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Washington et Bruxelles réclament le retour des services essentiels au Tigré


Les combats ont quasiment cessé au Tigré, mais la région reste coupée du reste du pays.

Les envoyés spéciaux américain et européen pour la Corne de l'Afrique, de retour d'une rare visite au Tigré, ont réclamé mardi le rétablissement des services de base et la levée de restrictions dans cette région d'Ethiopie en guerre depuis novembre 2020 avec le gouvernement fédéral.

Les combats ont quasiment cessé au Tigré depuis une trêve en mars, mais la région reste coupée du reste du pays et privée d'électricité, de télécommunications et de services bancaires depuis que les autorités rebelles tigréennes en ont repris le contrôle quasi-total courant 2021.

L'acheminement d'argent et de carburant par les agences humanitaires y est depuis aussi restreint par le gouvernement fédéral. Les autorités rebelles du Tigré ont fait du rétablissement de ces services un préalable aux négociations de paix annoncées avec le gouvernement.

Les envoyés spéciaux respectifs de l'Union européenne et des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique, Annette Weber et Mike Hammer, "ont effectué leur première visite conjointe à Mekele", capitale du Tigré, "pour encourager le lancement des discussions entre le gouvernement fédéral d'Ethiopie et le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) sous les auspices de l'Union africaine", selon un communiqué conjoint.

Ils "conviennent qu'un rétablissement rapide de l'électricité, des télécommunications, des services bancaires et autres services de base au Tigré est essentiel pour la population du Tigré".

Les deux envoyés spéciaux indiquent que le chef des autorités rebelles du Tigré, Debretsion Gebremichael, a remis une lettre à transmettre au gouvernement éthiopien garantissant la sécurité des personnes envoyées dans la région pour y rétablir les services essentiels. "Avec cette garantie en matière de sécurité, il ne devrait pas y avoir d'obstacle au début du rétablissement des services" essentiels au Tigré, disent-ils.

Il estiment aussi "impératifs l'accès humanitaire illimité au Tigré et aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara touchées par le conflit, ainsi que la levée des restrictions" gouvernementales sur l'acheminement au Tigré "d'argent liquide, de carburant et d'engrais".

L'ONU estime que le manque d'argent liquide et de carburant "nuit lourdement" à la distribution de l'aide alimentaire aux millions de personnes qui en ont besoin dans la région.

"Dialogue politique nécessaire"

"Le dialogue politique est nécessaire pour résoudre le conflit dans le nord de l'Ethiopie et permettre une paix durable", indiquent les deux diplomates qui "se félicitent de l'engagement public des deux parties à entamer des pourparlers et à soutenir une médiation africaine".

Ils demandent aussi aux belligérants de coopérer avec la Commission d'enquête mise en place par l'ONU sur les violations des droits humains commises depuis le début du conflit et de lui "permettre l'accès aux zones de conflit (...) afin qu'elle puisse mener une enquête crédible".

Les trois membres de cette commission, créée en décembre 2021 pour une période d'un an renouvelable par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, se sont rendus en Ethiopie entre les 25 et 30 juillet, où ils ont réclamé au gouvernement éthiopien l'accès illimitée aux zones concernées.

Durant leur visite, ils ont "rencontré plusieurs personnes pour discuter de plusieurs aspects de leur mandat", parmi lesquels des responsables du gouvernement, dont le vice-Premier ministre Demeke Mekonnen et le ministre de la Justice Gedion Timotheos, indique le Conseil dans un communiqué.

Avec les responsables du gouvernement, "la Commission a discuté des modalités de coopération, notamment de l'interprétation de son mandat, et a réitéré sa requête d'accéder aux zones concernées par son enquête", selon le Conseil des droits de l'Homme. "Elle espère que le gouvernement lui accordera sans délai un accès illimité, afin qu'elle puisse visiter les sites et discuter librement et de façon confidentielle avec les témoins et personnes d'intérêt".

Après avoir, à sa création, refusé de coopérer avec cette commission, le gouvernement éthiopien avait donné son feu vert à sa venue en Ethiopie. Il a indiqué le 25 juillet qu'il était possible qu'il "reconsidère sa position sur la question de la coopération" avec la Commission si celle-ci "respecte la position du gouvernement" sur divers points et "si un accord est trouvé sur (ses) modalités d'action".

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