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Six hommes et une femme à la primaire de la gauche en France


Manuel Valls (g.) et François Hollande (d.) à Paris, le 26 novembre 2015.

Sept candidats, six hommes et une femme, vont participer jeudi soir au premier débat de la primaire organisée par le parti socialiste français les 22 et 29 janvier en vue de la présidentielle dans moins de quatre mois. Voici leur profil:

Manuel Valls, le réformiste contrarié

L'ex-Premier ministre, 54 ans, tente le grand écart. Après s'être mis à dos une partie de son camp par un discours pro-entreprises et des positions iconoclastes pour "moderniser" la gauche, ce tenant de l'aile droite du PS assure avoir "changé" et prône la réconciliation.

Entré dans la course après le renoncement du très impopulaire président François Hollande, cet ambitieux au tempérament sanguin, né Espagnol et naturalisé Français à 20 ans, essaie de se démarquer du bilan du chef de l'Etat, quitte à parfois se contredire.

Il a ainsi proposé de supprimer l'article 49-3 de la Constitution auquel il a recouru plusieurs fois en tant que Premier ministre pour imposer une loi sans vote, notamment la loi-travail très controversée à gauche.

Arnaud Montebourg, le protectionnisme sinon rien

Ancien ministre de l'Economie, remercié en août 2014 pour avoir critiqué le virage libéral du président Hollande, Arnaud Montebourg est un électron libre à l'aile gauche du PS, spécialiste des coups d'éclat et ardent défenseur du "made in France".

Ce flamboyant avocat de 54 ans, dont la verve agace parfois jusque dans son propre camp, a souvent porté des thèmes qui ont par la suite fait florès: patriotisme économique, lutte contre la corruption des élus et les paradis fiscaux, dénonciation des politiques d'austérité et du libéralisme de Bruxelles.

Partisan de la relance budgétaire à coups d'investissements massifs, notamment dans les technologies vertes, il promet aussi d'embaucher 12.000 fonctionnaires supplémentaires dans les forces de l'ordre pour répondre aux fortes attentes sécuritaires des Français. Un programme "socialiste, mais pas seulement", affirme l'auto-proclamé "candidat du travail et des salaires".

Benoît Hamon, l'outsider

Ephémère ministre de l'Education (avril-août 2014), cet homme de 49 ans, débarqué du gouvernement au même moment qu'Arnaud Montebourg, s'inscrit plus à gauche que son ancien allié, avec qui il partage la même volonté d'un Etat interventionniste en économie.

Grand pourfendeur de toutes les inégalités, il propose un revenu universel de l'ordre de 750 euros mensuels en réponse à la "raréfaction du travail", projet très critiqué dans son camp.

Il plaide aussi pour la légalisation du cannabis. Il juge que le développement économique ne se réduit pas au PIB et propose un autre modèle de développement.

Vincent Peillon, le candidat surprise

Egalement ancien ministre de l'Education (de 2012 à 2014), ce docteur en philosophie de 56 ans a surgi dans la primaire après avoir déserté le débat politique depuis deux ans pour se consacrer à l'enseignement et l'écriture romanesque.

Après l'éviction choc de la gauche au second tour de la présidentielle en 2002, il avait créé avec ses comparses d'alors, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, un courant rénovateur, le "Nouveau parti socialiste".

Il plaide pour "relancer le moteur franco-allemand" et construire un "New Deal européen".

François de Rugy, la couleur verte

Ce député de 43 ans, président du Parti écologiste, veut incarner "une troisième voie sociale-écologiste" pour sortir d'un duel annoncé entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Opposé à une candidature "uniquement écolo", il s'est avant tout présenté pour donner du "poids à l'écologie" dans la primaire et voit son éviction dès le premier tour comme une "hypothèse plausible".

Jean-Luc Bennahmias, au-delà de la gauche

L'ex-député européen de centre-gauche, 62 ans, veut "reconstruire une majorité progressiste" allant de l'extrême gauche à la droite modérée. Sans grande illusion sur ses propres chances à la primaire, il espère que cet "arc progressiste" se rassemblera avant le premier tour de la présidentielle.

Fondateur en 2014 de son propre parti, le Front démocrate, il soutient la création d'un revenu universel, la mise en place "d'un objectif de développement durable" et le respect de "l'exception culturelle française".

Sylvia Pinel, au nom du plus vieux parti de France

Cette ex-ministre (Artisanat, Logement) de 39 ans est à la tête du plus vieux parti de France, le Parti radical de gauche, qui a été un allié loyal pendant le mandat de François Hollande.

Son programme est axé sur l'aide aux entreprises, avec une nette baisse de l'impôt sur les sociétés. Elle est favorable à la légalisation du cannabis et au droit à l'euthanasie.

Avec AFP

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