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Fusillade en Allemagne: ce que l'on sait

L'officier de police assurent la sécurité de l'hôtel Stachus après une fusillade à Munich, Allemagne, 22 juillet 2016.

Le jeune Germano-Iranien de 18 ans qui a tué vendredi soir à Munich en Allemagne neuf personnes, avant de se donner la mort, souffrait d'une "forme de dépression" et n'avait aucun lien avec le groupe Etat islamique (EI).

La police a toutefois jugé "évident" le lien entre le jeune forcené, qui a agi seul, et le massacre perpétré il y a tout juste cinq ans par le Norvégien Anders Behring Breivik.

Voici ce que l'on sait :

Que s'est-il passé?

La fusillade a éclaté vendredi peu avant 16H00 GMT dans un restaurant McDonald's avant de se poursuivre dans une rue adjacente. Des témoins évoquent alors trois assaillants qui sont ensuite entrés dans le centre commercial situé près du stade olympique, dans le nord de la ville. Il s'avèrera finalement que ces témoignages étaient erronés. L'homme a agi seul et s'est suicidé après les faits.

Une vidéo amateur, postée sur les réseaux sociaux, montre des gens en train de fuir le restaurant et un homme vêtu de noir tirant à plusieurs reprises sur eux.

La ville de Munich a été pendant huit heures pratiquement en état de siège. Les transports en commun ont été interrompus, la gare centrale fermée et les habitants invités à rester chez eux, tandis que des hélicoptères sillonnaient le ciel de la capitale bavaroise, dans le sud de l'Allemagne.

Mobilisation sans précédent

Plus de 2.000 policiers ont été mobilisés au moment où les autorités pensaient que plusieurs auteurs étaient en fuite. Parmi eux, des unités d'intervention d'élite venues de tout le pays, y compris le GSG9: cette unité spécialisée dans la lutte antiterroriste a été créée en Allemagne à la suite de la prise d'otages d'un commando palestinien visant des athlètes israéliens pendant les jeux Olympiques de 1972 à Munich.

Le bilan des victimes

Outre les neuf personnes tuées par balles par le tueur armé d'un pistolet et qui s'est par la suite donné la mort, la police déplore 16 blessés, dont trois très grièvement. Les personnes décédées étaient âgées de 14 à 45 ans, selon la police, la plupart étant des adolescents ou des jeunes.

Parmi les tués, trois sont des citoyens du Kosovo et trois autres de nationalité turque, selon les autorités des pays concernés.

Qui est l'auteur?

Le chef de la police locale Hubertus Andrä a indiqué qu'il s'agissait d'un jeune homme de 18 ans, détenteur de la double nationalité allemande et iranienne, né et qui a grandi à Munich. Selon les médias locaux, il vivait avec ses parents, dans un logement social où résident de nombreux étrangers ou Allemands d'origine étrangère.

Selon les premiers éléments, il souffrait "d'une forme de dépression" et semblait fasciné par les questions "liées aux forcenés", a indiqué samedi M. Andrä.

"Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins", a témoigné Delfye Dalbi, 40 ans, auprès de l'AFP, qui affirme être une de ses voisines. Selon elle, le jeune homme est le fils d'un chauffeur de taxi.

Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux, authentifiée par la police, l'auteur de la fusillade a un échange virulent avec un riverain, au cours duquel il affirme habiter dans un quartier défavorisé et, de manière énigmatique, affirme: "J'étais en traitement hospitalier", possible référence à une prise en charge pour sa dépression.

Attentat jihadiste ou l'acte d'un forcené?

La police de Munich a fait état vendredi peu après les faits d'un soupçon de terrorisme, avant de se montrer dans la nuit plus prudente.

Selon M. Andrä, le tueur, qui transportait sur lui quelque 300 munitions, a crié quelque chose au moment de passer à l'acte mais l'enquête n'a pour l'instant pas permis de préciser ses paroles. Certain médias, citant des témoins, ont affirmé qu'il a crié "Allah Akbar" (Dieu est grand) mais, samedi, la police a écarté tout lien avec la problématique islamiste.

Les autorités ont en revanche souligné la connexion "évidente" entre le jeune forcené de Munich et Anders Behring Breivik : le 22 juillet 2011, cet extrémiste de droite avait massacré 77 personnes en Norvège.

Avec AFP

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Le Sénat vote pour confirmer la juge nommée par Trump à la Cour suprême

La juge Amy Coney Barrett, candidate du président Donald Trump, à Capitol Hill, à Washington, DC, le 21 octobre 2020. Leigh Vogel/Pool via REUTERS

Le Sénat américain devrait confirmer définitivement lundi la nomination à la Cour suprême d'une juge choisie par Donald Trump, qui aura, à huit jours de la présidentielle, durablement consolidé la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé.

Le président républicain avait désigné la magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique conservatrice de 48 ans, pour succéder à l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg après son décès.

Le président républicain compte sur ce vote rondement mené pour satisfaire sa base électorale. Il aura au cours de son mandat nommé trois juges conservateurs au sein du temple du droit américain.

Les démocrates dénoncent de leur côté sa volonté de faire aboutir une nomination aussi capitale, d'une juge choisie à vie, aussi près du scrutin du 3 novembre, mais disposent de peu de leviers pour s'y opposer.

Car les républicains sont majoritaires au Sénat, au moins jusqu'aux élections du 3 novembre puisqu'outre leur président, les Américains renouvelleront aussi partiellement le Congrès.

Réunis exceptionnellement un week-end, les sénateurs ont surmonté dimanche, par 51 voix contre 48, un dernier obstacle procédural pour limiter la durée des débats.

Cela ouvre la voie à un vote solennel en séance plénière lundi sur le nom d'Amy Coney Barrett, déjà validé en commission. La majorité simple de 51 voix, aux mains des républicains, suffira.

"Nous allons donner à cette candidate les votes qu'elle mérite pas plus tard que lundi", avait lancé dès vendredi, à l'ouverture des débats, le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell, balayant les appels démocrates à attendre le résultat des élections.

Six contre trois

Les républicains "supervisent le processus le plus partisan, le plus hypocrite et le moins légitime de l'histoire" des confirmations à la Cour suprême, avait répondu son alter ego démocrate Chuck Schumer, rappelant que le même Mitch McConnell avait refusé, en 2016, d'auditionner un juge nommé par le président de l'époque, Barack Obama, sous prétexte que les élections étaient trop proches.

Le camp présidentiel a globalement fait bloc derrière le choix de Donald Trump. Si deux sénatrices républicaines avaient manifesté leur opposition à ce processus précipité, l'une d'elles, Lisa Murkowski, a prévenu ce week-end que ça ne l'empêcherait pas de voter en faveur de la juge.

"J'ai perdu la bataille de procédure", mais "je n'ai rien contre elle en tant que personne", a-t-elle dit.

L'arrivée de la juge Barrett modifiera considérablement l'équilibre au sein de la haute juridiction, avec une majorité conservatrice de six juges contre trois plus progressistes.

Cette mère de sept enfants opposée à l'avortement pourra, sauf surprise, participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l'élection présidentielle.

Elle siègera donc théoriquement en cas d'examen d'éventuels recours contre les résultats du scrutin.

Surtout, la Cour suprême tranche aux Etats-Unis les débats de société les plus épineux, de l'avortement au port d'armes en passant par les droits des minorités sexuelles.

Les démocrates, à court d'options pour faire barrage à cette nomination, ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare, que Donald Trump veut abroger.

La haute cour doit en effet examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique de l'ex-président démocrate, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé.

Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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