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Coronavirus

Face au "tsunami" du Covid en Tunisie, des hôpitaux débordés

Des employés de la municipalité tunisienne chargent le corps d'une victime du COVID-19 dans un camion à l'hôpital Ibn al-Jazzar de la ville de Kairouan, dans le centre-est, le 4 juillet 2021.

Afflux de patients, corps laissés des heures au milieu des malades faute de place à la morgue, manque de personnel: en Tunisie, des hôpitaux commencent à être débordés face à la propagation du Covid-19, qui atteint des niveaux inédits.

L'hôpital Ibn Jazzar de la région confinée de Kairouan (centre) a eu un tel afflux de patients que "certains d'entre eux meurent sans qu'on s'en rende compte", déplore une infirmière, Imen Fteiti.

Des corps sont restés jusqu'à 24 heures dans les chambres, par manque de personnel pour les emmener dans une morgue, déjà pleine.

Mohamed Misaroui, un habitant de Kairouan, raconte à l'AFP avoir laissé son épouse à l'hôpital avec sa mère malade "car elle n'est pas autonome et il n'y a pas d'infirmières, alors que faire?".

La Tunisie enregistre un nombre de décès quotidiens sans précédent depuis le début de la pandémie il y a un an et demi, portant le bilan à plus de 15.000 morts pour 12 millions d'habitants, et plus de 600 personnes sont actuellement en réanimation. Le nombre officiel de cas total dépasse les 445.000.

Les hôpitaux de campagne mis en place ces derniers mois, ne suffisent plus: 92% des lits de réanimation dans le public sont actuellement occupés et ceux de la capitale sont pleins.

Face à cette vague assimilée à un "tsunami", les autorités ont confiné six gouvernorats où le taux de propagation du virus est particulièrement élevé, dont Kairouan.

Médecins, infirmiers et ONG ont lancé un cri d'alarme à Kairouan. Une cagnotte en ligne a été organisée.

"Il y a un manque d'appareils d'oxygène, et on est arrivés à un stade où on ne sait plus qui secourir en premier", regrette Imen Fteiti.

Personnel épuisé

La consommation quotidienne d'oxygène a atteint un niveau de 5.500 litres par jour, contre 400 à 500 avant le début du nouveau pic il y a deux semaines, selon l'administration régionale de la santé à Kairouan.

Dans cette région marginalisée, les établissements de santé, publics et privés confondus, ne comptent que 45 lits de réanimation et 250 appareils d'oxygène, selon les autorités sanitaires. Une salle omnisports a été convertie en hôpital.

A l'établissement Ibn Jazzar, il y a trois infirmiers pour 35 personnes atteintes du Covid.

"On commence tôt le matin et on ne sait pas quand on termine", indique à l'AFP Imen Fteiti.

Sa journée débute par les malades allongés par terre dans les couloirs, à défaut d'avoir trouvé de lit.

Eprouvée, elle reste marquée par une jeune fille qui l'a suppliée de prendre en charge son père car elle venait de perdre sa mère du Covid. "Malheureusement il est mort" lui aussi.

Le nombre quotidien de décès a atteint les 20 dont des enfants à Kairouan, où les rues sont presque désertes, les souks et les commerces fermés.

"La situation était très délicate, et les lits de réanimation saturés", reconnaît le directeur régional de la santé, Mohamed Rouiss.

Plages bouclées

Les hôpitaux des gouvernorats voisins ont été mobilisés pour répartir les patients, "mais aujourd'hui la situation est compliquée car ces hôpitaux, à leur tour, sont débordés", indique M. Rouiss.

Sousse, ville balnéaire à 60 km de là, a aussi été placée en confinement total, et les services de sécurité ont interdit l'accès à la principale plage.

Le bandeau de sable blanc piqué de parasols est vide, augurant d'une seconde saison catastrophique pour le tourisme, poumon de l'économie tunisienne.

A Tunis comme dans les régions défavorisées de Béja ou Jendouba (nord-ouest), des hôpitaux peinent également à faire face à l'afflux de malades, selon des vidéos diffusées par des médias locaux et sur les réseaux sociaux.

Pour Slah Soui, médecin réanimateur du deuxième plus grand hôpital de Kairouan, les "Aghlabides", la situation sanitaire désastreuse s'explique par "l'imprudence et le non-respect des règles de distanciation physique" mais aussi par "un niveau trop bas de vaccinations".

Pénurie de doses, absence de sensibilisation: sur 593.000 habitants de Kairouan, seulement 95.000 sont inscrits pour se faire vacciner, dont la moitié a eu au moins une dose. A l'échelle du pays, c'est 575.000 personnes qui ont eu deux doses...environ 4% de la population.

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Vaccin anti-Covid: la Maison Blanche propose à Nicki Minaj de parler à un médecin

Nicki Minaj arrive au gala du MET le 6 mai 2019 à New York.

