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Les vastes incendies rendent l'air vicié dans une partie de la Californie

Un homme regarde le feu ravager une colline près du lac Elsinore, en Californie, au sud-est de Los Angeles, le 9 août 2018.

Près d'un mois après le début de vastes incendies qui perdurent en Californie, l'air est tellement vicié dans une partie de cet Etat que les autorités conseillent aux personnes les plus sensibles de rester à l'intérieur

"Les images satellite détectent une fumée étendue ce matin provenant des incendies dans l'ouest des Etats-Unis, qui se déplacent vers le nord-est à travers les Rocheuses vers l'ouest et le centre du Canada, puis vers le sud à travers les plaines du nord" des Etats-Unis, a indiqué vendredi matin le service météorologique américain (NWS).

La forêt nationale de Kaibab, en Arizona, signalait vendredi matin que "les incendies dans l'ouest créent un brouillard régional" dans la région.

Mais c'est surtout dans le nord de la Californie et le sud de l'Etat voisin de l'Oregon que les relevés sur la qualité de l'air étaient les plus mauvais, avec un air "malsain" voire "très malsain" à proximité des brasiers les plus importants, les incendies "Mendocino Complex" et "Carr".

Le premier, détenteur depuis le 6 août du record du plus destructeur en superficie, était circonscrit à 60%, selon un bilan à 14H00 GMT du service des pompiers de Californie Calfire.

>> Lire aussi : La Californie touchée par le plus grand incendie de son histoire

Constitué de deux foyers mitoyens au nord de San Francisco, il a réduit en cendres plus de 124.000 hectares depuis le 27 juillet et détruit près de 120 maisons.

Plus au nord, près de la ville de Redding, l'incendie "Carr" était maîtrisé à 51% vendredi matin et avait détruit plus de 73.400 hectares. Trois pompiers et cinq civils sont morts du fait de cet incendie, qui a démarré le 23 juillet.

Il est à ce stade, pour la Californie, le dixième plus destructeur en superficie et le treizième plus meurtrier.

- Un pyromane présumé -

Au total, depuis le début mi-juillet de cette vague de gros incendies dans l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis, au moins dix personnes sont mortes.

L'un des derniers à avoir commencé, lundi, est l'incendie "Holy", situé à une centaine de kilomètres au nord de San Diego et qui a rapidement pris de l'ampleur. Selon le dernier bilan disponible, il a quasiment doublé de taille entre jeudi soir et vendredi matin, passant de 4.000 hectares à plus de 7.300 hectares.

>> Lire aussi : Des milliers d'évacués à cause d'un incendie en Californie

Un homme de 51 ans, Forrest Gordon Clark, a été arrêté et devait être formellement inculpé vendredi devant un juge du comté d'Orange pour notamment incendie volontaire avec circonstances aggravantes, destruction de propriétés habitées, incendie de forêt. Il risque la prison à vie.

Shane Sherwood, chef des pompiers de ce comté, a expliqué que le feu avait commencé "près" de l'habitation du quinquagénaire dans le Holy Jim Canyon. "Nous sommes en train d'enquêter sur la façon dont le feu a débuté".

Selon plusieurs témoignages, les autorités ont découvert des "preuves physiques" sur place ayant conduit à considérer Forrest Gordon Clark comme le suspect numéro un.

Avant son arrestation, il avait affirmé à des journalistes qu'il n'avait rien à voir avec ce sinistre: "Je n'ai aucune idée" de ce qui s'est passé, avait-il dit. "J'étais endormi. J'avais mis des bouchons d'oreilles".

"Je me suis réveillé et mes affaires brûlaient", avait-il ajouté.

Plus de 7.400 maisons et plus de 21.400 personnes ont été évacuées à cause du "Holy Fire", d'après les services forestiers. De nouvelles évacuations obligatoires ont été instaurées vendredi matin et des écoles fermées face à l'avancée rapide des flammes.

"Il y a des moyens énormes à travers tout le pays, mais nous sommes en compétition avec un certain nombre de feux du nord au sud de la Californie, mais aussi au niveau national", a remarqué Kate Kramer, porte-parole de la Cleveland National Forest. "Mais au fur et à mesure que ces incendies sont maîtrisés, des pompiers sont libérés et ils peuvent venir ici en renfort".

Vendredi matin, Calfire répertoriait neuf incendies et les prévisions météo faisaient craindre de nouveaux foyers.

"Un système très chaud et sec se maintient au-dessus de l'ouest avant de se déplacer vers le nord des Rocheuses et des plaines ce week-end", a prévenu le NWS. "De nombreux feux continuent de brûler à travers la région et un front froid arrivant dans le nord-ouest pourrait exacerber le problème".

