Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Médias

Une lanceuse d'alerte révèle comment Facebook manipule ses utilisateurs

La dénonciatrice de Facebook Frances Haugen s'entretient avec Scott Pelley de CBS sur "60 minutes", dans un épisode diffusé le dimanche 3 octobre. (Robert Fortunato/CBS News/60 Minutes via AP)

La lanceuse d'alerte à l'origine de la fuite de documents internes de Facebook qui ont alarmé le public et des élus américains s'est montrée pour la première fois à visage découvert dimanche.

Ancienne ingénieure chef de produit chez Facebook, Frances Haugen a accusé le groupe de "(choisir) le profit plutôt que la sûreté" de ses utilisateurs, dans un entretien diffusé par la chaîne CBS.

Cette trentenaire doit être auditionnée mardi par la commission au Commerce du Sénat américain. Dimanche, le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre de la commission, a rendu hommage au courage de la lanceuse d'alerte.

Avant son départ de l'entreprise, en mai, Frances Haugen avait emporté avec elle de nombreux documents issus de recherches internes à l'entreprise et confiés notamment au Wall Street Journal.

Dans un article publié mi-septembre, le quotidien a révélé, sur la base de ces informations, que l'entreprise effectuait des recherches sur son réseau social Instagram depuis trois ans pour en déterminer les effets sur les adolescents.

Les études ont notamment montré que 32% des adolescentes estimaient que l'utilisation d'Instagram leur avait donné une image plus négative de leur corps lorsqu'elles n'en étaient déjà pas satisfaites.

Plus tôt dimanche, le vice-président du groupe Nick Clegg avait accordé un entretien à la chaîne CNN et tenté de limiter les possibles dégâts qu'allait causer l'interview de la lanceuse d'alerte.

Les réseaux sociaux ont-ils facilité l’assaut contre le Capitole?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:32 0:00

"Conflits d'intérêt"

"Nos recherches ou celles de n'importe qui d'autre ne corroborent tout simplement pas le fait qu'Instagram soit mauvais ou toxique pour tous les adolescents", avait déclaré l'ancien vice-Premier ministre britannique dimanche.

"Je ne trouve pas surprenant, de façon intuitive, que si vous ne vous sentez déjà pas bien dans votre peau, aller sur les réseaux sociaux puisse vous faire vous sentir encore un peu moins bien", avait ajouté Nick Clegg.

Sous pression, l'entreprise californienne a annoncé suspendre le développement d'une version d'Instagram pour les moins de 13 ans, mais elle n'y a pas renoncé.

Frances Haugen a rejoint Facebook en 2019 et été assigné, à sa demande, au département "intégrité civique" (Civic Integrity), qui s'intéressait aux risques que pouvaient poser certains utilisateurs ou certains contenus pour le bon déroulement d'élections.

Avant le scrutin présidentiel américain de novembre 2020, Facebook avait modifié ses algorithmes pour réduire la diffusion de fausses informations.

Mais selon la lanceuse d'alerte, "dès que l'élection a été terminée", le groupe les a reconfigurés comme avant, "pour donner la priorité à la croissance plutôt qu'à la sûreté", a-t-elle soutenu dans son entretien à l'émission "60 Minutes", sur CBS.

"Il y avait des conflits d'intérêt entre ce qui était bon pour le public, et ce qui était bon pour Facebook", a insisté Frances Haugen, et le groupe, "une occasion après l'autre, choisissait de privilégier ses intérêts, c'est-à-dire faire plus d'argent".

"J'ai vu pas mal de réseaux sociaux, et la situation chez Facebook était sensiblement pire que ce tout ce que j'avais pu voir avant", a dit l'ingénieure, passée par le site de rencontres Hinge, mais aussi Yelp (évaluation de commerces par les internautes) ou Pinterest.

Pour Frances Haugen, c'est à la suite du retour aux anciens algorithmes que de nombreux utilisateurs de Facebook se sont servis de la plateforme pour se mobiliser en vue des événements du 6 janvier, qui ont mené à l'intrusion au Capitole.

La responsabilité "de l'insurrection" sur le siège du Congrès "incombe aux personnes qui ont infligé les violences et à ceux qui les ont encouragées, dont le président (Donald) Trump", a rétorqué Nick Clegg.

Le vice-président de la plateforme a jugé "trop facile de chercher une explication technologique à la polarisation politique aux Etats-Unis".

Il a toutefois reconnu que Facebook devait essayer de "comprendre comment (il) contribue aux contenus négatifs et extrême, aux discours haineux et à la désinformation".

"Personne chez Facebook n'est malveillant", a estimé la lanceuse d'alerte. "Mais les intérêts ne sont pas alignés."

Pour elle, Mark Zuckerberg, co-fondateur et PDG de Facebook, n'a jamais cherché à faire de Facebook une plateforme haineuse, "mais il a permis que des choix soient faits", favorisant la diffusion de contenus haineux.

"Les actions de Facebook montrent clairement qu'il ne se réformera pas seul", a réagi le sénateur Blumenthal dans un communiqué. "Nous devons envisager une régulation plus stricte."

