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Forte augmentation des disparitions de femmes et filles pendant le confinement au Pérou

Marche de la Journée internationale des droits de la femme à Lima, Pérou, 7 mars 2020. (REUTERS/Angela Ponce)

Au Pérou, les disparitions de femmes et filles se sont encore aggravées avec le confinement décrété face à la pandémie de Covid-19. Du 16 mars au 30 juin, le pays a enregistré huit disparitions quotidiennes, dont une majorité de mineures.

Il y a un an, Karin Alvarado Lopez, 39 ans, est sortie de chez elle pour acheter des bonbons et n'est jamais reparue. "Karin a quitté la maison le 27 août 2019. Depuis cette date, nous, sa famille, nous ne savons pas où elle se trouve", raconte Edward Alvarado, qui a lancé diverses initiatives avec ses parents pour tenter de retrouver sa soeur.

Le bureau du Défenseur des droits indique qu'en 2019, cinq femmes et filles ont disparu par jour dans le pays. La situation a empiré pendant la période de confinement du 16 mars au 30 juin. Le chiffre a alors grimpé à huit disparitions quotidiennes, soit 915 Péruviennes, dont 70% mineures.

"Je suis vraiment totalement dévasté, frustré de cette situation et envers les institutions de l'Etat qui ne nous apportent aucun soutien", se lamente Edward, 37 ans, qui vit dans le nord-est de Lima.

Pour les familles et les associations féministes, la police et la justice ne prennent pas la peine d'enquêter sur ces disparitions. Le Pérou a pourtant un très haut taux de fémicides et les réseaux de trafic d'êtres humains et de prostitution sont nombreux.

En février, trois semaines avant que le coronavirus ne fasse irruption dans le pays, le cas de Solsiret Rodriguez, 23 ans, disparue en août 2016, a fait grand bruit. Le corps de cette jeune étudiante et militante contre les violences faites aux femmes a été retrouvé mutilé dans une maison de la capitale.

"Une disparition, c'est un fémicide ou un trafic d'être humain, ce n'est pas quelque chose de volontaire, plus maintenant. Aujourd'hui, c'est une façon de tuer une femme", assène la mère de l'étudiante, Rosario Aybar, qui a cherché sa fille pendant trois ans et demi.

-Pas de fichier national des personnes disparues-

En 2019, le pays a comptabilisé 166 féminicides dont un sur dix avait été signalé en premier lieu comme une disparition inquiétante, selon le bureau du Défenseur des droits.

La mère de Solsiret regrette que les autorités ne se soient pas données la peine de savoir ce qu'il était advenu de la jeune femme, jusqu'à ce qu'un nouveau procureur se saisisse du cas. Ses investigations ont permis de découvrir le corps de l'étudiante dans la maison de sa belle-soeur et du mari de cette dernière, où l'étudiante vivait au moment de sa disparition.

Le couple a été emprisonné, mais le processus judiciaire est pour l'instant à l'arrêt en raison de l'épidémie de Covid-19, regrette Rosario Aybar, 60 ans. Marcelino, le père de Karin Alvarado Lopez, se plaint aussi de la lenteur de l'enquête. "Cela fait presque un an et nous n'avons toujours aucun résultat", se désole l'homme de 64 ans.

Les proches de Karin ont organisé des rassemblements, ont fait faire des banderoles, créé des pages sur les réseaux sociaux, rejoint des associations de soutien aux familles de femmes disparues; mais sans résultat pour l'instant.

"Il faut découvrir ce qui est arrivé" à toutes ces femmes, insiste le Défenseur des droits, Walter Gutiérrez. "Il y a une résistance de la police à enquêter sur ces affaires. Nous exigeons que se mette en place un ficher national des personnes disparues", renchérit Eliana Revollar, responsable des droits des femmes au sein du bureau du Défenseur des droits.

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Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

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