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Quand un restaurant français ouvre ses cuisines à un chef réfugié syrien

Réfugiés syriens dans le camp d'Idomeni, en Grèce le 4 mars 2016.

"Avec le concassé d'agneau de Mohammad, le kebbé nayé, on va faire une anguille fumée et grillée. J'aime associer la terre et la mer". Au restaurant parisien L'Ami Jean, Stéphane Jégo prépare un menu à quatre mains avec un autre chef, Mohammad El Khaldy, réfugié syrien.

Les deux cuisiniers participent au Refugee Food Festival, qui commence vendredi. Le principe: 10 restaurants parisiens ouvrent leurs cuisines à sept chefs réfugiés d'origine syrienne, tchétchène, sri-lankaise, iranienne, indienne, ivoirienne, pour "changer de regard" sur la crise des migrants.

Dans ce restaurant d'un quartier bourgeois de la rive gauche à l'ambiance chaleureuse et la décoration rustique, les deux hommes imaginent le menu du déjeuner et du dîner qui seront servis le 21 juin, dernier jour du festival.

Entre le chef français et le syrien qui s'exprime en anglais, le dialogue se fait par l'intermédiaire de traducteurs... et de smartphones: Mohammad montre des photos des plats qu'il aimerait faire.

Il veut des aubergines de petite taille pour les farcir. "-Et si on ne trouve que des aubergines classiques, ça irait?" "-Non". Finalement, il se laisse convaincre de les remplacer par des petites courgettes marinées, qui seront farcies au boeuf de Galice.

"Et tu n'as pas une idée de potage? Ici, on commence toujours le menu par une soupe", demande Stéphane. Mohammad propose une soupe de lentilles corail avec kebbé aux épinards, qu'il dessine sur une feuille blanche devant lui. Adoptée.

Les deux chefs font fusionner leurs cuisines, l'entente se fait. "I speak English very nice good", s'amuse Stéphane Jégo, qui trouve "naturel" de participer à ce festival.

-'Nouvelle vie'-

"L'idée, c'était d'apporter un regard positif sur des événements dramatiques", explique-t-il. "Il ne s'agit pas de jouer les Saint-Bernard, mais on fait les choses à notre échelle", ajoute le chef d'origine bretonne (ouest de la France), dont le second est Japonais: "Ici j'ai une équipe internationale. La gastronomie, c'est universel!"

"Je suis Syrien, je suis quelqu'un de bien, j'ai quelques talents, c'est le message que j'essaie de faire passer", résume quant à lui Mohammad El Khaldy, qui explique avoir quitté son pays avec sa famille en 2012 pour fuir les bombes et les menaces du régime.

Cuisinier et "designer alimentaire", il avait un restaurant, une marque, et intervenait lors d'émissions à la télévision, raconte cet homme de 36 ans originaire de Damas, qui a "tout perdu".

Au terme d'un périple qui l'a mené notamment au Liban et en Egypte, il est arrivé en France en août 2015 avec sa femme et ses trois enfants, en quête d'une "nouvelle vie" au pays de la gastronomie.

"Au Moyen-Orient, on considère la cuisine française comme la cuisine de référence", explique-t-il.

Après avoir obtenu son statut de réfugié en mars, Mohammad El Khaldy a été embauché par une entreprise sociale, Les Cuistots Migrateurs, un service de traiteurs proposant une cuisine du monde entier mitonnée par des réfugiés. Ce père de trois garçons de 11 à 4 ans reconnaît qu'il est "dur" de repartir de zéro.

Son but désormais est d'apprendre quelques techniques de cuisine française et d'ouvrir son propre restaurant. "Paris manque de bons chefs syriens, juge-t-il. On trouve de la bonne cuisine mais ce n'est pas l'originale!"

Dans le cadre de cette première édition du Refugee Food Festival, il cuisinera également au Freegan Pony, une cantine participative dans le nord multiethnique et populaire de Paris, où il propose des menus à partir des invendus du marché de gros de Rungis, et concoctera un brunch chez Poulette, dans l'ancien quartier des Halles.

(AFP)

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Le Soudan bientôt retiré de la liste noire des États-Unis

La ministre des Affaires étrangères du Soudan, Asma Mohamed Abdalla, et sa délégation quittent le Département du Trésor américain à Washington, États-Unis, le 6 novembre 2019, après des négociations sur le barrage du Grand Ethiopian Renaissance. REUTERS / Siphiwe Sibeko

Donald Trump à ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

"Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump!", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute d'Omar el-Béchir en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l’économie mondiale".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi. "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Emirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

Lundi, ni la Maison Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

"Paix arabo-israélienne"

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les Etats-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsqu'Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les Etats-Unis ont "une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste", avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs en septembre.

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait "pas de mandat" pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du "rôle" du Soudan dans "l'avenir de la paix arabo-israélienne".

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Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

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