Avec AFP

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Passe d'armes en direct entre Trump et l'ex-ambassadrice à Kiev

L'ancienne ambassadrice américaine en Ukraine, Marie Yovanovitch, témoigne devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants de Capitol Hill à Washington, le vendredi 15 novembre 2019, à l'occasion de la deuxième audience publique de mise en accusation.

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev a jugé vendredi "intimidantes" les flèches décochées à son encontre par Donald Trump au moment même où elle livrait un témoignage édifiant au Congrès dans le cadre de l'enquête en destitution qui menace le président.

Les démocrates ont dénoncé une pression sur un témoin qui pourrait alimenter le dossier d'accusation contre le président des Etats-Unis, déjà soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté Donald Trump une heure après le début de l'audition de la diplomate. "Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence au chaos dans ce pays de la Corne de l'Afrique.

Mme Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d'une réputation de grande intégrité, avait été rappelée en urgence à Washington en mai sur ordre du président. Les démocrates le soupçonnent d'avoir voulu laisser le champ libre à des proches pour qu'ils puissent faire pression sur l'Ukraine.

Dans ses tweets, le président a défendu "son droit absolu" de choisir ses ambassadeurs.

A la Chambre des représentants, sa salve n'est pas passée inaperçue. L'élu démocrate Adam Schiff, qui dirige l'enquête contre le président, a lu ses messages et demandé à la diplomate de réagir.

Après un moment de recul, elle a pesé ses mots: "C'est très intimidant".

Lors d'une pause, Adam Schiff a dénoncé "une intimidation de témoin en direct", qui pourrait constituer une "entrave" à l'enquête.

Ce "n'était pas de l'intimidation de témoins, c'était juste l'opinion du président", a réagi la Maison Blanche. "J'ai le droit de m'exprimer", a renchéri le président devant la presse.

- "Forces de l'ombre" -

Donald Trump est visé par une procédure de destitution parce qu'il a demandé le 25 juillet à son homologue ukrainien d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Dans cet appel, rendu public en septembre après l'intervention d'un lanceur d'alerte, il avait cité Mme Yovanovitch. "Il va lui arriver des choses", avait-il déclaré.

"J'ai été choquée" d'entendre ça", "Cela ressemblait à une menace diffuse", a-t-elle commenté vendredi.

La diplomate, restée très digne malgré une émotion évidente, a également confié avoir été perturbée par la campagne de dénigrement menée contre elle pendant des mois par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

"Je n'ai pas compris pourquoi il m'attaquait", a-t-elle déclaré, en confiant s'être "inquiétée" de voir "le président et son fils" relayer ses attaques.

Jurant n'avoir "aucun parti-pris politique", Mme Yovanovitch a assuré que son rappel avait "porté un coup au moral" des diplomates américains à Kiev et dans l'ensemble du réseau américain.

Sans citer le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a critiqué les responsables du département d'Etat pour ne pas l'avoir défendue. "Dans le monde entier, les forces de l'ombre auront compris qu'il ne faut pas grand-chose pour obtenir la tête d'un ambassadeur", a-t-elle souligné.

Après cinq heures d'audition, ponctuées par des marques de respect unanimes pour l'ancienne ambassadrice, elle a quitté la salle sous des applaudissements nourris.

- Aide bloquée -

Les républicains n'ont pas mis en cause son intégrité, mais ont relevé qu'elle restait employée du département d'Etat à un poste prestigieux dans une université.

Ils l'ont assaillie de questions sur les affaires du fils de Joe Biden en Ukraine au moment où son père était vice-président des Etats-Unis. Elle a reconnu que cela "pouvait ressembler à un conflit d'intérêt".

Les parlementaires républicains ont également insisté sur le fait qu'elle n'avait aucun élément factuel à apporter à l'enquête, puisqu'elle avait quitté l'ambassade au moment des principaux épisodes contestés.

Elle n'a en effet rien pu dire sur une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine, qui avait été gelée sur ordre du président au début de l'été.

William Taylor, le chargé d'affaires qui l'a remplacée à Kiev, avait déclaré mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès, avoir appris par l'entremise d'un autre ambassadeur que Donald Trump avait conditionné le déblocage des fonds à l'ouverture d'une enquête sur Joe Biden.

Le président nie avoir lié les deux et se dit victime d'une chasse aux sorcières". Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat, qui sera chargé de le juger, il devrait échapper à la destitution.

Mais sa très probable mise en accusation (impeachment) à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates jettera une ombre sur sa campagne.

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