La Maison Blanche a proposé d'organiser un échange téléphonique entre l'un de ses médecins et Nicki Minaj après que la rappeuse eu affirmé que le vaccin anti-Covid avait rendu un proche impuissant, ont rapporté des médias américains.

Nicki Minaj a affirmé mercredi avoir été invitée à la Maison Blanche, une invitation qu'elle a dit avoir acceptée. Mais un responsable de la Maison Blanche a expliqué à plusieurs médias américains qu'elle s'était en réalité vue proposer un échange téléphonique à des fins pédagogiques.

"Comme nous l'avons fait avec d'autres, nous avons offert un échange téléphonique à Nicki Minaj avec l'un de nos médecins pour répondre à ses questions à propos de la sécurité et l'efficacité du vaccin", a déclaré ce responsable cité dans divers médias.


La rappeuse avait déclenché lundi une tempête médiatique en expliquant avoir évité de se rendre au gala du Metropolitan Museum of Art (Met) en raison de l'obligation d'être vaccinée pour y participer, affirmant qu'elle attendait pour sa part d'"avoir fait suffisamment de recherches".

Elle a raconté à ses 22,6 millions d'abonnés sur Twitter l'histoire de son cousin à Trinidad qui avait refusé de se faire vacciner en affirmant qu'après avoir été vacciné, un de ses amis était devenu impuissant et que ses testicules avaient enflé.

Ces affirmations ont été rejetées par des responsables de la santé britanniques et américains ainsi que le ministre de la Santé de Trinité-et-Tobago, Terrence Deyalsingh qui a regretté lors d'une conférence de presse "tout le temps perdu à vérifier ces fausses déclarations".

Selon les experts interrogés par le service de fact-checking de l'AFP, aucune preuve n'existe d'un effet des vaccins anti-Covid sur la fertilité ou les organes sexuels masculins.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est retrouvé mardi à parler des affirmations de Nicki Minaj au lieu d'expliquer comme prévu ses plans anti-Covid à la presse et le médecin-chef de l'Angleterre Chris Whitty a dénoncé les "mythes" entourant la vaccination contre le Covid-19.

Le ministre britannique de la Santé, Sajid Javid, a appelé mercredi matin les célébrités à faire attention à ce qu'elles disent.

Los Angeles va exiger une preuve de vaccination dans les bars et boîtes de nuit

Des fans déguisés en personnages Marvel assistent à la première de "Shang-Chi et la légende des dix anneaux" au El Capitan Theatre de Los Angeles, Californie, le 16 août 2021. (Jordan Strauss/Invision/AP)

Le comté de Los Angeles, le plus peuplé des Etats-Unis, va exiger une preuve de vaccination pour les clients de tous les bars et boîtes de nuit de son territoire afin de freiner la progression des cas de Covid-19, ont annoncé mercredi les autorités sanitaires.

A partir du 7 octobre, le règlement fera obligation à tous les consommateurs et employés des débits de boisson et établissements de nuit d'avoir reçu au moins une dose de vaccin. Ils devront être totalement immunisés pour le 4 novembre au plus tard, a expliqué la directrice de la santé publique du comté, Barbara Ferrer.

Les établissements auront la charge de vérifier la preuve de vaccination de la même manière qu'ils doivent déjà vérifier l'âge de leurs clients, souligne le Dr Ferrer.

Le comté, qui abrite dix millions d'habitants, suit ainsi l'exemple de New York pour tenter de faire reculer la pandémie de coronavirus, alimentée depuis plusieurs mois par le variant Delta très contagieux.

Le port du masque est déjà obligatoire dans tous les lieux publics clos du comté de Los Angeles.

"C'est la voie raisonnable qui peut nous aider à casser le cycle des résurgences", a estimé Barbara Ferrer.

L'ordonnance demandera également à tous les participants à un événement de plein air (rencontres sportives mais aussi parcs d'attraction) d'être vaccinés ou de produire un test négatif.

Les villes situées au sein du comté peuvent décider d'adopter des critères encore plus stricts, mais ne peuvent pas les assouplir.

Le mois dernier, la ville de San Francisco, dans le nord de la Californie, avait pris des mesures encore plus larges, demandant une preuve de vaccination à tous les clients âgés de douze ans et plus dans les restaurants, gymnases et autres lieux de divertissement.

Le port du masque et la vaccination sont devenus des enjeux politiques qui divisent nombre d'Américains. Certains gouverneurs républicains ont même souhaité instaurer des interdictions d'obligations de port du masque dans leurs Etats, invoquant la protection des sacro-saintes libertés individuelles.

Le coronavirus a contaminé des millions d'Américains depuis le début de la pandémie, et fait plus de 660.000 morts, un record mondial.

Le vaccin est disponible gratuitement pour tous les individus à partir de douze ans dans le pays mais seuls 54% sont totalement immunisés à ce jour.

Carnet de Santé: Médecine traditionelle et Covid-19

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