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Un vote clé sur la politique migratoire de nouveau reporté à la Chambre


Le Capitole à Washington, le 15 juin 2018.

Un vote clé sur une réforme de l'immigration aux Etats-Unis, censée mettre un terme définitif aux séparations controversées de familles de migrants sans-papiers, a été reporté à la semaine prochaine, signe des divergences persistant jeudi dans la majorité républicaine.

Après un premier report annoncé pour vendredi à la Chambre des représentants, les chefs du parti républicain ont annoncé à la sortie d'une longue réunion à huis clos qu'ils ne soumettraient finalement le texte au vote que la semaine prochaine.

Un échec embarrassant pour ce parti qui détient non seulement la majorité à la Chambre mais aussi au Sénat et compte sur un président républicain qui s'est engagé à promulgué cette loi.

"Nous allons continuer à travailler" a expliqué à la chaîne CBS Steve Scalise, numéro trois du parti.

>> Lire aussi : Trump met fin aux séparations des familles à la frontière

Les chefs républicains ont la tâche difficile de réconcilier leurs ailes dures et modérées autour d'un texte beaucoup plus vaste que la seule résolution, plus consensuelle, de la crise des enfants séparés de leurs parents migrants.

Un premier projet de loi, reflétant les positions les plus dures du parti, a été rejeté comme attendu en début d'après-midi, mais en ralliant toutefois plus de suffrages que prévu (193 voix contre 231).

En plein scandale sur la séparation de plus de 2.300 mineurs de leurs parents interpellés pour avoir franchi la frontière sans papiers, les deux lois cherchaient à inscrire dans le marbre législatif l'interdiction de cette pratique.

Les plans républicains collent au décret Trump signé mercredi: si les enfants ne seront plus séparés de leur famille, c'est parce qu'ils resteront désormais en centre de rétention avec leurs parents pendant la durée des poursuites pénales.

La proposition de loi qui sera finalement soumise au vote la semaine prochaine va cependant bien au-delà, en incluant les "piliers" exigés par Donald Trump pour toute promulgation: le financement du mur à la frontière mexicaine, une solution pour les jeunes dits "Rêveurs" --arrivés sans papiers aux Etats-Unis lorsqu'ils étaient enfants-- et une nette réduction de l'immigration légale.

Elle prévoit un permis de travail et de résidence pour les "Rêveurs", renouvelable tous les six ans et qui les autorise à tenter de décrocher ensuite un statut de résident permanent.

Les négociations de dernière minute se centrent autour de deux nouveaux volets cherchant à séduire, d'un côté, les plus conservateurs et, de l'autre, les partisans de moins de restrictions à l'immigration légale, selon un assistant parlementaire.

Il s'agirait d'obliger les entreprises à vérifier, en ligne, le statut de leurs employés à travers les services d'immigration et également d'aider les régions agricoles à garder leurs employés immigrés, au statut légal.

Pas de suspense du côté des démocrates, qui ont promis de voter contre toute proposition républicaine autour de ces "piliers".

"Les républicains continuent d'être complices des atrocités" de Donald Trump, a asséné leur cheffe à la Chambre, Nancy Pelosi. S'ils sont loin de la majorité à la Chambre, la mince avance des républicains au Sénat (51-49) leur donne un certain pouvoir de blocage.

"On ne peut passer aucune loi sur l'immigration, que ce soit pour renforcer la sécurité ou toute autre raison, y compris +avoir du coeur+, sans avoir les voix des démocrates", a souligné Donald Trump dans la soirée. "Le problème c'est qu'ils s'en fichent de la sécurité alors que les républicains, non", a-t-il poursuivi sur Twitter, apparemment exaspéré.

"Ils ne voteront pour rien!"

Avec AFP

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