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Face à Trump, Justin Trudeau revêt la cape de "Capitaine Canada"

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au Parlement canadien à Ottawa, Ontario, Canada, le 9 mai 2018.

D'ordinaire consensuel voire charmeur, Justin Trudeau est contraint de troquer son costume glamour pour celui de "Capitaine Canada" dans le conflit commercial aussi inattendu que potentiellement destructeur qui l'oppose à Donald Trump.

Amateur de boxe, enfilant volontiers les gants pour se défouler dans son rare temps libre, le Premier ministre canadien va devoir doser ses coups contre le président américain qui l'a accusé de faiblesse et de malhonnêteté en faisant voler en éclats l'accord final du sommet du G7 de Charlevoix, pourtant négocié aux forceps.

Justin Trudeau a suscité l'ire présidentielle en jugeant "insultantes" les taxes douanières américaines imposées aux exportations canadiennes d'acier et d'aluminium, au nom de "la sécurité nationale" des Etats-Unis.

>> Lire aussi : Washington accuse le Canada de "trahison" après le fiasco du G7

"Les Canadiens sont polis et raisonnables, mais nous ne nous laisserons pas bousculer", avait également lancé M. Trudeau en conférence de presse de clôture du G7.

Élu à la tête d'un gouvernement libéral en octobre 2015, après avoir été sous-estimé par des adversaires parfois condescendants qui ne voyaient en lui qu'un héritier spécialisé en selfies, Justin Trudeau a tenté à maintes reprises de ménager la chèvre et le chou avec le président américain, et a toujours pris soin de ne jamais le dénigrer publiquement.

En contact téléphonique régulier avec M. Trump, plus d'une fois par mois, soit bien plus fréquemment qu'il ne l'était avec Barack Obama, selon son entourage, M. Trudeau a toujours fait fi du style polarisant et des déclarations colorées de ce dernier, soulignant plutôt que tous deux avaient été portés au pouvoir avec la même promesse de mieux défendre la classe moyenne de leurs pays respectifs.

>> Lire aussi : Londres attend que Washington "honore ses engagements" après le G7

Souvent décrit comme un mini-Obama, notamment pour son sourire omniprésent, M. Trudeau est objectivement plus proche des démocrates américains que des républicains. Pourtant, il s'était attaché jusqu'à présent à occulter ces différences idéologiques pour s'afficher comme le meilleur voisin que Washington ne puisse espérer.

Cette image de bon gendre, il continue à vouloir la maintenir même dans la présente crise, en refusant de répondre aux attaques personnelles lancées à son encontre par Donald Trump et ses conseillers, laissant le soin à ses ministres de le faire sans tomber dans la surenchère. La cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, a ainsi regretté dimanche des "attaques ad hominem (...) ni utiles, ni productives".

'Trudeau nouveau'

A un peu plus d'un an des prochaines élections législatives, cet ancien enseignant né le 25 décembre 1971 pourrait bien tirer profit du conflit commercial déclenché par les Etats-Unis et faire taire les critiques qui lui reprochent son supposé manque de profondeur par rapport à son père, Pierre-Eliott, qui dirigea le Canada dans les années 1970 avec poigne.

Talonné de près par ses adversaires conservateurs dans les sondages, Justin Trudeau assistait en effet lundi à la formation d'une union sacrée autour de lui: de tous bords, les politiciens canadiens appelaient à faire corps derrière lui, alors que M. Trump menace de s'attaquer désormais au secteur automobile, ce qui marquerait une réelle escalade.

Le Parlement fédéral a même adopté unanimement lundi une motion soutenant le gouvernement de M. Trudeau dans sa riposte.

Raillé il y a encore peu pour son récent voyage en Inde, qualifié de "fiasco", accusé par l'opposition de mal renégocier avec Washington l'Accord de libre-échange nord-américain, critiqué à gauche pour sa volonté de nationaliser un oléoduc, il est maintenant encensé pour sa posture face au président américain.

"La charge de Trump ne pouvait pas arriver à un meilleur moment pour alimenter le sentiment national d'injustice ressenti par les Canadiens", notait lundi en éditorial le Globe and Mail, quotidien de référence.

Les commentateurs établissent un parallèle avec les tensions opposant le Premier ministre Pierre-Eliott Trudeau au président américain Richard Nixon qui l'avait qualifié en 1972, en privé, d'"intello pompeux" et de "fils de pute intelligent" pour être avoir rétabli les relations diplomatiques avec le régime communiste chinois.

"Le Trudeau nouveau est arrivé", a même suggéré lundi un analyste de la télévision publique Radio-Canada.

Grâce à l'appui public de ses adversaire politiques, "M. Trudeau peut penser qu'il est le grand défenseur de son pays et qu'il a retrouvé la cape de +Capitaine Canada+ qui avait si bien servi son père à l'époque", a ainsi estimé cet analyste politique.