Toutes les actualités

Une étudiante saoudienne condamnée à 34 ans de prison pour des tweets

Une étudiante saoudienne condamnée à 34 ans de prison pour des tweets
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:16 0:00

Forum à Kigali sur les discours de haine à travers les réseaux sociaux

Forum à Kigali sur les discours de haine à travers les réseaux sociaux
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:07 0:00

Une chaine de télé pour les sourds et les malentendants ougandais

Une chaine de télé pour les sourds et les malentendants ougandais
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:48 0:00

En Ouganda, plus d'un million de personnes, sur une population d'environ 45 millions, souffrent d'un handicap auditif. Elles ont un accès limité aux journaux télévisés, car la langue des signes n’est pas toujours offerte par les chaînes du pays.

Les télévisions arrêtent de diffuser leurs estimations de résultats au Kenya

Le décompte se poursuit au Kenya, le 12 août 2022.

Les télévisions kényanes ont arrêté de diffuser leurs estimations de résultats des élections de mardi, soulevant des interrogations sur l'issue de ce scrutin à forts enjeux alors que le dépouillement se poursuivait vendredi.

La Commission électorale indépendante (IEBC) doit d'ici le 16 août annoncer les résultats définitifs de la présidentielle de mardi dernier, qui doit désigner le successeur de Uhuru Kenyatta, président depuis 2013, et de cinq autres scrutins concomitants, parlementaires et de représentants locaux.

Le dépouillement débuté mardi soir se poursuivait vendredi au niveau des circonscriptions, des comtés et au niveau national à Nairobi.

Dès le lendemain du scrutin, les télévisions kényanes ont commencé à diffuser en direct des résultats partiels, fluctuants et parfois contradictoires, basés sur leurs propres décomptes.

Ils semblaient conforter le scenario d'un duel serré entre deux des quatre candidats à la présidentielle: Raila Odinga qui a reçu le soutien du président pour l'élection, et William Ruto, vice-président sortant.

Or les chaînes de télévision ont cessé de diffuser leurs décomptes évolutifs de résultats, a-t-on constaté vendredi, sans fournir d'explications pour cet arrêt impromptu, survenu au moment même où l'IEBC exhortait les Kényans à la patience.

"Il ne faut pas paniquer devant les différences qu'on voit dans les médias", a déclaré le chef de cette dernière, Wafula Chebukati, répétant que les résultats définitifs seraient bien annoncés par l'IEBC.

Selon la Commission électorale, le taux de participation mardi s'élevait à un peu plus de 65%, en baisse par rapport aux 78% recensés lors des élections d'août 2017.

"Ce qui compte, c'est les élus (locaux), eux sont influents pour notre quotidien. Peu m'importe les dépouillements en cours pour la présidentielle, ça rend les gens anxieux", a déclaré à l'AFP Peter Kamau, chauffeur de 42 ans.

"Nous voulons un retour à la vie normale", ajoute-t-il.

Élection présidentielle kenyane: des femmes de choc sur le devant de la scène
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:06 0:00

Tous les scrutins ont été contestés depuis 2002 au Kenya, donnant parfois lieu à des violences sanglantes.

En 2007-2008, la contestation des résultats par Raila Odinga avait conduit à des affrontements inter-communautaires faisant plus de 1.100 morts et des centaines de milliers de déplacés, les pires violences post-électorales depuis l'indépendance du pays en 1963.

L'IEBC est cette année particulièrement sous pression après l'annulation par la Cour suprême de la dernière présidentielle en 2017 pour "irrégularités".

Reparution du quotidien sénégalais Le Soleil après une grève des employés

Le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil est le plus ancien au Sénégal, créé en 1970.

Le quotidien public Le Soleil, un des principaux au Sénégal, était de nouveau dans les kiosques mercredi après une reprise du travail des employés, qui étaient en grève pour protester contre "la mauvaise gestion" de leur directeur général, ont indiqué les délégués du personnel.

Le journal pro-gouvernemental était absent des kiosques depuis le 5 août à la suite d'une rare grève déclenchée pour protester contre le non paiement aux journalistes de primes liées à la publicité et des "licenciements abusifs", selon les délégués du personnel. Ces derniers ont aussi décrié la "mauvaise gestion" et "un pillage systématique des ressources (du journal) à travers des marchés nébuleux et des magouilles".

"Nous avons décidé de reprendre le travail. Les autorités ont dit qu'elles nous ont entendus. Nous attendons leur arbitrage", a déclaré mercredi à la presse Ndiol Maka Seck, coordonnateur du collège des délégués du personnel, formé de trois syndicats de l'entreprise. "Il nous faut un autre manager parce que le contrat de confiance est rompu avec le directeur général" Yakham Mbaye, un responsable du parti présidentiel, a ajouté M. Seck.

 À Votre Avis : Macky Sall perd la majorité absolue
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:24:58 0:00

La direction du journal a rapporté dans l'édition post-grève de mercredi "les péripéties qui ont conduit à cette situation (de grève) née de désaccords avec le personnel". Elle a "regretté cet impair qui a causé du tort à l'Etat, à nos lecteurs et aux annonceurs" et "présenté" ses excuses.

Le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil est le plus ancien au Sénégal, créé en 1970. Propriété de l’État à 51% et d'autres institutions publiques à 49%, il est chargé notamment de vulgariser la politique du gouvernement.

Onze journalistes du quotidien avaient été brièvement interpellés le 4 août par la gendarmerie parce qu'ils protestaient contre "la gestion gabegique" de M. Mbaye, selon un communiqué d'un des syndicats des employés du journal. Le Sénégal occupe la 73e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi en 2022 par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Voir plus

XS
SM
MD
LG