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Faustin-Archange Touadéra : parler de génocide en Centrafrique n'est pas "justifié


Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra prononce son discours lors de la 71e session de l'Assemblé générale des Nations unies, à New York, 23 septembre 2016.

Le président centrafricain a estimé mercredi que parler de génocide en Centrafrique, terme employé fin août par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires de l'époque, n'est pas "justifié".

"Génocide, nous pensons que ce n'est pas très justifié", a déclaré Faustin-Archange Touadéra lors d'une conférence de presse à Genève, en marge de la 36e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.

"Parler dans cette étape de génocide, nous pensons que c'était trop avancé", a-t-il dit, en réponse à une question sur les propos tenus en août par celui qui était encore alors secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Stephen O'Brien. Il a depuis été remplacé.

"Les signes avant-coureurs de génocide sont là", avait déclaré ce responsable onusien en rendant compte lors d'une réunion à l'ONU de récents voyages menés en Centrafrique et en République démocratique du Congo.

M. Touadéra a expliqué que ces propos avaient été tenus par M. O'Brien après une visite dans son pays, où il avait visité la ville de Bangassou (sud-est), "où il y avait effectivement des violences, surtout intercommunautaires".

"Génocide pour nous c'est un mot très fort", a jugé le président centrafricain.

"Des gens de même ethnie se trouvent de part et d'autre dans les communautés qui se battent", a-t-il ajouté.

Le conflit en Centrafrique a commencé avec le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé par les milices Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, entraînant une contre-offensive des anti-balaka majoritairement chrétiens.

La quinzaine de groupes armés recensés en Centrafrique se battent aujourd'hui pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail...).

Devant le Conseil des droits de l'Homme, le président centrafricain a souligné que "la situation sécuritaire et humanitaire demeure fragile" en Centrafrique et a affirmé sa volonté de mettre fin à l'impunité.

Il a également assuré, devant les médias, que la Cour pénale spéciale, créée légalement en 2015 et qui doit instruire et juger les multiples crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Centrafrique depuis 2003, sera "très bientôt opérationnelle", "d'ici la fin de l'année".

Avec AFP

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