" et "ne pas spéculer".

Mardi, au lendemain de la tentative de putsch, le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une enquête, après que les militaires arrêtés ont été mis à la disposition de la justice. Le procureur ne s'était pas exprimé mercredi.

Au-delà des réactions officielles, dans les rues de Libreville, où l'activité a repris dès mardi comme si rien ne s'était passé, certains ne veulent pas croire à l'action spontanée.

"Peut-être y a-t-il des hauts gradés derrière cette tentative qui ont abandonné les militaires quand les autorités ont encerclé la radio?", s'interroge un Librevillois sous couvert d'anonymat.

"Quels sont les ressorts cachés de cette entreprise? Qui en sont les véritables commanditaires et quelle est l'étendue des complicités? A qui profite cette situation?", s'interrogeait dès mardi en conférence de presse Alexandre-Barro Chambrier, un des leaders de l'opposition.

-"A qui profite cette situation?"-

Au Gabon, où les intrigues et magouilles financières entre politiciens remplissent régulièrement les pages de la presse, les accusations de "manipulations politiques" reviennent à chaque événement.

Et en l'absence du président Ali Bongo Ondimba, en convalescence au Maroc et absent du pays depuis deux mois et demi, les commentaires sur les tensions internes au pouvoir et présumées velléités d'influence de chacun font jaser.

Il y est notamment question de tensions entre clans, autour d'un côté du directeur de cabinet du président, Brice Laccruche Alihanga, et de l'autre autour du chef des services de renseignement et demi-frère d'Ali, Frédéric Bongo.

La présidence reconnait des "débats" mais aucune "opposition frontale". "Ces débats peuvent être vifs parce que l'enjeu est important. Il peut y avoir des propositions concurrentes, c'est normal", indique la source à la présidence.

"Le contexte gabonais fait que des partisans des uns et des autres peuvent interpréter ce qu'il se passe" mais, ajoute cette source, "tout le premier cercle autour du président est ici avec lui".

- "putsch de témoignage" -

Pour le journaliste Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique, les jeunes militaires ont tenté un "putsch de témoignage". "C'est un putsch qui appelle la société civile à bouger et à s'élever en pensant que le moment est arrivé", a-t-il réagi lundi soir à la télévision France 24.

Membre de la Garde républicaine (GR), le chef du commando putschiste, Kelly Ondo Obiang, a déclaré vouloir lancer une "opération dignité" pour "sauver la démocratie, préserver l'intégrité du territoire national et la cohésion nationale".

Dans son appel au soulèvement, le jeune lieutenant a cité plusieurs personnalités de la société civile, de la diaspora, ainsi que des militaires, pour qu'ils rejoignent le mouvement.

Parmi les personnalités citées, celles qui se sont exprimées publiquement ont récusé une quelconque affiliation aux putschistes.

Dans l'opposition, certains voient dans cet événement une conséquence à la "frustration" de l'élection présidentielle controversée de 2016, quand d'autres le lient à l'état de santé du président Bongo.

Celle-ci est au coeur des débats et les rumeurs de manipulation sont aussi nombreuses, certains parlant de "montage" pour décrire la vidéo de voeux présidentiels de la Saint Sylvestre.

Dans cette première prise de parole publique depuis son hospitalisation le 24 octobre après un accident vasculaire cérébral (AVC), Ali Bongo, 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, y apparait changé, avec un léger strabisme.

La date de son retour au Gabon n'est pas connue. Un nouveau gouvernement doit être nommé sous peu, après l'élection du nouveau bureau de l'Assemblée nationale, vendredi, indique la présidence.

Avec AFP

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Quatre marins chinois kidnappés au Gabon libérés au Nigeria

Un bateau est amarré dans le port de Port-Gentil au Gabon, le 17 janvier 2017. (VOA/ Timothee Donangmaye)

Quatre marins chinois enlevés à la mi-décembre dans l'Estuaire du Gabon, zone habituellement préservée de la piraterie de la région, ont été libérés au Nigeria, a annoncé le consulat de Chine à Lagos.  

"Le consulat général de Lagos (Nigeria) a travaillé avec les ambassades concernées et les entreprises chinoises pour combiner les efforts déployés à leur sauvetage, et les otages ont été libérés sains et saufs", affirme un communiqué en chinois daté du 12 janvier et publié sur le site du consulat.

Le consul général, Chu Maoming, a rendu visite aux marins libérés avant leur retour en Chine et a souligné que "la piraterie est rampante au Nigeria et la criminalité transfrontalière est un lourd problème" dans le golfe de Guinée.

Un responsable des services de sécurité nigérians a confirmé à l'AFP mardi sous couvert d'anonymat que les quatre marins chinois avaient été "sauvés par une force conjointe nigériane en haute mer, au niveau d'Escravos", au large de l'Etat de Delta, coeur pétrolier du Nigeria, où sévissent de nombreuses bandes criminelles.

Dans la nuit du 21 au 22 décembre, des pirates avaient attaqué quatre navires en rade de Libreville, tué un commandant de bord gabonais et enlevé quatre employés chinois.

Le golfe de Guinée, qui s'étend des côtes du Sénégal à celles de l'Angola en passant par celles du Nigeria, sur 5.700 km, est devenu ces dernières années le nouvel épicentre de la piraterie mondiale devant le golfe d'Aden, au large de la Somalie.

Début janvier, quatre membres de la marine nigériane ont été tués et deux Russes ainsi qu'un ressortissant indien, membres d'équipage d'un navire pétrolier, ont été kidnappés, puis libérés quelques jours plus tard.

Fin décembre, un pétrolier grec ancré au large d'un port du Cameroun voisin a été pris d'assaut par des hommes armés qui ont enlevé le capitaine et sept membres de son équipage.

Les pirates, originaires du sud du Nigeria, zone très pauvre malgré les deux millions de barils de pétrole qui en sont exportés chaque jour, n'hésitent plus, ces derniers mois, à dépasser les eaux territoriales nigérianes, pour lancer des attaques sur des navires au large des ports du Cameroun, du Bénin ou du Togo.

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