Pour le Globe and Mail, le président américain a tout simplement "conforté l'assise politique de M. Trudeau".

Avec AFP

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Affaire George Floyd: rage, émeutes et revendications à travers le monde

Un manifestant à Minneapolis proteste la mort de George Floyd à Minneapolis, Minnesota, le 29 mai 2020. (Photo CHANDAN KHANNA / AFP)

Des manifestations empreintes de violence ont secoué plusieurs villes des États-Unis et d'autres pays après la mort de George Floyd aux mains de la police dans l'État du Minnesota. Cliquer sur le lien ci-dessous pour revivre ces événements: images des manifestations >>

La capsule de SpaceX avec deux astronautes à bord s'est amarrée à l'ISS

Décollage de la fusée SpaceX Falcon 9 au Centre spatial Kennedy de la NASA à Cape Canaveral, en Floride (États-Unis), le 30 mai 2020. (Photo REUTERS/Steve Nesius)

La capsule de SpaceX Crew Dragon s'est amarrée dimanche sans encombre à la Station spatiale internationale, en avance de quelques minutes sur l'horaire prévu, avec deux astronautes de la Nasa à bord, une étape cruciale pour cette mission historique.

Bob Behnken et Doug Hurley, qui ont décollé à bord d'une fusée Falcon 9 la veille depuis la Floride, sont les premiers astronautes à rejoindre l'ISS, à 400 km de la Terre, grâce à un véhicule d'une société privée.

La capsule Crew Dragon s'est amarrée à l'ISS à 14H16 GMT. "Amarrage confirmé", ont confirmé la société créée par Elon Musk et la Nasa.

Le sas entre Dragon et la station spatiale doit maintenant être dépressurisé avant que l'écoutille de la capsule ne soit ouverte.

Depuis la fin des navettes spatiales en 2011, ce sont des fusées russes qui envoyaient les Américains vers l'ISS.

La Nasa a chargé SpaceX de développer un nouveau taxi spatial, et si cette mission --qui pourrait durer jusqu'en août-- est certifiée sûre, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l'espace. Pour trois milliards de dollars, SpaceX a promis à la Nasa six allers-retours vers l'ISS, avec quatre astronautes à bord.

Le policier impliqué dans la mort de George Floyd inculpé, couvre-feu à Minneapolis

Des agents de police se tiennent à l'extérieur du domicile en Floride de l'ancien officier de police de Minneapolis, Derek Chauvin, accusé du meurtre de George Floyd  en Floride. (REUTERS / Scott Audette)

Le policier mis en cause dans la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, lors d'une interpellation létale en début de semaine à Minneapolis a été arrêté et inculpé d'homicide involontaire ont annoncé vendredi les autorités locales. Un couvre-feu a été décrété vendredi à Minneapolis.

"L'ancien officier de police de Minneapolis Derek Chauvin a été inculpé par le bureau du procureur du comté de Hennepin de meurtre (au 3ème degré) et d'homicide involontaire", a annoncé vendredi le procureur Mike Freeman du comté de Hennepin, où se trouve la ville de Minneapolis.

La famille de cet homme de 46 ans, à qui le président Donald Trump a annoncé avoir parlé, a salué l'arrestation du policier comme un premier pas sur "la voie de la justice", mais l'a jugée "tardive" et insuffisante.

"Nous voulons une inculpation pour homicide volontaire avec préméditation. Et nous voulons voir les autres agents (impliqués) arrêtés", a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Quelques instants plus tôt, les autorités locales avaient annoncé l'arrestation de M. Chauvin, qui avait été démis de ses fonctions.

Pour l'instant, seul le policier Derek Chauvin "a été placé en détention", a déclaré le commissaire John Harrington, du département de la Sécurité civile du Minnesota.

Une vidéo devenue virale montre ce policier blanc plaquer au sol George Floyd et maintenir son genou sur son cou pendant de longues minutes, alors que M. Floyd disait ne plus pouvoir respirer.

Depuis la diffusion de cette vidéo des manifestations tournant à l'émeute ont éclaté à Minneapolis, notamment aux abords du commissariat où travaillaient les quatre policiers impliqués dans cette affaire, et dans d'autres villes de la région.

Des enquêtes fédérales et locales ont été ouvertes pour établir leurs responsabilités.

Ce drame rappelle la mort d'Eric Garner, un homme noir décédé en 2014 à New York après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs.

Lui aussi avait dit "Je ne peux pas respirer", une phrase devenue un cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter ("La vie des Noirs compte").

Décès de George Floyd: un commissariat de Minneapolis incendié lors de manifestations

Décès de George Floyd: un commissariat de Minneapolis incendié lors de manifestations
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Cinq cents soldats de la Garde nationale ont été mobilisés ce matin à Minneapolis

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