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France: le gouvernement recule sur une réforme contestée du droit du travail

La réforme du code du travail est l'une des dernières grandes réformes du mandat du président François Hollande.

Le gouvernement socialiste français a reporté lundi sous la pression la présentation d'une réforme du code du travail, vivement contestée par les syndicats et une partie de la gauche, pour tenter de préserver une majorité déjà sérieusement émiettée.

Ce projet, l'une des dernières grandes réformes du mandat du président François Hollande avant la présidentielle de 2017, devait être adopté en Conseil des ministres le 9 mars. Le texte visant à faciliter le licenciement économique et assouplir la durée du travail sera finalement présenté le 24 mars.

"Se donner quelques jours de plus pour réussir l'adoption d'un texte est (le signe d')une très grande volonté d'écoute. Le recul, ce serait abandonner le texte", a tenté de se justifier le Premier ministre Manuel Valls. Il a précisé qu'il recevrait d'ici une semaine les partenaires sociaux, organisations syndicales et patronales afin de "lever un certain nombre d'incompréhensions".

Le chef du gouvernement "veut se réserver la possibilité de changer si besoin était" le projet, a affirmé son ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

Avec cette réforme, l'exécutif avait d'emblée ouvert une brèche supplémentaire dans une gauche de plus en plus rétive à sa politique d'inspiration sociale-libérale.

Après le départ depuis deux ans de plusieurs ministres en désaccord avec la politique de François Hollande, "quatre ou cinq" secrétaires nationaux, également opposés à ses orientations, vont prochainement quitter la direction du Parti socialiste, très divisé.

Le tandem Hollande-Valls a été vivement attaqué la semaine dernière par plusieurs ténors, dont une ex-patronne du PS, Martine Aubry, qui l'accusent de mener à un "affaiblissement de la France".

Les signataires d'une tribune publiée par le quotidien Le Monde dénoncent tout à la fois les allègements de charges des entreprises, le "désolant débat" sur la déchéance de nationalité des auteurs de crimes ou délits terroristes, ou encore un "indécent discours" récemment tenu par Manuel Valls en Allemagne pour critiquer la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière Angela Merkel.

- 'Une gauche en vrac' -

"Il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir que la gauche est en vrac, éclatée, désemparée, atomisée après quatre ans de pouvoir", a résumé lundi un député socialiste, Jean Glavany, cité dans le quotidien conservateur Le Figaro.

"On assiste à l'implosion en direct de la majorité", a renchéri Guillaume Larrivé, un député du parti de droite Les Républicains de l'ex-président Nicolas Sarkozy.

Très impopulaire depuis son arrivée au pouvoir en 2012, François Hollande tente de maintenir un cap de réformes économiques réclamées à Berlin comme à Bruxelles, tout en faisant fi des critiques à gauche dénonçant un virage libéral.

Avec la réforme du droit du travail, saluée par le patronat et soutenue par l'opposition de droite, le président cherche à instaurer "une flexi-sécurité à la française", offrant davantage de "souplesse" aux entreprises en matière d'embauche et de licenciement tout en assurant vouloir maintenir la sécurité des salariés.

L'aménagement du temps de travail ou le taux de rémunération des heures supplémentaires, toujours encadrés par la loi, devront par exemple être décidés par des accords d'entreprises. Les licenciements économiques seront également facilités. L'objectif est de lever la peur de l'embauche chez les chefs d'entreprise, dans un pays où le chômage dépasse 10%.

François Hollande a fait de la baisse du chômage la condition de sa candidature pour un second mandat. Or depuis son élection, les demandeurs d'emploi sont passés de 4,4 millions à 5,5 millions.

Le chef de file de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, s'est réjoui lundi du report de la réforme mais a appelé à son "retrait total", à l'instar des initiateurs d'une pétition en ligne "Loi travail, non merci!" qui a recueilli plus de 770.000 signatures, un record en France.

Les responsables syndicaux ont réclamé soit un rééquilibrage du texte, soit son annulation pure et simple. Les organisations patronales ont estimé que le report allait permettre de "faire de la pédagogie", mais ont mis en garde contre tout "affadissement" du projet.

Avec AFP

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Une ville californienne va interdire chips et bonbons aux caisses des supermarchés

Des enfants portant des masques d'Halloween reçoivent des bonbons pendant la tradition «Trick or Treat» à Makati à Manille le 31 octobre 2008. Les parents doivent surveiller la consommation de sucre de leurs enfants selon le Dr Mary Hayes, dentiste pédiatre à Chicago. AP/Marquez

La ville de Berkeley, bastion progressiste du nord de la Californie, va interdire la vente des produits trop sucrés ou salés sur les présentoirs situés aux caisses des supermarchés afin de promouvoir une alimentation plus saine, une première aux Etats-Unis selon des médias locaux.

Le conseil municipal de Berkeley, ville universitaire de 120.000 habitants près de San Francisco, a adopté cette semaine à l'unanimité une ordonnance qui bannira des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250 mg de sodium par portion. L'interdiction vise également toutes les boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants artificiels.

L'ordonnance relève que "des aliments bon marché et riches en sel, graisses saturées et sucres ajoutés sont prédominants dans les présentoirs des caisses". Les clients y sont "plus enclins à effectuer des achats impulsifs et les parents se battent avec leurs enfants qui réclament des confiserie à la fin des courses".

L'interdiction, qui doit s'appliquer à 25 supermarchés de la ville, entrera en vigueur en mars prochain et les premières visites des inspecteurs sanitaires sont prévues en janvier 2022.

"Ce qui est bon pour les clients à Berkeley est aussi bon pour nos commerces", a lancé Kate Harrison, l'une des élues à l'origine de cette mesure.

En 2014, Berkeley avait déjà été la première à imposer une taxe sur les sodas, une initiative reprise ensuite par plusieurs autres grandes villes américaines.

Selon une étude publiée début 2019, les habitants de Berkeley avaient diminué leur consommation de boissons sucrées de 21% dans l'année qui avait suivi la mise en place de cette "taxe sodas". La chute atteignait 52% en 2017.

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