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Foule à l'inhumation de deux opposants tués par les forces de l'ordre en Guinée

  • VOA Afrique

Les Guinéens dans les rues pour protester à Conakry, le 2 août 2017.

Des milliers des personnes ont, selon l'opposition guinéenne, assisté mercredi à Conakry à l'inhumation de deux opposants tués par les forces de l'ordre lors d'une manifestation pour réclamer l'organisation des élections locales en Guinée.

Les deux jeunes inhumés mercredi avaient été blessés par balle le 20 septembre avant de succomber à leurs blessures, le même jour puis le 24 septembre.

L'opposition avait condamné un "usage excessif et disproportionné de la force publique" lors de cette manifestation du 20 septembre visant à réclamer l'organisation des élections locales, qui n'ont plus eu lieu depuis 2005.

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a finalement annoncé lundi que ces élections locales seraient organisées le 4 février 2018, une date approuvée par l'opposition, après plusieurs reports du scrutin depuis douze ans et des manifestations meurtrières des opposants réclamant sa tenue.

Plusieurs milliers de personnes, selon les organisateurs, ont pris part mercredi à Conakry à la levée du corps des deux jeunes opposants dans un hôpital du centre-ville, qui a été suivie de la prière mortuaire puis de l'inhumation dans un cimetière en banlieue de la capitale.

"Nous réclamons justice pour nos victimes", "Non à l'impunité", "Alpha assassin", ont scandé les manifestants lors de la cérémonie funèbre, mettant en cause le président Alpha Condé. La manifestation s'est déroulée sans présence visible des forces de l'ordre, a rapporté un journaliste de l'AFP.

"Ces crimes ne resteront pas impunis", a déclaré le porte-parole officiel de l'opposition, Aboubacar Sylla.

"Nous enterrons aujourd'hui les 82e et 83e victimes de l'opposition depuis qu'Alpha Condé est arrivé au pouvoir en décembre 2010. Il n'y a jamais eu un semblant d'enquête, ni d'arrestation des assassins. Alpha Condé fait la promotion de l'impunité. Nous ne le pardonnerons pas", a déclaré l'ex-Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d'opposition.

Ancien opposant historique, Alpha Condé est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest, régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, voire dictatoriaux.

Malgré la richesse de son sous-sol en bauxite, or, diamant et minerai de fer, plus de la moitié de la population de Guinée vit sous le seuil de pauvreté, avec moins d'un euro par jour, selon l'ONU.

Avec AFP

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