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Colère dans l'armée nigériane après l'intensification des attaques de Boko Haram

Des soldats de la 7e division de l’armée nigériane sur un carrefour à Damboa, dans l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, le 25 mars 2016.

Bien que l'armée nigériane qualifie l'incident de "malentendu", la fatigue et la colère sont palpables parmi les soldats qui se sont mutinés ce week-end pour protester contre un ordre de redéploiement en zone contrôlée par Boko Haram.

Dimanche, des centaines de soldats ont protesté en tirant en l'air à l'aéroport de Maiduguri, dans la capitale de l'Etat du Borno (nord-est), pour signifier leur refus d'être envoyés sur une base militaire dans la région reculée du lac Tchad, région de repli du groupe jihadiste nigérian.

"Lorsqu'on est arrivés ici, ça ne devait pas être pour plus d'un an, mais maintenant ça fait quatre ans qu'on est là", confie à l'AFP un soldat mécontent sous couvert d'anonymat. "Et voilà qu'ils nous envoient à Marte", une ville sous contrôle du groupe Etat islamique.

"Nous avons besoin de repos, nous sommes lassés de faire la guerre", raconte-t-il. "Nous avons besoin de voir nos familles."

Ces dernières semaines, les combattants de la faction dirigée par Abou Mossab Al Barnaoui ont mené de multiples attaques contre les forces armées nigérianes dans la région, faisant de nombreuses victimes et pillant armes et équipements.

- Menaces et attaques incessantes -

Le 8 août, les insurgés ont tué 17 soldats et un civil dans une attaque contre une base militaire près du village de Garunda. Fin juillet, des hommes armés ont mené un raid avec des explosifs contre un poste de contrôle militaire près de Monguno, tuant au moins 11 soldats et trois civils.

>> Lire aussi : Le chef des renseignements limogé après la prise de contrôle "illégale" du Parlement au Nigeria

Quelques jours plus tôt, une trentaine de véhicules avaient envahi la base de Jakana: le bilan n'a jamais été dévoilé officiellement, mais il pourrait s'élever à plusieurs dizaines de victimes. 23 soldats sont toujours portés disparus depuis la mi-juillet après une embuscade dans la forêt de Sambisa.

Ces attaques rappellent le pic de la guerre entre 2014 et 2015, avant l'arrivée de Muhammadu Buhari au pouvoir. L'armée nigériane était alors démoralisée, sous-équipée et l'ancien général avait fait campagne en promettant de remettre de l'ordre dans l'armée et de mettre fin au conflit.

Toutefois, près de quatre ans après son arrivée au pouvoir, et à six mois d'un nouveau scrutin, le groupe jihadiste, certes affaibli, s'est réorganisé et mène des attaques de grande ampleur.

L'armée nigériane est dépassée par "une situation sécuritaire catastrophique", explique Yan St-Pierre, expert en contre-terrorisme. "Ils utilisent encore des stratégies anciennes et dépassées qui ne peuvent plus être appliquées dans le nord-est" du Nigeria. "Les attaques de Boko Haram sont bien plus sophistiquées et leur niveau de préparation s'est amélioré".

Le chef des armées, Yusuf Tukur Buratai, a envoyé le 27 juillet une note aux soldats, dans lequel il menace d'utiliser la peine capitale pour les "soldats lâches".

"Ceux qui abandonnent leur poste" peuvent potentiellement "réduire à néant tous les efforts de guerre faits lors de ces trois dernières années contre les +terroristes+ de Boko Haram".

- Arsenal de guerre -

L'accélération des attaques a lieu chaque année à la période de la saison des pluies, entre juin et septembre: les routes qui donnent accès au lac Tchad sont alors gorgées d'eau et moins accessibles aux soldats, permettant aux insurgés de se réorganiser et de reconstituer leur arsenal avec des armes provenant des pillages, mais aussi du Mali ou de Libye.

>> Lire aussi : Boko Haram tue sept personnes dans le nord-est du Nigeria

Pour Sanda Kime, un milicien civil, les dernières attaques ont été menées avec de "très importantes quantités d'armes".

"Ils sont mieux armés qu'avant, ce qui les rend plus dangereux", explique M. Kime à l'AFP dans la région du lac Tchad, où sont retranchés les combattants d'Al Barnaoui.

La situation est d'autant plus inquiétante pour la région depuis que Boko Haram a envoyé des menaces d'attaque aux garnisons de Monguno, Askira et Uba, pour le jour de l'Eid, le 22 août.

Les Nations unies ont d'ailleurs annoncé qu'elles suspendaient toute intervention humanitaire à Monguno à partir de cette date.

"Les soldats semblent être totalement dépassés et sont maintenant en position défensive", confie un travailleur humanitaire sous couvert d'anonymat.

Abu Mossab Al Barnaoui, fils du fondateur de ce groupe islamiste converti en mouvement jihadiste sanguinaire, se serait retranché dans une forêt proche de Benisheikh, sur la route entre Damaturu et Maiduguri, d'où il commande les attaques de ses hommes, selon une source locale.

"Ils sont retranchés dans des douzaines camps d'entraînement sur des îles du lac Tchad et dans les environs", raconte un pêcheur de la région. "Pour que les attaques contre l'armée cessent, il faut les éradiquer complètement", estime-t-il. Une mission que se sont donnée les gouvernements et les généraux successifs au Nigeria depuis près de dix ans, sans succès.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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